Marion Cotillard est la personne la plus célèbre que j’ai vue à Cannes.

Et pourtant j’ai croisé un nombre de célébrités ahurissant. Bruce, Ewan, Alec, Sean… Je les ai tous vus. Même Jackie Chan, et franchement, on ne peut pas faire beaucoup plus célèbre que Jackie Chan.

Je dis que c’est la plus célèbre, mais en fait c’est surtout la plus star.

Marion se déplace entourée de vingt personnes au minimum. Ça crée comme une espèce de nuage de gens autour de Marion, comme un nuage invincible d’attachées de presse, d’assistants et de gardes du corps qui fendent les foules et protègent Marion.

Puis elle s’arrête à la soirée qu’elle a décidé d’honorer de sa présence. 20 minutes, rarement plus. Elle doit vite repartir, se changer pour aller sourire à une autre soirée. Les photographes s’affolent, la foule hurle son nom, elle s’engouffre dans son mini-van (20 personnes, ça prend de la place !) et elle disparaît.

Son temps est ultra minuté. Les médias du monde entier sont à Cannes. Les journaux de cinéma, de mode, les journaux tout court. Tous veulent un moment exclusif avec Marion. Tout est hyper organisé, sponsorisé, balisé. Donc très rare sont ceux qui auront ce moment, mais tous essayent quand même. Ceux qui y arrivent se retrouvent dans des situations ridicules comme :

“Vous avez deux minutes avec Marion !”

Deux minutes. Non mais n’importe quoi. Cette électricité qui entoure une star, c’est absurde et génial à observer.

Cette électricité, ça rend la star sublime. Soudain, elle ne fait plus partie de notre monde, c’est comme si elle venait d’ailleurs.
C’est le rêve, quoi. Hollywood. Le truc qui crée les légendes. Quand la star est là, avec tous ces gens autour qui ne regardent qu’elle, on a l’impression qu’on est exactement dans le petit bout d’univers où il faut être en ce moment. Autour de la star.

Bon. La vérité, c’est que moi ça me soule vachement, tout ça. Non mais comme ça me fatigue, ce système à la con, vous ne pouvez pas savoir. D’ailleurs c’est pour ça que je ne parle jamais trop de stars sur mon blog. Pendant le festival de Cannes, et encore. Parce que ça m’énerve !

Ça m’énerve, d’être là, à la photographier, comme tout le monde. À la trouver belle, comme tout le monde. À adorer ses cheveux, comme tout le monde. À repartir avec une photo qui me plaît, super contente d’avoir eu un petit bout de Marion.

Pfffff, la célébrité, vraiment, ça rend les gens cons.

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La prochaine fois je vous parlerait de la starlette, qui elle, vit VRAIMENT dans le même monde que nous, alors qu’elle aimerait bien être comme Marion, dans un mini-van.
Je vous parlerais aussi de ce que ça fait d’être en robe de soirée au cinéma, parce qu’on ne parle pas assez de ce que ça fait de porter des talons de 12 pour aller s’asseoir deux heures dans une salle obscure.
Des couloirs du Martinez, des toilettes du Palais des festivals, et puis après, on passera à autre chose ;-)