nina-garcia

La première fois que je suis rentrée en contact avec Nina Garcia, c’est à travers ses livres, de petits précis de style hyper beaux et bien faits.
Puis j’ai appris qu’elle faisait partie de l’équipe des juges sur Project Runway, l’émission de télé-réalité qui a un succès fou aux États-Unis depuis plus de 10 ans. Elle est aussi creative director du magazine Marie-Claire et c’est l’une des personnes que j’aime le plus suivre sur Twitter.

Bref, la carrière de Nina m’intéresse beaucoup, cette manière tranquille d’arriver à trouver l’équilibre entre chacune de ses activités et aussi capacité à évoluer avec son temps. Je me suis dit que la fashion week serait un bon moment pour aller lui rendre visite, dans ses bureaux lumineux et haut-perchés…

Le métier dont vous rêviez enfant ?

J’ai grandi à Barranquilla en Colombie, un port industriel situé à la pointe nord-ouest de l’Amérique du Sud, et là-bas, la mode, c’était juste les couturiers. Je ne pensais pas que ça pouvait aussi être tous ces autres aspects. En tout cas, toute petite déjà, je me suis intéressée à la mode. Je fantasmais sur cet univers et je passais des heures à faire des croquis. J’ai eu de la chance d’avoir trouvé ma voie si vite.

Comment faisiez-vous pour vous tenir au courant ? Vous achetiez des magazines ?

Oui ! On recevait un magazine étranger, Vanidades. Il existe toujours. Et, j’étais la petite dernière, quand je suis arrivée, mes parents étaient plus âgés, ils avaient plus de temps à me consacrer. Mon père adorait voyager, il me faisait donc parfois manquer l’école pendant deux mois et m’emmenait en Europe ou ici [New York]. C’est là que je me tenais au courant : je voyais les magazines, les vêtements.

Que faisaient vos parents ?

Mon père avait une société d’import. Il travaillait beaucoup avec l’étranger, donc on voyageait souvent.

Ma mère n’a jamais travaillé. Elle adorait la mode et son placard était une oasis de couleurs, de coupes et d’imprimés, sans compter tous les escarpins que je rêvais de porter. Tout était rangé dans un grand dressing dont l’accès m’était interdit. Je crois que c’est ce qui a aussi piqué ma curiosité, comme tous les interdits. C’était vraiment la caverne d’Ali Baba. Cette débauche de bijoux, des couleurs, des vêtements, des chaussures… je mourais d’envie d’y aller.

Je crois que tout ça tient aussi au fait qu’en Amérique latine, les femmes s’apprêtent beaucoup. On s’habille, on se maquille, on va chez le coiffeur, c’est culturel. Ma mère ne sortait jamais sans s’être mis du rouge à lèvres. C’était impensable !

Diriez-vous que votre éducation a modelé votre regard sur la mode ?

Je crois qu’elle y a contribué. Quand j’ai déménagé aux Etats-Unis, ça a été un drôle de choc culturel. Pourtant, j’y étais déjà venue plusieurs fois, je croyais me sentir « américaine » et comprendre la culture, mais en arrivant, je me suis rendu compte qu’en fait, je ne connaissais encore rien.

Qu’est-ce qui s’est passé ensuite ? Pour vous, la mode, c’était forcément devenir créatrice ? Vous n’aviez pas encore compris l’éclectisme de cet univers ?

Non, et en plus, en Colombie, il n’y avait pas de couturiers. Il y avait juste une femme, une amie de ma mère, qui avait ouvert sa propre boutique. Je la trouvais vraiment super moderne ! Elle avait une boutique, elle travaillait elle avait accès à l’univers de la mode. C’est le seul modèle que j’ai eu.

Bref, ensuite, je suis arrivée aux Etats-Unis, dans un pensionnat. La situation en Colombie était vraiment devenue critique à cause de la drogue. C’était la fin des années 80, il y avait beaucoup d’enlèvements, beaucoup de problèmes d’insécurité, beaucoup de violence. Tous ceux qui pouvaient partir sont partis. Donc je suis venue poursuivre mes études ici.

Vous aviez quel âge ?

15 ans. Mais je rentrais en Colombie pour les vacances. Du coup, je me suis vraiment concentrée sur mes études.

