On me demande souvent comment marche mon blog.
C’est à dire, au fond, comment je gagne ma vie, est-ce que je reçois des millions de cadeaux, est-ce que je suis payée pour faire des posts, est-ce que j’écris mes posts toute seule, etc.

Allez, tiens, aujourd’hui, je vais répondre à toutes vos questions.

Mais d’abord, avant de rentrer dans les détails, je vais vous expliquer ma philosophie.

Vous voyez, mon blog, c’est mon rêve.

Je sais que je le répète souvent, mais je ne rêve pas d’aller ailleurs.
Je ne rêve ni d’être journaliste, ni écrivain, ni mannequin (ahahah), ni présentatrice télé, encore moins it-girl. Mon blog, c’est vraiment mon rêve.
Je sais à quel point ce que j’ai ici est précieux. J’y travaille avec tout mon amour.

C’est dans cet esprit-là que j’approche toutes les questions de monétisation autour de mon blog – il faut garder ça à l’esprit !

Maintenant, les questions.

Comment je vis de mon blog ?

Je ne vis pas que de mon blog, et c’est un choix.
En bientôt sept ans, j’ai réussi à développer une économie équilibrée.

Il y a mon travail en tant qu’artiste.
J’ai commencé en tant qu’illustratrice, puis la photo s’est ajoutée. Puis la vidéo, puis des collaborations multimédia que je gère au coup par coup.
Dans tous mes contrats, il est spécifié que travailler avec une marque ne garantit pas une publication sur mon blog.
En revanche, quand je suis fière du projet ou que je le trouve intéressant, je suis ravie d’en faire un post. Parfois je vous en parle, parfois non. Ça fait partie du jeu, mes clients le savent, ils acceptent avec classe.

Il y a la publicité sur mon blog.
En tant que grande lectrice de magazines, je sais à quel point les relations annonceurs / magazines sont compliquées.
Le dernier de mes souhaits est de mettre en danger mon contenu. Je n’ai pas d’agence de pub parce que je n’en ai pas encore trouvé qui réponde à toutes mes attentes, donc on s’en occupe directement au studio.

Nous avons des relations saines avec nos annonceurs et avons appris (Scott et moi, on bosse beaucoup ensemble là-dessus) à dire non très tôt.
Parfois ça fait mal de dire non à beaucoup d’argent.
Mais faire plein d’argent, ce n’est pas mon rêve.
Tous les annonceurs (quand je dis les pubs, je veux dire les encarts publicitaires que vous pouvez voir de temps en temps dans la sidebar) qui apparaissent sur mon blog sont donc des marques avec qui nous avons des relations respectueuses. Ça se passe très bien, et on va tout faire pour que ça continue.

Il y a la boutique.

Bon, le lancement a dépassé toutes nos espérances, donc merci à vous.
La boutique n’est pas un projet que j’ai développé en premier lieu pour être une source de revenus. Je n’ai jamais vraiment eu envie de faire du commerce (mon père est commerçant, j’ai été vaccinée très tôt). Je l’ai lancée parce que je voulais pouvoir répondre aux tas d’emails que je recevais chaque jour me demandant où trouver les illustrations.
Bon, évidemment, je me suis prise au jeu et j’ai envie de le développer.
C’est excitant une nouvelle aventure.

Il y a l’affiliation… Peut-être ?

Depuis quelques temps, on teste des liens d’affiliation (ce qu’on appelle l’affiliation, ça veut dire être rémunérée pour placer des liens sur des produits dont on parle dans le blog).
L’affiliation est compliquée car ça veut dire monétiser des liens à l’intérieur même du contenu…
Mais mes copines n’arrêtaient pas de me demander pourquoi il n’y avait pas ce service sur mon blog. Elle ne comprenaient pas que je ne mette pas la provenance des fringues que je photographiais. Elles adorent pouvoir shopper directement les produits et ça ne les dérangerait pas du tout que je touche un pourcentage sur ces liens.
Elles voient ça comme un service rendu par le blogueur.

Énormément de bloggeuses mode le font et donc je me suis dit que j’allais tester.

Bien sûr, la question est tout de suite : “Oui mais ne vas-tu pas mettre certains produits juste pour être rémunérée sur un lien ?”
Ma réponse est non, certainement pas. Même chose que pour la pub. Mon but premier est de protéger mon contenu. Mais je comprends la question.
D’où cette période de test, pour savoir comment je me sens avec cette nouvelle aventure. Si je sens que je n’arrive pas à gérer correctement, j’arrêterai.

Il y a Pardon My French.

Pardon My French, projet que j’adore et que je fais vraiment par plaisir, ne me rapporte pas d’argent mais il en coûte beaucoup, d’où le besoin d’avoir des sponsors. Peut-être qu’un jour il en rapportera, qui sait? On verra. Le but pour l’instant, c’est de le développer, de trouver ma voix sur ce support, et ça, peut prendre des années.

