Je viens juste de poser le pied chez moi et de m’affaler sur mon canapé, de retour de quasiment un mois de fashion week. J’ai un small latte de chez Starbucks à la main, le truc le plus régressif qui soit*, et je suis en jog, de la tête aux pieds.

Mesurez le moment de pur bonheur !!!

Les yeux à moitié fermés, je me souviens des moments de grandes joies que j’ai vécus à la fashion week. Et ceux de petites misères aussi. Mes highs, et mes lows**, quoi.

Allez, hop.

High : Rencontrer Karl. Tellement sympa, tellement drôle, tellement intelligent, et surtout tellement pas snob que je voudrais que ce soit mon meilleur ami.

Low : Le moment où Karl m’a dit : “Ah, Garance, vous êtes très bien habillée POUR ALLER AU TRAVAIL.” Comme je l’ai dit, il est très drôle. Mmmeh, tant pis si c’est à mes dépens.

High : Arriver à la Soirée Anna Dello Russo, en folie, prête à danser comme une enragée.
Low : Se rendre compte qu’on vient juste de rater Azealia Banks ET Anna Dello Russo descendant du ciel dans un coeur en fleurs.
Regarder tout le monde s’éclater, dire comme c’était cool et avoir envie de s’asseoir au milieu de la scène et de pleurer. Décider de partir.

High : Travailler en équipe avec des mecs toute la journée. Faire des blagues salaces, bien lourdes, ambiance techos, toute la journée. Pas de meilleur remède aux “Oh My Gaaaad !” de la fashion week.

High : Les glaces offertes par Jalouse à l’entrée des défilés. Trop bonnes !

Low : Les bancs en plywood du défilé Saint Laurent dont les échardes ont démantelé mon pantalon en soie.
High : Qu’est ce qu’on s’en fout de mon pantalon en soie. Ça valait le coup d’y être.

Low : Me faire hurler dessus par un badaud devant un show, persuadé que j’avais “volé une photo de lui” et qui m’a fait effacer les photos où il apparaissait dans l’arrière plan. En me parlant très très, très mal.

High : L’excitation chez Dior. L’élan d’amour pour Raf Simons qui a la réputation d’être adorable et d’avoir les pieds sur terre. J’aime quand les créateurs sont aimés comme ça. Ça donne des défilés pleins d’ondes positives.

High : Commencer à trouver un rythme, commencer à trouver un équilibre, commencer à trouver une équipe de choc pour Pardon My French. Rien ne pouvait me rendre plus heureuse que ça. Total high.

Low : “Félicitations pour la campagne Net-à-Porter Garance ! Je ne t’ai quasiment pas reconnue ! Dis donc, gros travail de retouche, non ?”
Mmmmmm. Comment dire… MERCI ?
En plus, même pas vrai, j’ai la photo brute, et c’est la même. Aaah, les gentillesses de la mode. Oh. My. Gaaaaaad.

Low : Openskies, c’est fini. Ceux qui avaient l’habitude de prendre cette compagnie me comprendront.

High : Le croissant que je me suis envoyé chaque matin de la fashion week en me disant que c’était le dernier.

High : Les photographes des fashion shows. Ça a l’air d’être des durs comme ça, mais j’en connais quelques-uns et ils sont toujours tellement gentils avec moi que j’en profite pour leur faire un énorme bisou. Bruno, la famille Pucci, Don, Sean, Valerio… Vous êtes les meilleurs !

Low : Être traitée comme une photographe de fashion show.
Parfois un vigile me voit avec mon gros appareil photo et commence à me parler comme si j’étais une photographe de défilé***. Et bien je peux vous dire que d’un coup on voit les différences de “castes”.
Soudain, même si on montre son invit, on se fait bousculer, jeter dehors.
Oui oui, ça m’est arrivé. Une fois, c’était tellement violent que j’ai même dû retenir mes larmes.
Du coup, j’ai encore plus de respect pour les photographes des fashion shows qui vivent ça au quotidien, et qui, comme je le disais plus haut, continuent d’être adorables.
Et puis franchement, sans eux, qui les verrait, ces putains de fashion shows ?

High : Dries Van Noten, trop beau. Valentino, Céline, Alexander McQueen.

High : La signature du livre de Scott, chez Colette. Toujours un tel bonheur de vous rencontrer !!!

High : Le moment où je me suis découverte à la télé, et où je me suis trouvée… Jolie. Ça n’arrive quasiment jamais, donc je vous le dis sans fausse modestie, c’était vraiment un high !!! Merci au maquilleur, au coiffeurs et à la lumière du plateau du Grand Journal.

High : Une inconnue a donné un code FreeWifi à John, notre monteur, juste comme ça, parce qu’il est super mignon par bonté d’âme. Merci inconnue, ce code nous a sauvé la fashion week à multiples reprises, vu la catastrophicité du réseau 3G sur Paris.

High : “Je peux prendre une photo de votre tenue ?”
Low : “Je peux prendre une photo de vos chaussures ?”
Low (er) : “Vous pouvez vous décaler un peu pendant que je prends une photo de votre copine ?”

High : Caroline, Sophie, Lauren, Massoud, Emily, Suzanne, Violaine, Aurélie, Alexandra, Laure, Elisa, Viviana, Angelo, Scott, Anna, Selima, Jenna, Emmanuelle… Vous avoir, franchement, ça me change la vie. Ça doit être ça, aussi, l’expérience. Se sentir entourée de gens bienveillants.

Low : Gino, notre executive producer que certaines d’entre vous aiment tant (il est trop cuuuuuuuute c’est quiiiiii ?), s’est pris une baie vitrée de Pizza Hut dans la tronche. Résultat : Méga oeil au beurre noir pendant toute la fashion week parisienne. Bon, on a bien rigolé. APRÈS. Vous verrez ça très rapidement dans notre dernier Fashion Week Diary. Ne vous moquez pas. Il adore ça.

High : Lire vos commentaire sur mon post “About Changes”. J’essaye toujours de me réfréner d’expliquer ou de justifier ce que je fais – je trouve ça trop facile. Mais vous lire m’a donné toute l’énergie dont j’avais besoin pour la fashion week. Merci !!! High, high, hiiiigh !

———–
* En gros, c’est un biberon de lait, quoi, SOYONS CLAIRS.
** Qui sont un peu une version des Ups & Downs de Caroline, rendons à César ce qui est à César!
*** Ce que je suis tout à fait, en fait, mais pas vraiment non plus. Bref. C’est le net, c’est nouveau, c’est compliqué à gérer.