Après le bac, j’ai pas mal pensé à ce que je voulais faire mais ce n’était pas très clair. Je me sentais un peu coupée de la réalité. En revanche, dès que j’ai commencé à travailler, j’ai tout de suite senti que le fait que je ne sois pas américaine m’aiderait à aborder les choses avec un point de vue différent. Je ne dis pas que mon regard était plus juste, mais simplement que j’envisageais la mode avec du recul. Je considérais vraiment ça comme un atout, à tel point qu’effectivement, ça a été un plus ! J’avais la certitude que j’apportais un regard neuf.

Avez-vous fait des études de mode ?

Je me suis inscrite à l’université de Boston. Mon père tenait vraiment à ce que je me construise une carrière, que je ne me cantonne pas à la mode. D’une certaine manière, il a eu raison. Donc, j’ai fait des études d’art à Boston, et ensuite, j’ai déménagé à New York où je me suis inscrite au Fashion Institute of Technology [l’une des meilleures écoles de mode de New York]. J’y ai fait des études de mode et de marchandising de la mode. A ce moment-là, j’avais déjà compris que je n’étais pas faite pour la création.

Comment vous en êtes-vous aperçu ? Scott a vécu exactement la même chose.

J’ai vraiment vu ce qu’était le talent ! Je m’extasiais : « Ouah ! Ces gens sont vraiment super doués ! », j’avais vraiment l’œil pour ça. Au fond de moi, je savais que je manquais de créativité pour dessiner des vêtements. Mon passage par le FIT a vraiment été super. Et j’étais très motivée, j’avais envie de travailler, de faire des stages, j’en ai fait beaucoup.

Vous vous souvenez de votre premier stage ?

Oh oui, mon premier stage n’a pas été très glamour, c’était une boîte appelée Simplicity Patterns. Je ne sais pas si vous voyez ce que c’est, mais il y a longtemps, il y avait des magazines dans lesquels on trouvait des patrons. J’ai vraiment l’impression d’être une antiquité à raconter ça.

Mais ça existe encore !

Bon, j’ai travaillé là-bas, j’archivais les magazines et les patrons. Mon deuxième stage a vraiment été déterminant, puisque c’était chez Perry Ellis, la collection grunge de Marc Jacobs.

C’est génial !

Je me souviens encore de mon arrivée, c’était vraiment fou. Marc Jacobs était au sommet de son art. Ça a aussi été l’occasion de rencontrer plein de gens qui sont toujours dans la mode. Il y avait Robert Duffy, Josh [Joshua Schulman] –l’actuel directeur de Bergdorf Goodman – qui était au service des ventes… et plein de gens qui travaillent encore avec Marc, c’était vraiment dingue.

Et donc vous avez vu tous ces gens à l’œuvre ?

Moi, j’étais stagiaire, donc j’étais un peu dans un placard. Je vérifiais les sacs, je les étiquetais, je vérifiais qu’il y avait autant de chaussettes que de Birkenstock, je veillais sur les milliers de petites chaînes. Quand j’envoyais les chaussures à Vogue, je devais m’assurer qu’il y avait cinq chaînes … Bref, j’emballais, je déballais. J’étais vraiment dans mon coin !

J’accueillais les rédactrices, je leur proposais quelque chose à boire. Comme une stagiaire classique. Et la vie réserve parfois des surprises : c’est là que j’ai rencontré Carlyne [Cerf de Dudzeele]. A l’époque, elle était rédactrice en chef chez Vogue, elle est arrivée au showroom, vêtue de Chanel des pieds à la tête, elle était hyper enthousiaste et je me suis dit : « Cette femme est vraiment géniale. »

C’est l’époque où elle a fait cette célèbre couverture de Vogue…

C’était fantastique ! Et elle est toujours fantastique ! Toutes les filles qui travaillent avec moi la considèrent toujours comme une référence, mais à l’époque, elle m’avait vraiment impressionnée.

Bref, à l’époque j’en étais au point où je me disais « ça a l’air intéressant, ce boulot ». Je n’avais jamais vraiment envisagé de bosser pour un magazine, mais à mesure que je rencontrais des journalistes et des rédactrices, j’étais de plus en plus intéressée : elles avaient la chance de tout voir. Du coup, j’ai commencé à m’y intéresser de plus près. Des années plus tard, Carlyne a travaillé avec moi chez Elle. La boucle était bouclée, on est devenues de bonnes amies, c’était un peu un rêve qui devenait réalité. Pour en revenir au stage, Marc Jacobs a quitté Perry Ellis pour prendre un peu de recul, et moi j’ai utilisé tout le réseau de contacts que je m’étais constitué pour trouver un poste d’assistante dans un magazine. Ça a été Mirabella ; c’est là que j’ai fait mes débuts dans la presse magazine.