Il y a les extras.

Ça peut être une conférence sur un sujet particulier (et oui, je suis considérée comme une experte sur le sujet du web et de la mode) par exemple. Écrire pour Vogue, faire du consulting, ou autre…

Grâce à ce système plutôt équilibré, mon blog n’est pas ma seule source de revenus.
Et même à l’intérieur de mon blog, plusieurs sources de revenus.

C’est comme une sorte d’ecosystème qui rend mes choix beaucoup plus faciles : grâce à ça, je peux dire non.

Les choses auxquelles je dis non.

Je ne fais pas de billets sponsorisés. Je n’ai rien contre, mais je ne trouve pas que ça cadre avec le ton du blog. Je dis non aux marques qui veulent me payer pour parler d’elles sur mon blog, même si j’aime la marque en question.
Je ne suis donc jamais payée pour parler d’un produit qui apparaît sur mon blog, si j’en parle c’est toujours parce que je l’aime ou que je le trouve intéressant.
Je ne me sens obligée de parler d’aucun cadeau qu’on m’a fait. Tant pis si c’est le dernier que je reçois. Tout comme je ne me sens pas obligée de parler d’un défilé parce que j’ai été assise au premier rang. Tant pis si je ne suis pas invitée la fois d’après (c’est franchement très rare que ça arrive, hein, soyons clairs).

Honnêtement, grâce à ce système (comment on dit, “ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier” ?), je me sens parfaitement libre sur le blog. Si un jour tous mes annonceurs devenaient infernaux par exemple, je pourrais leur tourner le dos, je ne serais pas prise à la gorge.
J’espère que vous le ressentez et venez ici en toute confiance.

Est-ce qu’on me couvre de cadeaux ?

Je reçois des cadeaux, mais je n’en suis pas couverte.
J’ai des marques que j’aime bien et qui me prêtent des vêtements parfois, ce qui est bien agréable (quand je peux rentrer dedans, ce qui est un autre problème).

Est-ce que j’écris tous mes posts ?

Oui. Tous les jours, j’ai le stress du post du lendemain ahah (parfois ça me désespère ne ne pas arriver à préparer à l’avance, mais au moins ça vous garantit un esprit spontané !). Ne vous inquiétez pas, j’adore ce stress, hein. Scott aussi d’ailleurs, on est drôles tous les deux.
Depuis quelques temps, Emily et Alex, qui bossent avec moi, rédigent quelques mini-posts et nous faisons les interviews (carrière par exemple) avec Emily.
J’ai eu envie d’ouvrir le blog à mes collaboratrices parce qu’on partage beaucoup, elles et moi, qu’elles ont un point de vue différent du mien mais le même esprit d’ouverture et surtout beaucoup d’humour.
Leurs posts sont toujours signés, pour que vous puissiez faire la différence.

Voilà ! Et avant de vous laisser, je voudrais vous parler d’un dernier truc.

J’adore le business. Je ne pensais pas adorer ça, avec mon âme d’artiste qui déteste les chiffres, parce que c’est vu comme un truc négatif (bon, surtout en France, c’est vrai qu’aux US, c’est autre chose) de pur profit.

Mais depuis quelques temps, j’ai découvert que le “business”, c’est autre chose.
C’est développer une idée. C’est s’entourer de gens passionnants pour la développer. C’est travailler à fond pour quelque chose qu’on aime, en quoi on croit. C’est créer des emplois. C’est avoir des responsabilités, traverser de grosses galères.
Exploser de joie quand on les surmonte. Et se remettre au travail deux secondes après. En fait, j’adore travailler.

Ah oui, et je veux être claire. Je ne cherche pas à être riche, mais ne soyons pas hypocrites, je ne déteste pas l’argent. Je m’en méfie un peu (ça c’est mon côté trèèèès français) mais je ne suis pas du tout contre l’argent !
Bien sûr que j’adore pouvoir m’acheter de jolies choses ! Pourquoi pas ?

Voilà pourquoi je suis à l’aise pour vous parler de mon business model, que j’essaye de créer avec le plus de sincérité possible. Bien sûr qu’il y a des moments où je me plante, mais je suis toujours contente d’avoir essayé.

Voilà ! Désolée, c’était un peu long, et ça faisait un peu “leçon de blogging” mais je voulais répondre à vos questions avec le plus d’honnêteté possible.
C’est normal que vous vous les posiez, à votre place je ferais pareil.
N’hésitez pas à réagir (soyez gentils, hein, c’est pas facile de mettre cartes sur table comme ça ;) ), je suis là, je vous lis.
Et je vous embrasse !