Un matin, je me suis réveillée, et mon livre était là, devant moi.
Il était génial. Les textes étaient drôles, hyper bien écrits, les photos et les dessins étaient parfaitement mis en page et je vibrais d’enthousiasme.

Puis soudain, j’ai ouvert les yeux et j’ai remarqué que mes mains étaient en train de s’agiter dans le vide. Mmmm? Un livre ne flotte pas dans les airs Garance. Tu étais en train de rêver.
Beuh. Un rêve. Pffffff. Mais l’idée, elle, était là.
Et il était peut-être temps de transformer ce rêve en réalité…

En fait, ça faisait des années qu’on me parlait de faire un livre, qu’on me disait : “Attrape les opportunités quand elles sont là ! Le succès peut s’arrêter demain !” et que je répondais : “Désolée, pas de livre pour le moment. Et peut-être même jamais.”

Ceux qui lisent mon blog depuis longtemps le savent, je n’ai pas toujours eu cette force mentale digne d’un Chevalier Jedi.

Je m’étais laissé séduire, il y a quelques années, par le côté obsc, l’idée de faire un livre.
Une maison d’éditions très chouette m’avait contactée, et, terriblement flattée, j’avais dit oui.

[Parenthèse Idée De Faire Un Livre.
Faire Un Livre, c’est une espèce de formule magique, plus un concept qu’une réalité.
Qui ne rêve pas de Faire Un Livre ? Ou plutôt : d’Avoir Un Livre Avec Son Nom Dessus ? Ouais, moi aussi. Un peu.
Mais comme je vous l’avais dit à l’époque :
"C’est à ce moment-là que je réalise que moi, ce qui me plaît, c’est l’idée de faire un livre. C’est comme quand je voulais devenir Madonna*. Pas une seconde je n’aurais souhaité chanter en sautant en talons aiguille sur des hommes bodybuildés et jeter ma petite culotte au public. Non. Juste pouvoir dire : “Hi, I’m Madonna”.]

J’avais commencé à l’écrire, sans trop savoir ce que je voulais dire.
D’ailleurs, si vous lisez mon texte ici, en rétrospective, ça se sent tellement !
Quelle étrange et difficile année. Je me tordais le cerveau pour arriver à sortir quelque chose, et tout ce que je faisais me laissait perplexe, vide, triste.

J’envoyais mes pages à mes amis, et tous me disaient : “C’est vraiment super !”

Mais au fond de moi, je sentais bien que quelque chose n’allait pas.
C’est comme ça qu’un jour, à une soirée, j’ai rencontré un étranger que j’ai trouvé brillant, honnête et hyper drôle. Il était auteur de bandes dessinées. Très talentueux.

J’ai décidé de lui demander un service.
Pourrait-il regarder mes pages et de me dire honnêtement ce qu’il en pensait ?

Je lui ai envoyé quelques planches et sa réponse m’a mis un coup : “C’est sympa”.

Et là (Magie Merveilleuse (ou flippante, au choix) d’Internet, je viens juste de relire toute notre correspondance), je lui ai répondu :

“Mais je veux pas faire un truc sympa, je veux faire un truc génial !”

(Garance, petite soeur cachée de Kanye West.)

Le fait est qu’il m’avait dit ce que j’avais besoin d’entendre et que grâce à lui, j’ai pris ma décision. Après avoir pleuré deux heures toute seule, deux heures au téléphone avec Scott*, et deux heures avec mon éditeur, j’avais abandonné le projet et là, tout naturellement, j’ai commencé à revivre. (Link)

On ne fait pas un livre parce qu’on vous le demande (même gentiment).

Donc je n’y ai plus trop pensé, jusqu’à ce fameux matin de rêve éveillé.

Là soudain, non seulement j’ai vu mon livre, mais surtout, j’ai eu l’impression que je voulais faire ce livre un peu pour moi (“Hi, I’m Mado Garance !”), mais surtout pour les autres (je sais, vous venez comme moi d’avoir l’étrange feeling de lire un texte d’Oprah, mais avouez qu’Oprah a souvent raison !)(et qu’elle est une actrice géniale, vous avez vu The Butler ?).

Bref, un livre fait avec la même émotion que quand j’envoyais un colis à ma meilleure amie quand j’avais 15 ans, et que je voulais le remplir d’amour et de lettres et de cadeaux et de belles choses qui la surprendraient, la feraient rire et la rendraient heureuse.

J’ai décidé que c’était le moment de me lancer.

Après ça, le reste est presque trop frais pour que je vous le raconte (mais promis croix de bois croix de fer, je vous raconterai parce que c’est intéressant et drôle et que le monde de l’édition est presque encore plus dingue que le monde de la mode) mais j’ai rencontré un agent, créé un “book proposal”, rencontré plein d’éditeurs dans une sorte de speed dating** assez fascinant.

Puis enfin, j’ai choisi l’éditeur qui avait le regard le plus critique possible sur mon travail et une esthétique qui se rapproche la plus de la mienne, et on a décidé de se lancer ensemble.

Mon éditeur est donc Spiegel et Grau, chez Random House – et je vous tiendrai au courant quant à la sortie du livre dès qu’on aura décidé.

Et voilà ! C’est annoncé ! Et officiel ! Et tout ! Je ne vous en dis pas plus sur le livre, mais si vous avez des choses que vous adoreriez y voir, c’est le moment de m’en parler !!!

Je vous embrasse bien fort, ainsi que Madonna, Oprah et Maître Yoda.

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* Par souci d’objectivité, j’ai laissé cette citation telle qu’elle était apparue la première fois sur ce blog telle quelle, mais je dois vous avouer que c’est l’amnésie totale quant à mon désir de devenir Madonna.

*Je lui ai demandé s’il s’en souvenait, il s’en souvient très bien. “J’étais à l’aéroport, tu as pleuré pendant deux heures.” Il m’avait dit : “Don’t do it if you don’t believe in it”.

*** En fait, c’est plutôt comme le “Bachelorette” où c’est à moi de donner des roses à des gens me faisant des propositions toutes plus alléchantes les unes que les autres.

PS : Boucles d’oreilles inspirées par des Mario Testino (oui).