Je viens de me réinscrire au yoga. Ouaip !

Ce doit être la trente-sixième fois que j’arrête… Et que je recommence.

À chaque fois, c’est pareil. Je commence, je suis hyper motivée.

Les professeurs m’énervent avec leur philosophie de la vie douteuse, les élèves encore plus avec leurs mines appliquées et leur “je suis tellement plus zen” attitude mais je décide de faire avec.
À tous les coups, je me sens nulle, pas souple (la fille avec 7 blocs, c’est moi), pas focus, pas résistante.
Je m’ennuie sévère, je regarde discrètement l’horloge toutes les trois minutes, je suis incapable de faire la roue, le chien, le pigeon et autres positions aux noms d’oiseaux.

Je progresse, je régresse, j’arrête un moment, puis je repars de plus belle. Et un jour, ça m’énerve, et je décide d’arrêter ces conneries spirituelles et de me remettre à l’exercice tout court.

Je m’y tiens quelque mois, jusqu’au moment où… j’ai soudain envie de revenir au yoga.

Des années que ça dure. C’est dingue, j’ai beau faire, j’y reviens toujours. Je n’ai jamais trouvé une forme d’exercice aussi apaisante, aussi belle, et qui m’apprend autant que le yoga.

Grâce au yoga, j’ai appris la concentration. J’ai aussi appris le lâcher-prise, le plaisir de sentir que mon esprit ne fait qu’un avec mon corps (pour quelques secondes, parfois, j’y arrive), d’arriver à faire complètement abstraction de l’extérieur.
J’ai appris à respirer pour me libérer de mes angoisses et plein d’autres choses qui ont si peu à voir avec l’exercice.

J’ai fini par accepter l’idée d’être l’éternelle débutante.

Car petit à petit, cette discipline s’est fait une place en moi, et maintenant, sans que je m’en rende compte, le yoga fait partie de ma personnalité et me donne une force et une souplesse mentale dont je ne me serais jamais crue capable.
Pas besoin d’être une yogi confirmée pour ça (même si je ne vous raconte pas la fierté la première fois que j’ai tenu une grue (oui, je sais, encore un nom à la con) plus de trois secondes), besoin de rien, en fait.
Juste d’aller en cours, d’éteindre son portable, de faire taire le bruit extérieur, et de faire de son mieux.

D’être présent, comme disent les profs de yoga.
Hypeeeeeeeer énervant, oh la la je sais.

Mais parfois, quand il m’arrive de réussir à laisser mon cynisme à la porte (avec mon téléphone), tellement, tellement, tellement incroyablement enrichissant.