Laissez-moi vous dire un truc : les parisiennes ne font pas la fête comme les new yorkaises. Et vice versa. Après une analyse poussée, je tiens une théorie. Ça tient à ça :
La nuit parisienne est privée. La nuit New Yorkaise est publique.

J’ai été mise face au phénomène très rapidement, avant même de déménager à New York. Un soir que je buvais un verre au Boom Boom Room, je racontais à une amie mon projet de m’y installer.


Et le lendemain, bam. C’était sur le blog d’un magazine. Quelqu’un avait écouté notre conversation et l’avait tout simplement reproduite. En quelques heures ca avait fait le tour du web et je ne découvrais l’article qu’au moment où je recevais des textos par dizaines :

“Congrats pour ton installation à New York, Garance !”

Voilà comment une conversation totalement perso qui, j’aurais pensé, n’aurait intéressé personne d’autre que moi et mes amis, était devenue une news. Ça m’apprendra à aller boire des verres au Boom Boom Room, tiens. J’étais indignée.

Parce que ce ne serait jamais arrivé à Paris. D’abord à Paris, ce type de blogs n’existe pas. On n’a pas de Page 6 (la page gossip new yorkais du New York Post que tout le monde lit, même pas en cachette). Et en plus à Paris, la Vie Privée, c’est concept super important. Ça ne veut pas dire que les ragots ne circulent pas, hein. Mais ils restent chuchotés, dans de tout petits cercles.

La nuit est encore secrète. Et pourtant, je peux vous le dire, il s’en passe…

New York, c’est différent. New York est une planète à elle toute seule. New York a ses propres célébrités, designer, entrepeneur, fils de, femme de, dont vous n’entendrez probablement jamais parler à Paris.
New York a ses propres magazines et chacune de ses fêtes est photographiée, décortiquée, analysée comme si c’était l’événement du siècle – Qui était là ? Avec qui ? Quelle robe portait-elle ? Quelles chaussures, quels bijoux ? Quoi ??? La même tenue que la dernière fois ? OH MY GOD le fashion faux-pas ! J’y crois pas !!! Nooooon, elle n’avait plus son alliance au doigt ? Attends, zoooooome, que je regarde de plus près !!!

C’est à New York qu’on a inventé les socialites. On sort pour être vu et prendre part.

Le résultat niveau mode, ce sont deux styles bien différents.

La Parisienne, son but quand elle sort, c’est d’être la fille la plus cool.

C’est simple, elle n’irait pas à une fête si ses amis n’y sont pas invités aussi. Plutôt mourir que d’être vue sans sa bande. On ne se mélange pas trop à Paris. On ne networke pas, ou alors il fait que ce soit très discret : networker, ça veut dire qu’on a besoin des autres, et ça c’est pas cool. Elle fait son maximum pour éviter les photos, parce que vouloir être pris en photo, c’est le contraire de cool. Elle s’habille dans son éternel jean et talons hauts, cheveux lâchés.
Parce que franchement, s’habiller spécialement pour une soirée, pfffffff. Elle a beaucoup mieux à faire.

Bon, en verité elle a passé une heure sur chaque smoky eye, hein. Mais ce qui l’intéresse, c’est de s’amuser en petits comités, en faisant semblant de ne pas regarder du coin de l’oeil ce qui se passe dans le petit comité d’à côté. Pas étonnant que les clubs préférés des parisiennes soient petits, sombres et plein de recoins.

La New Yorkaise en revanche quand elle sort, c’est parce qu’elle veut qu’on la voie.

Elle prépare sa tenue une semaine à l’avance. Emprunte une robe à un ami PR qui pourra dès le lendemain compter le nombre de parutions que sa protégée lui a rapporté. Booke un coiffeur et un maquilleur pour avoir le cheveu effortless parfait et prend bien garde à arriver avec les bonnes personnes à la soirée. Quitte à y aller toute seule si elle n’a pas trouvé les co-équipiers parfait.

De toutes façons elle est là pour rencontrer des gens et pour briller. Alors tant qu’à faire, autant être seule sur la photo.

Ça ne veut pas pour autant dire qu’on ne s’amuse pas, d’un côté de l’Atlantique comme de l’autre. À New York comme à Paris, on adore faire la fête et on la fait bien. Et quand les deux mondes se rencontrent, c’est encore plus fun.

Mais vaut mieux connaître un tout petit peu les codes avant de se lancer dans la fever de la night. Et d’arriver en robe longue comme c’est indiqué sur le carton d’invitation à Paris (la moitié des filles arrivent en jean, l’autre en mini) ou en tracksuit quand il est marqué casual sur l’invitation New Yorkaise (tout le monde est en robe, cheveux faits).

Ok, bon. Tout ça est légèrement caricatural tout ça, mais ça m’est arrivé plus d’une fois de complètement me planter. Ça ne m’a pas empêchée de m’amuser. Mais d’être tarte, ça, hummmmmmm je ne suis pas sûre…

Allez hop, la prochaine fois, je vous raconte mon secret pour m’en sortir, comme ça, paf ! À tous les coups.

PS : Vous êtes quel style de party girl, vous, plutôt parisienne ou plutôt new yorkaise ?