Les Cinq Autres Commandements, Oui Chef !!!

La dernière fois, dans mes 10 (enfin, 5) Commandements Du Style (oui oui, majuscules)(oui, non, la modestie n’est pas ma première qualité)(la modestie t’façons, c’est out) je vous racontais que j’en avais marre de l’accumulation et de l’hystérie de la mode, et que j’étais en train de redécouvrir le bonheur d’éditer sa garde-robe.

Je reviens ici avec les 5 Commandements (enfin, 7) restants.

Vous êtes prêts ? Allez, éditons ensemble. :)

  • Avoir un role model.

Ok, ça peut paraître extrêmement puéril de penser comme ça, mais c’est testé et approuvé (par moi), et ÇA AIDE. Ça aide à la cohérence, et la cohérence est la clé d’une garde-robe qui déchire.

Imaginez. Vous êtes chez Barney’s et cette pièce Dolce Gabbana en or avec des rubis incrustés est tellement en soldes que vous êtes prête à prendre un job chez Mc Do pendant trois mois (oh pardon, trois ans) pour vous l’acheter.

Vous sentez le danger de l’achat catastrophe, mais devant une telle occasion, tous vos capteurs s’excitent, toutes les occasions de porter cette merveille s’affichent devant vos yeux hypnotisés, et vous en perdez totalement votre personnalité, alors que ça faisait des années que vous bossiez dessus, bordel !

C’est à ce moment-là que vous pouvez invoquer votre role model.

Si votre role model est Anna Dello Russo, cette robe est faite pour vous.
Si votre role model est plutôt Emmanuelle Alt, allez… vous pouvez reposer la robe tranquille.

Attention, l’idée c’est que votre role model a, de préférence, un style cohérent.

Genre, si votre role model est Carrie Bradshaw, vous êtes mal.
En même temps, si votre role model est Carrie Bradshaw, vous n’en avez certainement pas grand chose à faire de mes commandements. Vous êtes en train de les lire juste pour savoir exactement que NE PAS FAIRE. Pffffff, j’en étais sûre.

  • Acheter un truc de la saison d’avant.

J’adore acheter sur Internet parce qu’on y trouve tout, et même des vêtements de la saison d’avant.

En plus, du fait qu’ils soient souvent super soldés, acheter en différé garanti de n’être pas en pleine hystérie de la mode, et qu’on aime cet article pour ce qu’il est vraiment.

[Interlude Hystérie de La Mode]

J’ai un cimetière dans ma garde-robe d’une dizaine de pièces que je n’arrive pas à me résoudre à jeter mais que je n’ai jamais portées. Ou une fois, ou deux, grand max. À présent, elles sont périmées. Je les regarde avec tristesse, en pensant à toutes les glaces au Earl Grey et autres espadrilles Chanel que j’aurais pu m’offrir à la place de ces quelques bouts de tissus.

Si vous voyiez ces pièces, vous les reconnaîtriez immédiatement.

Designer, saison, nom de la collection, année. Vous sauriez tout.

C’est le risque de l’achat trop fashion. Imaginez.Vous voyez la pièce dans un défilé, vous craquez tellement dessus que vous vous mettez en liste d’attente pour l’acheter. Quand elle arrive, vous la portez immédiatement (même si c’est un pull en angora et qu’on est en août) (évidemment) (qui se soucie de la météo, franchement ?), fière de faire partie de l’élite mode qui sait de quoi elle parle.

Deux heures plus tard, toute l’élite fashion qui sait de quoi elle parle porte le même truc. Deux semaines plus tard, ce même truc vous gonfle déjà, en plus c’est pas facile à porter, l’angora, ça gratte à mort !
Deux mois plus tard, vous ne voulez même plus porter ce truc, beaucoup trop marqué “septembre 2012”.

Le problème ? C’est impossible de savoir ce qui va devenir un classique (les écrase-merde Balenciaga) et ce qui va disparaître à jamais dans les oubliettes de la fashion (je ne sais pas, je ne veux pas savoir, J’AI OUBLIÉ).

Il n’y a aucune science exacte, à ma connaissance, pour déterminer ce qui va rester et ce qui va disparaître.
Oh, PS : c’est inrevendable.
Si vous avez une idée pour savoir si un truc va passer la barre des trois mois, écrivez-nous à contact@gara… Enfin vous savez où]

Donc ça permet d’acheter un article parce qu’on l’aime vraiment, pas parce que c’est le dernier truc à la mode qu’on va oublier au fond de son placard dès que la mode sera passée.

