Je regardais cette photo de Caroline de Maigret, prise lors de la collection croisière de Chanel. J’adore son look, ce regard, et cette frange, ah, cette frange !

C’est beau, non ?

Oui, mais moi, je ne pourrais jamais avoir de frange. Trop anti-naturel avec mes cheveux bouclés, ça ne me va pas du tout. Bon, bien sûr, comme je suis têtue j’ai essayé… Et ce fut bien la catastrophe annoncée, les six mois pour attendre une repousse, les barrettes, l’air con, les copines qui me disent “on te l’avais dit”, tout le bordel, quoi.

Plus jamais ! Il y a quelques autres trucs comme ça, à mon grand désespoir, ce ne sera jamais moi.
Je sais je sais je sais que…

Je ne serai jamais rousse.

Jamais. Et sur ce point-là, tout le monde était d’accord, sauf moi.

Mais quand même le génial Christophe Robin, magicien de la couleur, chez qui je suis allée la dernière fois, m’a dit texto “Je suis désolée, tu vas être déçue mais… Ta couleur est parfaite pour toi”, il a bien fallu que je me rende à l’évidence.
Moi qui rêvais qu’il me fasse une révélation qui allait changer ma vie genre
“Je t’imagine parfaitement bien en rousse flamboyante, attends, je te fais ça tout de suite !…” je me suis contentée de répondre “Mais non, je suis suis pas déçue !” (Tu as juste brisé mon coeur, Christophe) (Avant de me faire un brun magnifique, certes) (MAIS UN BRUN).

Je ne serai jamais filiforme.

Jamais. Jamais jamais jamais je ne serais comme ces filles qui ne font rien et qui sont parfaites. Oui, il y en a, ce n’est pas un mythe. J’en connais, ma soeur tiens par exemple. Elle est naturellement mince.
Moi pour être bien, il faudra toujours que je fasse un petit effort. Du sport, faire attention à ce que je mange, tout ça. (Pleurs dans mon coeur, INJUSTICE DE LA VIE.)

Je ne serai jamais organisée.

Si un jour je vous dis que je suis organisée, c’est que je vous mens.

Ne vous inquiétez pas, je me mens aussi à moi-même, essayant de m’auto-persuader qu’avec le temps les choses se sont arrangées et que je suis capable de ranger mes tee-shirts avec mes tee-shirts, de mettre mes bijoux dans leur boîtes et de classer mes papiers par date.

Non. La vérité, c’est que bordélique un jour, bordélique toujours.
Même ma mère, qui a désespéré pendant toute ma jeunesse (et a un jour jeté l’intégralité de ma chambre par la fenêtre) (ok, elle me menaçait depuis deux ans) (ok, et ma chambre était au rez-de-chaussée) a fini par se rendre à l’évidence.

J’en ai eu la preuve hier : elle est rentrée dans ma chambre (oui, je suis chez moi en Corse !!!) et m’a même dit “AH, C’EST BIEN, TU T’ES RECRÉÉ TON PETIT UNIVERS !”. Et c’était pas du tout ironique.

Et pourtant imaginez. L’ensemble de ma valise est essaimé aux quatre coins de la chambre; mon bureau nomade (Quatre disques durs, une tablette graphique, deux appareils photo, un ordinateur, trois convertisseurs, trois téléphones, quatre objectifs… Etc…) est répandu autour de mon lit et ce matin, j’ai encore pris ma douche sans contrôler AVANT (ce que toute personne normalement constituée aurait fait) qu’il y avait des serviettes dans la salle de bains de ma chambre.

Résultat : moi, hurlant, trempée dans les escaliers, nue : “Au secoooooours, serviette !!!.
Voilà, ça c’est moi. Tous les gens qui me connaissent sont en train de se marrer tellement ils me reconnaissent.

Bah, je me rassure en me disant qu’être consciente de mes limites (il y en a plein d’autres, là je vous ai sorti les premières qui me sont venues à l’esprit – par exemple, je suis archi-nulle en maths) c’est déjà bien.
Ça permet de se concentrer sur ce qu’on peut vraiment améliorer (je ne serais jamais rousse, mais je peux avoir de beaux cheveux brillants)(je ne serais jamais organisée, mais en étant consciente, j’essaye de ne pas trop faire déborder mon bordel sur les autres)(pauvre Scott), et de lâcher prise sur les batailles perdues d’avance.

Vous en avez vous, des choses pour lesquelles vous avez complètement lâché prise ?