Ils ne sont pas si loin de Skoura, le village de l’Atlas marocain où nous sommes en ce moment, mais il nous a fallu du temps pour les trouver.

On a roulé en dehors des routes, dans le désert rocilleux en se demandant si les cailloux n’allaient pas crever un pneu, on a fait semblant de ne pas avoir peur de leurs chiens qui nous aboyaient dessus et finalement on a vu arriver une femme et un jeune garçon, suivis par leurs chevreaux.
Ce sont des nomades troglodytes. Ils ne vivent pas dans les tentes mais s’installent dans des grottes à chacune de leurs étapes.

Ils étaient souriants, et après un court instant de timidité, ravis de nous voir.

Ce qui est génial quand on s’éloigne des villes et qu’on va dans des endroits pas trop touristiques, c’est que les habitants sont aussi curieux de nous que nous sommes curieux d’eux.

Ici beaucoup de gens parlent français, et on peut s’arrêter parler pendant des heures avec les gens du coin. Un homme avec qui j’ai bavardé m’a donné un kilo de dattes fraîches et n’a même pas voulu que je le paye. Les femmes sont en pleine cueillette des olives et adorent raconter leurs histoires et nous montrer comment elles travaillent. Les enfants nous regardent avec des yeux gourmands, et même s’ils ont très peur d’être pris en photo, ils parlent très bien le français et adorent parler et rigoler. Je vous montrerais plus de photos demain.

Ça n’a pas été le cas avec cette jeune femme : on ne parlait pas un seul mot de la même langue, et je n’ai même pas réussi à lui demander son nom… On a juste passé quelques instants, plantées là, à se sourire.

C’est peut-être pour ça que ce fut l’un des moments les plus forts depuis notre départ.

Notre monde nous semblait soudainement si loin.