Vous avez débuté en tant qu’assistante ?

Oui.

Assistante de qui ?

D’une rédactrice.

Peu à peu, je suis devenue une espèce de rédactrice adjointe, j’avais plus de responsabilités. Ensuite, je suis arrivée chez Elle. Et j’y suis restée 13 ans. A l’époque, cette marque m’a vraiment parlé : elle était française, étrangère, différente.

Carlyne y travaillait, Gilles [Bensimon] aussi ; c’était vraiment une chouette époque. Tout était possible.

Chez Elle, quel a été votre poste au début ?

J’ai débuté en tant que rédactrice adjointe. Ensuite, je suis devenue Senior Fashion Editor et en 2000, rédactrice en chef mode du Elle. C’était vraiment chouette, j’ai beaucoup aimé y travailler.

Après Elle, vous êtes allée chez Marie Claire ?

Oui, je suis arrivée ici en 2008.

Quel est le rôle de la directrice artistique et que faites-vous exactement chez Marie Claire?

Eh bien, la directrice artistique supervise le magazine de la première à la dernière page. On choisit les photographes, on les rencontre, on sélectionne les stylistes, on définit l’état d’esprit du magazine.

Pensez-vous qu’aujourd’hui, on puisse encore évoluer dans la mode comme vous l’avez fait ou est-ce que les choses ont changé ?

Les choses ont beaucoup changé… parfois en mieux. Je pense que lorsque l’on est motivé et qu’on veut réussir dans la presse magazine, il y a quelques règles à suivre. Il y a les stages, la constitution de son réseau… mais il y a aussi beaucoup plus d’occasions à saisir. Quand je vois la nouvelle génération de femmes autour de moi, je suis vraiment très fière d’elles.

Aujourd’hui, on est aussi plus libre, on peut avoir son site, son blog et connaître le succès grâce à ça. C’est vraiment une chance inouïe ! S’il y avait eu ça à mon époque… Franchement, je ne sais pas si j’aurais pu faire tout ça. Mais je trouve bien que les femmes se lancent, qu’elles soient motivées, que même très jeunes, elles aient un avis et qu’elles l‘expriment. Je trouve génial qu’il n’y ait pas de règles. C’est une époque vraiment extra.

Et la télévision, comment est-ce que ça a commencé ? Ils sont venus vous voir directement ? Je suis vraiment curieuse de savoir.

Au départ, j’étais très sceptique.

Un jour, au bureau, j’apprends qu’il est question de faire une émission télé sur la mode et je me dis : « Ah bon ? C’est vraiment pas une bonne idée… la télé, tout le monde s’en fiche. » En plus, la télé, il faut savoir que ça me pétrifie. Les producteurs sont arrivés et ils ont rencontré plusieurs personnes du magazine. C’était l’époque où ma mère était très malade, en Colombie.

Bref, ils sont arrivés, ils m’ont demandé ce que j’en pensais et si j’étais intéressée. Je leur ai dit : « Je ne sais pas si ça intéressera les gens, c’est vraiment un tout petit monde, très fermé… » Je leur disais que je n’avais pas le temps. C’est vrai, je me rendais deux fois par mois en Colombie pour être avec ma famille. Bref, je leur ai dit que je n’étais pas intéressée en invoquant toutes les raisons possibles.

Mais plus je résistais, plus je penchais vers le «non », plus ça leur a plu que je reste moi-même, que je ne sois pas plus enthousiaste que ça. Du coup, ils me voulaient vraiment. Je leur ai donc dit : « D’accord, je vais le faire, mais je veux qu’on soit deux, parce que je ne pourrai pas être là tout le temps, je voyage beaucoup, je dois m’absenter. Il faut qu’on fasse ça à deux, moitié-moitié. »

Il y avait Michael [Kors], que je connaissais. Ça, c’était génial. On était amis, je savais qu’il était très intelligent, plein de bons sens. Je connaissais aussi Heidi, on avait déjà travaillé ensemble plusieurs fois, on s’entendait bien. Bref, j’aimais bien les intervenants. Mais après le premier épisode, je me suis dit « C’est terminé, jamais plus personne ne voudra me faire travailler dans cette ville. » Mais bon, voilà, je l’avais fait. Tant qu’on n’essaie pas, on ne peut pas savoir.

Et chez Elle?

Cette opportunité est venue directement du groupe d’édition. Ce n’est pas une idée de la rédactrice en chef ou de la directrice artistique. Je remercie vraiment le groupe d’édition, c’est lui qui a vraiment décidé de donner une visibilité différente au magazine, et ça a été une super idée. Ça a marché.

