J’aime parler sur ce blog comme je parle à mes amies. C’est pour cette raison précise que j’ai choisi d’ouvrir un blog.

Je ne suis ni Vogue, ni Martha Stewart*, ni un modèle, ni un exemple, même si l’on a tendance à vouloir parfois que j’endosse ce rôle. C’est normal, c’est ce que l’on attend de quelqu’un qui a une certaine influence**.

Mon envie, c’est de vous montrer ce que je vis, sans trop l’enjoliver (même si j’aime les jolies photos) ni super dramatiser (même si je ne vous raconte pas tous mes moments d’angoisse).

Du coup, je suis parfois surprise des réactions que provoquent certains sujets.

Un exemple ?

Un jour, j’ai publié une vidéo où je déjeunais avec mes copines, pendant la fashion week.
Au moment de manger un énorme gâteau, on s’est toutes exclamées que ça craignait légèrement de s’empiffrer comme ça, surtout que ce n’était pas le moment, vu que bon, c’était la fashion week et qu’on avait envie de rentrer dans nos fringues, quoi.

Le genre de trucs qui arrive régulièrement lors d’un dèj entre filles, non ? Franchement.

Et pourtant, tonnerres de commentaires, qui disent en gros :
“Comment peux-tu donner une telle image de la féminité ? Montrer des filles en train de se priver, ça craint ! Etc.”

Mmmmm.

Le truc, c’est que c’est exactement mon but. Parler de la féminité, telle qu’elle est.
Telle qu’on est entre copines. Pas telle qu’on essaye de nous la faire avaler dans certains médias.

Parce que pour une copine qui peut s’empiffrer et rester mince***, 10 d’entre elles sont obligées de faire attention (dont moi)(et j’ai pas dit de s’affamer et d’être anorexiques, hein, mais juste, peut-être, d’éviter de prendre un énorme carrot cake en guise de dessert après avoir juste mangé un énorme déjeuner ?) et que mentir sur ce sujet, moi, c’est ça qui me pose un problème.

Ce qui me pose un problème, c’est que sous couvert de discours déculpabilisant et bien pensant, on préfère qu’une fille hyper mince nous dise qu’elle se gave de burgers.

C’est faux.
Une fille qui se gave de burgers et de carrot cakes, en général, elle grossit****. On est tous d’accord là-dessus.

Si les filles de Sex and the City (puisqu’on en parlait l’autre jour)(et je répète, j’adore cette série) ou de Bridesmaids, ou de tout autre film / série télé / magazine passaient VRAIMENT leur temps à manger comme elles le font à l’écran, elles ressembleraient plus à Lena Dunham qu’à Carrie Bradshaw.
D’ailleurs en passant, merci à Lena aussi de remettre les choses (un peu) à leur place niveau porte-monnaie dans sa série Girls.

Car non, on ne peut pas écrire un article par mois dans un journal et s’acheter une paire de Manolo par jour, Carrie.

C’est dans les films, pas chez les vraies filles.

Et c’est ça qui m’énerve. C’est tellement facile de faire manger goulûment une fille a l’écran (Wooooo, elle mange, elle est comme moi ! Identification totale ! Déculpabilisation !) mais de continuer à la montrer mince comme un top model (Wooooooo, elle grossit pas, mais pourquoi est-ce que moi, quand je mange des cupcakes, mon jean ne ferme plus ? Je dois avoir un problème ? Je suis moche ?), qu’on a vite fait d’oublier que ça, c’est le conte de fée.

Et qu’on pense que c’est ça, le discours à avoir sur la féminité.
On a tellement intégré ce discours que parler des choses autrement fait que nous nous dressons les unes contre les autres.

Moi, ce que j’aime montrer, ce sont de vraies filles qui m’entourent et qui n’essayent pas de nous faire croire qu’elles vivent dans un monde magique où “elles ne mangent que des burgers”, “détestent le sport” et aussi portent des fringues à deux millions de dollars comme si elles tombaient du ciel*****.

C’est ça qui m’avait fatiguée dans les magazines.
Et je trouve ça dommage que petit à petit le ton si différent qu’on avait sur les blogs ait été remplacé par celui qu’on avait toujours connu, où la mode et les gens qui la font semblent si lointains, si parfaits et si inaccessibles.

Et ce qui est dingue, c’est que nous-mêmes nous l’imposions, ce discours. Comme c’est ce qu’on a toujours connu, c’est une sorte de solution de facilité…

Donc, récapitulons. En dehors de quelques filles gâtées par la nature / gâtées par des parents très très riches / de filles qui sont ok pour faire carrément n’importe quoi pour devenir célèbres, les autres doivent :

  • Manger sainement et faire du sport pour être minces*.
  • Travailler pour se payer des vêtements.
  • Travailler beaucoup pour se payer des Manolo tous les jours**.
  • Créer quelque chose de spécial pour devenir célèbres***.

Voilà ce que j’essaye de montrer sur mon blog. Des filles vraies, bien dans leur peau, qui font attention à elles, bossent pour se payer la vie dont elles rêvent et s’amusent en ce faisant, de quelque milieu qu’elles soient issues.

Pas des modèles impossibles de féminité.

Ça me passionne beaucoup plus que les conte de fées. Pas vous ?

——

* C’est bizarre, on n’a pas de modèle comme ça en France. Martha Stewart est la parfaite housekeeper, qui sait entretenir sa maison comme pas deux et en a fait un empire.

** Certes, en ce qui concerne Miley Cirus, les attentes sont légèrement différentes.

*** Il y en a, et à elles je dis : JALOUSIE.

**** À moins qu’elle ait quinze ans, comme les mannequins extra-maigres des défilés de mode, mais c’est un autre sujet.

***** Encore une fois. Pour certaines, les fringues tombent littéralement du ciel (tant mieux pour elles !!!), mais c’est une minorité – une minorité TRÈS visible, je vous l’accorde.

* Si être mince est leur désir, ce qui n’est pas obligatoirement le cas – et un grand sujet sur lequel je vous donnerai mon point de vue bientôt, si vous voulez.
** Et très rarement jet-setter d’une fête à l’autre, comme veulent nous le faire croire certains magazines, à moins que ça ne fasse partie de leur job, comme pour une attachée de presse par exemple.
*** Ok, bon là, j’exagère : on peut devenir connue sans rien faire. Cela dit, être connu, it’s overrated.