J’ai toujours vu des psys. En fait, voir un psy, c’est certainement l’un des trucs que j’ai fait le plus régulièrement dans ma vie, avec me brosser les dents et tourner des pages de magazines affalée dans mon canapé.

J’ai vu des psys en temps de galère, en temps de paix, en temps d’amour, en temps de rupture, je vois même mon psy pendant la fashion week. C’est vous dire.

Voici 10 bonnes raisons (et ne me demandez pas pourquoi j’ai la folie des listes en ce moment, je vous promets d’en parler à mon psy)…

# 1 – Si je n’avais pas de psy, je passerais mon temps à parler à des étrangers.
Ce que je fais déjà, demandez à mon épicier, à mon chauffeur de taxi et à… aux lecteurs de mon blog ?
Parfois, quand je suis toute seule, je parle à mes chaussures. Même les pas Louboutin.

# 2 – Faites des maths.
Douleur + Temps = Humour.
Douleur + (Psy x Temps) = Humour.
On cicatrise plus vite de ses plaies, même les plus microscopiques, quand on en parle. C’est donc un raccourci génial pour la comédie. Et qu’est-ce qu’on fait de la comédie ?
On la blogue, of course. Genre on raconte ses problèmes de poids, sans lever le sourcil.

# 3 – Distance.
Mon moment préféré de la fashion week ?
Le moment où je pose mon appareil photo sur le sol moquetté de mon psy pour lui raconter la folie du monde dans lequel j’évolue.
Il ne connait personne, ne sait absolument pas ce que front row veut dire. Ne sait pas du tout qui est Phoebe Philo (!!!)(commeeeeent !). Ne sait pas trop ce qu’est un blog.
Rien que de lui expliquer, ça me fait déjà respirer. Prendre de la distance. Rire. Y retourner sereine.

# 4 – Tiens, à propos de front row.
Avec lui, je suis toujours en front row, hinhinhin.

# 5 – J’adore l’idée de payer quelqu’un pour qu’il m’écoute parler.
Quelqu’un qui n’a aucune attache affective avec ma vie. Qui est là juste pour moi. Avec qui c’est très clair, une demi-heure, pas plus, pas moins.
Et aussi parce que ce que je pense c’est que…

# 6 – Voir un psy, c’est du luxe.
Le luxe, c’est quelque chose dont on n’a pas forcément besoin mais qui embellit l’existence. Comme une bougie Diptyque par exemple, mais vachement mieux.
C’est un cadeau que je me fais à moi-même, à ma vie, aux gens que j’aime
(= je les soule moins, je suis plus cool.)

# 7 – Voir un psy, c’est moderne.
Vous vous demandez peut-être comment je fais pour voir un psy qui est basé à Paris.
Et bien, réfléchissez…

Skype !!!
Franchement, vive le Skype. Et aussi, vivent les tronches qu’on a sur Skype. Quand est-ce qu’ils vont inventer les filtres Instagram pour Skype ?

# 8 – Zéro filtre.
On peut lire en moi comme dans un livre ouvert. Rien de plus facile pour moi que de déballer ma vie et mes secrets les plus profonds (c’est simple, je n’en ai aucun).
La thérapie et moi, on était faites pour se rencontrer.

# 9 – Je suis la J’étais la reine de l’éclairage psychologique de comptoir.
Autrement dit le truc le plus stupide qui soit : “Naaaan mais si ton mec a passé la nuit avec cette fille, c’est certainement parce qu’il t’aime trop mais que sa relation avec sa mère l’étouffe, d’ailleurs, c’est pour ça qu’il ne t’appelle jamais, pas parce qu’il s’en fout de t…”
Ridicule.
On ne peut pas savoir ce qui se passe dans la tête des autres – et encore moins dans la sienne. Voir un psy, c’est accepter ce mystère et accepter que c’est par la parole qu’on se libère, pas par l’impression que l’on comprend le monde et les gens autour de nous.
Voir un psy, ça aide à comprendre qu’il n’y a rien à comprendre. C’est l’acte de parler qui libère. Et rien que comprendre ça, ça libère.
Si vous m’attrapez à vouloir faire de l’éclairage psychologique malgré moi (bien sûr que ça m’arrive encore)(vachement souvent, mais moins qu’avant), donnez-moi une claque.

# 10 – Voir un psy ne veut pas dire qu’on a un “problème.”
Je n’ai jamais compris pourquoi voir un psy devait être un secret.
Enfin presque. Quand j’ai commencé à en voir un, vers mes quinze ans (ouais), je partais tout en mystère, disant à mes copines que j’avais rendez-vous chez “le docteur”, air patibulaire et lunettes noires comprises.
Je ne sais pas d’où je tenais ça mais certainement de l’air catastrophé que prennent les gens dès qu’on parle de thérapie.
Un jour, j’ai décidé de le dire (rappelez-vous, zéro filtre) en voyant les conversations intéressantes que ça provoquait (rappelez-vous, je pourrais parler à une chaussure même pas Louboutin) et à quel point les gens me sollicitaient pour leur donner des conseils (rappelez-vous je suis la j’étais la reine de l’éclairage psychologique de comptoir) j’ai continué.

# 11 – Voilà pourquoi je ne vous conseille pas du tout d’aller voir un psy.
Je n’aime pas trop les gens qui essayent de convaincre tous ceux qui les entourent de faire la même chose qu’eux. Je veux dire, à part quand il s’agit de porter des Birkenstock cet été, bien sûr.

Je veux dire, allez voir un psy si vous voulez.
Mais c’est une démarche personnelle qui peut être très intense – d’autant que ce n’est pas facile de tomber sur quelqu’un de bien. Certaines personnes vivent parfaitement bien sans… Et parfois, voir un psy peut fragiliser.
Beaucoup s’y ennuient – pas tout le monde n’est pas passionné par sa petite personne comme moi, dieu merci.

Et voilà ! “La comédie, c’est la vie en plan large, la tragédie, c’est la vie en gros plan” disait Charlie Chaplin. J’essaye juste d’élargir un peu mon point de vue, finalement…