Je me souviens, quand j’étais enfant, je ne pensais qu’à une chose, voyager. Dès que j’ai eu l’âge, vers 14 ans, j’ai commencé à travailler l’été pour pouvoir me payer mes premiers voyages. D’abord en famille d’accueil vu ma jeunesse, puis, très vite, toute seule.

J’adorais prendre l’avion. J’adorais ce mélange  d’excitation et d’appréhension qui me saisissait à mon arrivée dans un pays.

J’adorais découvrir, rencontrer des gens, m’asseoir à un café, rouler pendant des kilomètres, rêver. Et j’adorais par dessus tout y être toute seule… Mais petit à petit, j’ai trouvé des compagnons de voyage. Ma meilleure amie qui vivait en Syrie et avec qui j’ai traversé mon premier désert (et bu un thé avec des Bédouins, une expérience hallucinante), mon premier amour avec qui j’ai fait un tour d’Europe en stop (j’avais 22 ans, et mes parents m’en veulent encore), mes trois meilleures copines avec qui j’ai fait un voyage en Espagne dont la simple évocation nous fait encore hurler de rire… (Si je vous dit qu’on a dormi sur un rond-point, ça vous donne une idée du niveau de la loose du voyage…). Bien sûr j’ai aussi eu quelques mauvaises expériences. Il faut bien choisir les gens avec qui l’on voyage !

Et depuis, quand j’y pense, peu de choses qui ressemblent vraiment à l’aventure…

C’est sûr, je me déplace beaucoup en ce moment. J’ai d’immenses moments d’émerveillement. Mais ces pérégrinations trop courtes, trop vite, pas assez loin sont finalement rarement ce que j’attends du voyage, du vrai. Me noyer dans la contemplation d’un paysage. Sortir de ma zone de confort et accepter de ne pas tout comprendre. Apprendre des autres et de moi.

Ce trip au Maroc fut bien sûr trop court, mais nous éloigner des sentiers battus et des grandes villes modernes (la prochaine fois j’espère vous montrer le côté moderne du Maroc) nous a vraiment émus. J’aurais aimé décrire chaque instant de mon voyage et le partager avec vous, mais tout est allé trop vite et les émotions m’ont souvent submergée.

Parce qu’en plus de faire un vrai voyage, je guidais Scott sur des terres où j’ai mes origines. Ma grand-mère était Berbère. Et même si ne connais que très peu le pays, beaucoup de choses m’y sont familières. Les gens, surtout, dont j’adore la gentillesse et le sens de l’humour.

Et ce voyage, même s’il fut parfois un vrai choc des cultures, nous a totalement dépaysés, et encore plus rapprochés. Ça fait du bien.