“Je crois que je vais tout couper.”

“Ok. Faut qu’on parle.”

Voilà le texto que j’ai reçu de la plupart des copines à qui j’ai demandé leur avis sur mon idée de me couper les cheveux. C’est sûr, l’inspiration que je leur avais envoyée, c’était ça :

Bon, je prenais à chaque fois le temps de spécifier que je ne la voulais pas en version blonde, cette coupe, mais bien en version moi. Mais quand même, par terrible, les réactions.

Il y a eu aussi ça :

T’façons, t’es belle, donc tout te va. (Ma mère, prend pas trop de risques.)
Fais gaffe au look soccer mom. (Une amie qui a trop regardé Friday Night Lights.)
Fonce, si j’avais tes cheveux, je ferais ça tout de suite. (Une amie aux cheveux afro.)
J’ai peur de la texture. Avec tes cheveux frisés, ça va gonfler. (Une amie à queue de cheval perpétuelle.)
Fonce, je sens que tu as besoin de changement depuis trop longtemps. (Scott.)

Et puis là-dessus, il y avait toutes mes questions…

1/ Allais-je ressembler à un homme ?

Je crois que c’est universel, la question qu’on se pose au moment de se couper les cheveux, c’est : “est-ce que je vais perdre ma féminité ?”
Ça n’a rien de raisonnable, c’est complètement archaïque, on le sait toutes, mais ça ne nous empêche pas de flipper.

2/ Allais-je me retrouver avec un Kerry Russell ?

Ça, c’est la deuxième angoisse. Comment mes cheveux allaient-ils réagir à la coupe? Les cheveux frisés étant traîtres, j’avais très peur.

Je me rassurais en me disant que traitement à le kératine me sauverait de n’importe quel faux-pas. Et que je les laisserais assez longs devant pour pouvoir les mettre derrière mes oreilles si le résultat était un désastre.
Et que, au pire du pire, je les gélifierais à la fixation forte jusqu’au moment où ils auraient repoussé, en 2015 à peu près si mes calculs étaient bons. (SOS)

3/ Qui allait couper mes cheveux ?
“Faut que t’ailles voir un bon coiffeur” “C’est hyper important” “Je connais le coiffeur de Rihanna, si ça te dit” (Ah, les gens de la mode…)
Après que tout le monde m’ait fait bien flipper sur la nécessité d’aller voir Le Meilleur Coiffeur Du Monde pour passer au court, j’ai décidé de retourner voir Adrienne, au Drawing Room. Je m’étais sentie particulièrement bien avec elle, et elle avait travaillé sur ma coupe précédente avec l’oeil du tigre et l’attention d’une louve.

Ok… Après des heures et des heures de consultations avec mes amies, avec mon psy (“si vos amis vous disent de ne pas les couper, c’est parce qu’en fait, ce qu’ils vous donnent, c’est leur avis sur eux-mêmes…”) des heures et des heures de recherche d’inspiration, je ne pouvais plus vraiment reculer.

Sauf si Adrienne me disait qu’une coupe courte n’était pas faite pour moi. L’avis de ma coiffeuse, c’était le dernier rempart entre moi et les cheveux courts. Je ne l’aurais pas contredite.

Je lui ai donc parlé de mon idée et montré mes trois cent photos d’inspiration avec ce que je voulais, ce que je ne voulais pas, et même… ce que j’avais eu.

(Ok c’est une photo en pleine repousse hein, soyez indulgents.)

Et j’ai attendu sa réaction.

“Une coupe courte, c’est GÉNIAL !!! Ça va super bien t’aller.”

Bon, ben j’avais ma réponse. Putain de merde (pardon pour la grossièreté mais c’est ce que je me suis dit), l’angoisse de la mort. Je suis passée au shampooing, et senti le plaisir des mains passant dans de longs cheveux pour la dernière fois.

Et là, ce qui s’est passé est bizarre.

J’aurais bien aimé vous dire que j’ai eu des sueurs froides, mais en fait, pas du tout.

Adrienne a divisé mes cheveux en plusieurs parties, formé deux chignons très seyants sur le haut de ma tête et entrepris de couper derrière. Puis les côtés.

J’entendais mes cheveux s’étaler au sol, mais comme pendant une prise de sang, je ne voulais pas regarder.

Et à un moment, Adrienne n’a pas pu s’empêcher de le dire : “À partir de maintenant, c’est trop tard pour reculer.”

Bon, j’avoue, là j’ai eu un peu envie de vomir, quand même.

Puis elle a continué à couper. Trop bizarre.
C’est comme si soudain, on voyait mon visage. Comme s’il s’éclairait, si mes pommettes remontaient. J’ai su qu’au pire du pire, ça irait.

A un moment elle m’a dit : “Je crois que c’est fini !!!”

On a regardé ensemble, et soudain, je me suis entendue dire :
“Si on faisait un peu plus court sur les côtés ?”
J’étais passée du côté obscur de la force.

Elle a rigolé, m’a dit : “Moi aussi, je trouve ! Je n’osais pas te demander…” et s’est remise au travail.

Quinze minutes après, je marchais dans la rue, incapable de visualiser ce qui se passait sur ma tête. Je ne voulais pas envoyer des photos à mes amis, parce que la coupe est le contraire de figée, et qu’à chaque fois que je passe ma main dans mes cheveux, elle change. Mais j’avais rendez-vous avec une amie… Stressstressstress…

Qui a adoré.

(Bon, vous allez me dire, peut-être qu’elle savait que je serais allée me cacher à Girolata pendant deux ans si elle me disait le contraire, mais je vous répondrais, une amie très française, c’est-à-dire quelqu’un qui ne sait pas du tout, mais alors du tout enrober la vérité.)

Ensuite, je suis rentrée chez moi, j’étais complètement bourrée (une margarita me suffit, cheap date) donc j’ai passé une heure devant la glace à essayer de comprendre ce que je voyais, à toucher, retoucher, re-retoucher mes cheveux.

Et le lendemain, test ultime. Lavé mes cheveux pour savoir comment ils réagiraient.

Et en fait, c’est là que le vrai miracle s’est produit. J’ai juste plaqué mes cheveux derrière mes oreilles, pas mis de produit, et attendu. Une heure après, ils étaient comme vous les voyez sur la vidéo (bon ok j’ai rajouté un peu de gloss), et tout ça sans kératine.
Ça c’était vraiment l’inconnue de l’équation, mais maintenant je le sais – mes cheveux ont une bonne texture pour être courts.

Je suis aux anges.

Depuis, je me régale des cris que les gens que je connais poussent quand ils me voient. Tout le monde aime (mais bon, tout le monde n’est pas français)… Et maintenant le test ultime ultimeeeeeeeee… Et vous ?

Merci à Adrienne et Clyde au salon The Drawing Room ! Mon tee-shirt vient de chez Maison Labiche et vive Pharell et Robin !