Quand j’étais ado, en Corse, la mode à la plage c’était : topless.

Ma mère et ses copines roulaient leur une-pièce (qui devenait donc une culotte)(ah oui, les tendances, c’est compliqué : c’était la mode du topless ET du une-pièce à la fois) dès qu’elles mettaient un pied sur le sable, puis le déroulaient au moment d’aller se baigner, puis le roulaient une fois dans l’eau, et bref, c’était vachement compliqué cette histoire. Ça roulait et ça déroulait à tout va…

… et je connaissais par coeur les seins de toutes les copines de ma mère.


Bon, j’avais bien compris que l’idée c’était d’être le plus bronzée possible sans avoir de traces, mais franchement je n’avais pas envie d’en savoir autant sur les gens avec qui j’allais à la plage. Au secours, TMI* !!!

Le truc, c’est que tout le monde faisait ça. Soit tu suivais la mode, soit t’étais la dernière des loseuses.

Moi, ça ne me plaisait pas trop. La nudité ou semi-nudité, ça ne m’a jamais dérangé… Mais la plage (ou la piscine) m’ont toujours semblé être des lieux tellement hautement sociaux** que je n’ai jamais compris quel était le plaisir de se mettre à nu.

Du coup, j’ai passé ma jeunesse bien accrochée à mon bikini***, totale nonne power.

Puis la mode du topless obligatoire est passée, et maintenant en Corse, chacun fait ce qu’il veut et tout le monde s’en porte très bien.

Pourquoi je vous raconte tout ça ?

Parce qu’ensuite, j’ai déménagé aux USA.

Et qu’ici, être topless à la plage, c’est limite un attentat à la pudeur. D’après ce que j’ai compris, ce n’est pas interdit. Juste, ça ne se fait pas.

LAST minute edit : ait dîné hier soir avec des copines, dont une a des enfants et qui me dit que si, c’est obligatoire de porter un haut de maillot aux USA, même pour les enfants.
Même petites filles doivent porter un haut de maillot, elle me dit.
(Ce qui pour moi qui suis française, est hyper surprenant : Nous, en France, on ne met un haut de maillot qu’au début de l’adolescence. Toute enfance, on court sur la plage juste avec un bas de maillot. C’est toujours comme ça, non ?)
J’ai fait quelques recherches mais c’est difficile de vérifier si il y a une loi, en tout cas la pratique c’est : no topless.

Sauf peut-être à Miami Beach, d’où je vous écris en ce moment même.

C’est certainement parce que c’est une plage fréquentée par beaucoup d’Européens (Aaaaah, Maïamiii) mais ici, quelques filles osent se mettre en topless.
Bon, elles se font dévisager (ou plutôt devrais-je dire, déseinsager) à donf, of course, vu que les gens n’ont pas trop l’habitude. Mais de manière générale, Miami est plutôt une ville TRÈS sexy. Pas trop topless mais TRÈS sexy. Un peu contradictoire, quoi.

Par exemple Easthampton, où PERSONNE n’est topless, ça s’accorde avec des tenues de plage très chic, robes blanches fluides, chapeau de paille, sac LLBean etc.

À Montauk, où PERSONNE n’est topless, c’est très hipster à la plage, short en jean et tee-shirt ironico-vintage.

Mais à Miami, où presque PERSONNE n’est topless, j’ai vu des trucs bizarres comme :

- Trois filles en maxi-talons aiguilles et mini-bikini à la piscine. J’ai observé pour vous, elle enlèvent leurs chaussures pour aller se baigner et pour bronzer mais les mettent pour aller faire le tour de la piscine. Je pensais qu’on faisait ça que chez Hugh Hefner, mais en fait, non.
- Des filles pas topless devant mais en total string ficelle derrière.
- Des filles pas topless mais avec un haut de maillot tellement minuscule qu’on voit du décolleté de base, du décolleté de côté ET du décolleté d’en dessous.

En fait de haut de maillot, c’est un cache-téton, quoi.
- Des gangs de filles entiers bikini et talons aiguilles dans la rue. Et en immense chapeau. Pas pour aller à la plage, hein. Juste pour marcher dans la rue. À Miami, ça se fait.

Bref, à Miami, on n’est pas trop topless, mais le corps est exposé au maximum du maximum.

Passé le moment de choc “Scott regarde !!! On est dans un clip de Sean Paul !” et d’adaptation “Hey, mais j’adore Sean Paul !”, j’ai fini par m’ajuster à l’atmosphère Miami Beach**** et à finir par accepter de ressembler à une nonne avec mon short en jean + tee-shirt vintage ironique.

Et maintenant, j’aime bien Miami.

Mais ce n’est pas demain que je me baladerai en talons aiguilles et bikini. Je garde ça pour mes imitations de clips de Sean Paul, que je ne fais qu’à la maison****.

J’ai toujours trouvé que plus on en montre, moins on laisse de place à l’imagination.

J’ai toujours préféré la sensualité suggérée, les tenues de plage légères, être topless à la fin de la journée quand tout le monde a quitté la plage, voire même me baigner toute nue dans une crique secrète que moi seule connais dans mon village en Corse.

Bref, je ne suis pas contre être à moitié à poil dans la sphère relativement privée, mais sur une plage aussi bondée que la Cinquième avenue un samedi, je préfère garder mon quant-à-soi.

Total nonne power, quoi. Et vous, c’est comment dans votre pays ? Vous vous comportez comment à la plage ?

—————–

* Too Much Information !!!
** Peut-être parce que j’ai grandi dans l’un des coins les plus sauvages de la Corse ?
*** Sauf le coup où j’ai perdu mon BAS DE MAILLOT devant tout le monde lors d’un saut périlleux à la piscine.
**** Les Miamians (et oui) en ont très TRÈS marre que je parle de Miami Beach comme si c’était Miami. Donc je vous parle de Miami Beach, qui est un quartier très spécial de Miami.
**** Un jour Scott m’a filmée en train de danser sur Temperature et j’ai dû le menacer de jeter son téléphone par la fenêtre pour qu’il efface la vidéo, le salaud.