doris-shaw

J’ai rencontré Doris à Garrison, le jour où je suis allée visiter Nic et J.B. Elle est apparue sur le pas de sa porte (c’est leur voisine), habillée exactement comme sur la photo, hyper souriante… Elle nous a proposé de prendre un café et de faire un petit tour dans sa maison impeccablement décorée.

Hyper passionnant. Doris a travaillé à New York, dans la mode, dans les magazines et dans la déco, elle a eu une carrière passionnante… Et puis un jour, elle a décidé qu’il était temps de tourner la page, et elle est allée s’installer à Garrison.

Comme elle est irrésistible, on n’a pas résisté à lui poser quelques questions…

Parle-moi un peu de ton parcours, de ta carrière.

J’ai fait des études pour être illustratrice de mode puis j’ai réalisé que ce que je préférais par-dessus tout, c’était assembler des images sur une maquette, concevoir l’espace dans lequel elles seraient insérées, bien plus que de réaliser ces dessins. J’ai débuté ma carrière en sortant de l’école d’art, dans le New Jersey, et j’ai commencé à travailler en 1942.

J’ai principalement travaillé comme directrice du marketing créatif dans ce que la plupart des gens appellent des grands magasins, mais qui sont essentiellement des boutiques de mode. Mon premier job, c’était assistante du directeur artistique, puis je suis devenue directrice artistique et enfin, directrice de création [Frederick Loeser, Franklin Simon, Saks Fifth Avenue, Bloomingdales and A&S]. C’était une merveilleuse expérience. Je suis restée dans ce secteur, la distribution et les grands magasins, à peu près toute ma carrière. J’ai l’impression que je comprenais vraiment les clients de ces magasins, j’avais de l’empathie pour eux.

Comment as-tu perçu l’évolution de l’industrie de la mode ?

Dans les années 80 et 90, un vent nouveau soufflait sur le monde de la mode. Les femmes travaillaient, des femmes ambitieuses commençaient à faire leur place, durablement, dans le monde. De mon côté, j’ai traversé assez paisiblement cette période de libération de la femme. Je n’étais pas ce qu’on appelle une féministe, mais j’étais capable de comprendre le rôle des femmes dans le monde des affaires et la façon dont elles voulaient s’habiller.

Ça a évolué, les transformations ne se sont pas faites de façon abrupte. La principale différence que je perçois, c’est qu’il n’y a plus désormais de voie unique. Il n’y a plus de tendance majeure, les gens sont bien plus indépendants. Ils possèdent leur propre style et sont bien plus éclectiques. J’imagine que le principal changement tient dans le fait que les gens ne veulent pas qu’on leur dise ce qu’ils doivent porter.

Rétrospectivement, quels sont les moments de ta carrière dont tu es le plus fière ?

Je pense que le moment le plus intense, celui qui a été véritablement surprenant et m’a donné des ailes, c’est celui où l’on m’a demandé de rejoindre Saks Fifth Avenue. Cette expérience-là a été superbe. Le point culminant de mon expérience chez Saks a été la cérémonie que nous avons organisée pour le 50ème anniversaire [en 1974]. En comparaison avec les autres publicités produites à mon époque, c’était probablement une des choses les plus importantes que nous ayons faites.

Quand tu as déménagé à Garrison, l’atmosphère de New York t’a-t-elle manquée ?

Je désirais m’éloigner parce que je ne voulais pas rester en marge d’un monde dans lequel j’avais travaillé. Je voulais juste rester en contact avec lui. J’aime la campagne et je m’étais déjà rendue à Garrison régulièrement depuis quelques années, y passant des week-ends et même en y louant des maisons, l’été, les partageant avec deux amis de New York. Les lieux m’étaient donc familiers. J’ai des tas d’amis ici, des gens vraiment formidables.


Doris avec Ralph Lauren.

Tu vis dans un espace paisible, empreint d’un esprit moderne, où trouves-tu l’inspiration, tant pour ton style personnel que pour ta maison ?

Je suis véritablement classique, de ce point de vue. Je cherche l’inspiration chez les fondateurs du design moderne, celui de la moitié du siècle dernier. C’est la pureté de ce design qui m’attire le plus. J’ai un penchant naturel pour une très grande simplicité graphique. Le minimalisme. J’aime les espaces immaculés, les espaces blancs, les espaces noirs.

Quels sont les designers qui t’inspirent ?

L’architecte minimaliste John Pawson, le designer de bijoux et d’objets décoratifs Ted Muehling, Tord Boontje, Jil Sander et Phoebe Philo chez Céline.

Quels sont tes sites préférés ?

NY Times T Magazine, J.Crew – essentiellement parce que c’est une vraie réussite d’un point de vue graphique et très frais – et TED. Je ne passe pas beaucoup de temps sur Internet car je préfère les éditions papier pour me tenir informée.

Une astuce pour vieillir élégamment ?

Je suis fière de mon âge ! J’aurai 91 ans en septembre !

Je viens juste d’acheter un livre d’Eliel Saarinen et il a dédicacé ce livre aux jeunes de tous âges. Sa théorie, que je partage, c’est que si tu restes jeune dans ta tête, que tu te tiens au courant de tout ce qui t’entoure, alors tu auras un esprit jeune. Ça a été très important pour moi. Si tu restes ouvert aux idées nouvelles et à tout ce qui se passe dans le monde, cela te maintient jeune.

Mon conseil pour les personnes qui avancent en âge : continuez de bouger et restez concernés par ce qui vous entoure, mangez raisonnablement et continuez de savourer le vin et/ou d’autres boissons alcoolisées. Enfin, plus important encore, restez informés des courants, des tendances.

Ok, nous mourons d’envie de savoir une chose : d’où viennent tes lunettes ?! Elles sont si COOOOL !

Tant de gens m’arrêtent dans la rue pour me poser cette question ! Elles viennent de chez Liz Claiborne. Initialement, c’était une monture de lunettes de soleil et je les aimais tellement que j’ai fait monter mes verres de correction dessus. Je possède ces lunettes depuis une vingtaine d’années.


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