Je suis tellement contre le “c’était mieux avant” qu’à chaque fois qu’un “c’était mieux avant” m’effleure, je me mets une claque (mentale)(je suis pas maso, non plus, oh).

N’empêche, c’était mieux avant.

C’était mieux avant : avant que tous les centres-villes de la terre se ressemblent et qu’on retrouve les mêmes boutiques de Tokyo à Paris, il y avait un truc génial à faire quand on partait en voyage : ramener des choses introuvables chez soi.

Ça pouvait être des objets, des livres ou des fringues.
Pour moi, évidemment, c’était des fringues.

On ramenait du J.Crew de New York, des Doc Martens de Londres, des sacs Invicta d’Italie (please ne googlisez pas si vous voulez garder un semblant de confiance en mon style)(ok, ça va, googlisez), des Birkenstocks d’Allemagne, des jeans APC de Paris, etc.
On faisait des cargaisons entières, on en ramenait pour les copains, ça suffisait à nous transformer immédiatement en un héros de la fashion. Ah, c’était bien, avant.

Aujourd’hui, on trouve tout, partout. Et si on ne trouve pas dans sa ville, il suffit d’aller online.

Naaaaan oui je sais, au fond, c’est top. Plus de frustrations.

Mais n’empêche, l’un de mes trucs préférés quand je vais à Milan, c’est de faire un tour chez Porselli. J’aime beaucoup ces ballerines, et aussi, je me laisse complètement envoûter par le charme du non-marketing.

La boutique avec deux Italiennes qui ne comprennent absolument pas l’anglais. Le logo qui sent pas du tout le brief crea. Le site internet en Flash (très 2005). Les pointures à géométrie variable. Les couleurs aléatoires : on demande sa taille et on voit ce qui reste. On peut aller dans l’arrière boutique, on monte sur l’échelle (aléatoire elle aussi) et on regarde quelle couleur existe dans notre taille.

On peut aussi commander : les livraisons arrivent tous les jeudis.

Et la cerise sur le gâteau, c’est qu’elles sont vraiment difficiles à trouver ailleurs qu’à Milan. À elles seules, elles valent le voyage.

Un vrai truc de connasse snob, quoi.

Merde. Me serais-je fait prendre au piège du non-marketing ?

Aarrrrrgh.

Qu’en pensez-vous ?

Préférez-vous un monde uniformisé où tout est à portée de main ou trouvez-vous que…
C’était mieux avant ?