  • Ne pas acheter juste parce que c’est en solde.

J’adore les soldes, mais la liste de mes erreurs d’achats pendant les soldes est tellement longue, mon dieu, que j’ai appris à me méfier :

  • du truc dans une couleur bizarre mais qui peut marcher, de loin dans le noir sans lunettes.
  • du truc pas exactement à ma taille mais qui pourrait marcher, recouvert d’un manteau même en plein été.
  • du truc pas du tout mon style mais tellement soldé que, pour un jour spécial, sur un malentendu, avec une personne rencontrée par hasard, pourquoi pas, ça pourrait marcher…

Du coup, maintenant, je me pose la question de savoir si je l’achèterais si ce n’était pas soldé. Souvent c’est non. Ce qui est drôle, c’est que du coup, je fais moins les soldes. Et que j’ai vachement moins de pièces complètement bizarres dans mon dressing.

Et tiens, d’ailleurs, puisqu’on y est, c’est toujours bien de…

  • Faire une liste.

Si je ne m’en empêchais pas, j’achèterais TOUJOURS la même chose.
Des chemises, des jeans, des manteaux, des sacs. À la fin, j’ai le choix entre deux mille chemises et je suis là, genre “merde, j’ai pas un seul petit top sympa ?” “NON, j’ai pas.”

Par exemple, je n’achète jamais de robes. Et pourtant j’adore les robes ! Mais mon oeil ne se dirige jamais, jamais vers les robes.

Du coup, je fais des listes. Trouver une robe ce printemps. Acheter un top. Etc. Ça me rappelle de changer un peu de disque. C’est bien.

  • Faire ajuster.

Ça, je ne le fais pas encore très souvent, mais c’est mon rêve. Parce que le prêt-à-porter, c’est top, mais même si on l’a oublié, à la base, c’était fait pour être repris.

Une manche raccourcie par là, une jupe à la longueur parfaite, une veste aux manches parfaitement ajustées, c’est le bonheur. Ça ne coûte pas très cher – il suffit de trouver le bon tailleur.

Ça fait passer vos fringues de très chouettes à parfaites, et porté, ça se voit tout de suite. C’est vraiment classe. C’est jouer dans la cour des grands, ça.

  • S’habiller selon sa vie.

J’ai souvent entendu dire “habille-toi pour la vie que tu veux, et pas la vie que tu as” et c’est complètement, totalement, incontournablement vrai, je vous en avais même parlé ici.

Mais arriver à trouver le bon équilibre est la clé.

Si, par exemple, on est un jeune étudiant en mode et qu’on rêve de devenir fashion editor pour Vogue, l’idée ce n’est pas de passer ses nuits à bosser chez Mc Do (aucune idée de ce qui fait que je m’acharne à parler de travailler chez Mc Do, je vais en parler à mon psy) pour s’offrir un sac Céline.

C’est ok de s’habiller selon son âge et ses moyens. Ce qu’il faut, c’est être créatif avec ce que l’on a. Il ne faut pas s’inquiéter, les gens comprennent et apprécient cette authenticité.

C’est ok aussi de s’habiller selon son job. Pour moi, m’habiller selon ma vie, c’est trouver une garde-robe relativement confortable pour pouvoir prendre des photos, mais assez chic pour pouvoir enfiler une paire de talons au dernier moment si j’ai un rendez-vous important.

Ça ne sert à rien d’avoir 10000 paires de talons ou de m’acheter quoi que ce soit de trop fragile – je n’ai pas ni la patience ni le style de vie qui va avec, donc exit les trucs hyper brodés, trop lourds à mettre dans ma valise…

C’est marrant, parce que comme le disait une lectrice la dernière fois “Mais Garance, tu es française ! Je pensais que tu savais déjà tout ça !”
Oui c’est vrai, je savais, puis prise par la folie de la mode et de New York, j’avais un peu oublié.

Et en ce moment, après presque trois ans à New York, j’ai l’impression de revenir un petit peu à mes racines. C’est un peu à contre tempo de l’éternelle folie qui s’agite autour de moi, mais ça fait du bien de tout doucement retrouver ses marques et se sentir à nouveau soi…