J’ai passé mon mois de mai à écouter Lana Del Rey.

Comme d’habitude, j’avais un train douze trains de retard sur tout le monde. J’ai vu Kristen Wiig l’imiter sur Saturday Night Live (hilarant) et checké son Twitter (énigmatique) avant même de connaître ses chansons pour enfin regarder le clip de Video Games (touchant) après qu’il ai eu plus de 17 millions (!!!) de viewers.

Lana Del Rey est un phénomène.

Et puis bien sûr, je me suis posé la question de son étonnante transformation. Son changement de nom, d’apparence. C’est la question qui revient à chaque article (nombreux) sur elle.

Le mystère d’une jolie fille qui se transforme soudainement en bombe surnaturelle et qui rencontre le succès, ça fait couler beaucoup d’encre. Ça fait peur, ça fait rêver, ça fait hurler à l’opération marketing et surtout ça en dit beaucoup sur le monde dans lequel on vit.
Et on a envie de dire à sa petite soeur noooooooon ooh oh oh c’est pas comme ça que ça marche, il ne faut surtout pas croire ce genre de conte de fées !

Bien sûr que je suis contre ce genre de conte de fées.

Mais ensuite, j’ai passé mon mois de mai à écouter ses chansons. J’adore sa voix. J’adore sa mélancolie, son humour et je passe ma vie à chanter Video Games. Puis je l’ai vue risquer de manquer sa montée des marches parce qu’elle voulait saluer son public. Puis je l’ai rencontrée, cinq minutes, pour la prendre en photo. Elle est douce, timide, elle sourit tout le temps.

J’ai fini par développer de la tendresse pour Lana Del Rey. Le genre de tendresse émue qu’on a pour une diva un peu brisée, un peu fragile. Avec un goût de “cautionary tale”, qu’elle met si bien en scène dans son clip. Comme Marilyn ou Dalida (Je suis sûre que Lana l’adore), qui ont trop sacrifié pour leur célébrité mais qu’on ne peut s’empêcher d’aimer.

Peut-être qu’elle ne durera que le temps d’un album, peut-être qu’elle sera toujours là dans 10 ans. On s’en fout !

L’important c’est de chanter à tue-tête…