Et alors, ça vous a fait quoi ? Votre nom a commencé à devenir connu d’un plus large cercle que celui de la mode.

Je me suis rendu compte que l’émission avait du succès en allant aux défilés. Tout à coup, toutes les rédactrices se précipitaient sur moi, il y avait Hamish [Bowles], Bee, la fille d’Anna [Wintour], tout le monde voulait que je leur parle de l’émission. Et moi, j’étais là : « Vous voulez dire Project Runway ? » « Oui ! Qui est-ce qui gagne ? » J’ai compris que si eux regardaient l’émission, tout le monde la regardait, car c’est vraiment un microcosme. C’est un milieu à la fois très concurrentiel et très critique.

Là, je me suis dit que j’étais tirée d’affaire. L’émission a commencé à marcher de mieux en mieux et le magazine en a profité, grâce à la visibilité que lui offrait l’émission. Moi aussi, j’en ai aussi profité, bien sûr.

Comment avez-vous géré cette célébrité toute neuve ?

Je n’y étais pas préparée. Je crois qu’il y a des gens qui adorent ça, mais moi, je n’étais pas prête et je ne crois pas que je le sois encore. Mais ça va, je crois que je n’ai pas changé, ça m’a juste ouvert d’autres horizons… il y a tellement de voies possibles. Franchement, s’il n’y avait pas eu l’émission, je crois que j’aurais continué à travailler pour le magazine sans penser aux opportunités qui potentiellement pouvaient s’offrir à moi, ça m’a vraiment ouvert les yeux.

Bon, ça a quand même donné lieu à pas mal de tensions au sein du magazine. C’est un peu le revers de la médaille. Bien sûr, les gens étaient ravis que le Elle soit l’objet de tous les regards, mais ça ne plaisait pas à tout le monde que je sois devenue « la vitrine » du magazine. Une rédactrice a été contrariée de se sentir un peu exclue, ça a donné lieu à pas mal d’hostilités et de manœuvres politiques au sein de la rédaction, ce qui m’a vraiment peinée. Rétrospectivement, je me dis que c’est quand même une bonne chose, ça m’a vraiment permis de m’intéresser à d’autres choses, c’est là que j’ai commencé à me lancer dans mes projets de livres, c’était une nouvelle vie qui commençait.

J’ai acheté tous vos livres avant même de vous connaître. De quand date le premier ?

Ce devait être en 2007 parce que j’étais enceinte de mon premier enfant. J’écrivais tout en travaillant chez Elle, j’avais l’impression d’avoir deux bébés ! Je ne savais pas ce qui me stressait le plus, la perspective du bébé ou du nouveau livre ? Je n’arrêtais pas, je faisais tout en même temps.

D’où vous est venue l’idée d’un livre ?

Je ne sais pas, j’adore et j’ai toujours adoré communiquer avec les lecteurs. J’adore écrire et communiquer ce que je vois ou ce que j’ai appris. On faisait le magazine et moi, je rêvais de faire un livre dans lequel j’aurais mis tout ce que je sais ! On était en 2004, j’étais déjà dans l’émission, les gens n’arrêtaient pas de me demander : « Qu’est-ce que je dois mettre ? Qu’est-ce que je dois faire ? Et la mode, c’est comment ? Comment ça marche ? ». Du coup, comme j’avais toutes ces informations, je me suis dit que j’allais les compiler.

C’est ce que je suis en train de faire…

C’est un travail énorme.

Quand on veut bien faire les choses, et vos livres sont vraiment géniaux, ça doit effectivement être un travail de titan.

Oui, vraiment. Je ne voulais pas d’un livre avec des photos, je voulais quelque chose de plus intemporel, avec des illustrations. Et sans l’aide de Ruben [Toledo, un illustrateur de mode très connu], j’avais décidé que le livre ne se ferait pas. C’était aussi simple que ça. J’ai adoré travailler avec lui, il a vraiment mis en scène mes mots de façon incroyable… j’ai eu beaucoup de chance.

Ensuite, il y a eu les autres livres! Celui qui m’a donné le plus de satisfaction, c’est The One Hundred, c’était vraiment sur la façon de se faire une garde-robe idéale, en ne gardant que les classiques et les pièces qui nous tiennent à cœur. Ces vêtements qu’on arrête parfois de porter quelque temps mais vers lesquels on finit toujours par revenir. Ça a vraiment été un très bon moment.

Vous communiquez avec les gens à travers vos livres mais aussi grâce aux réseaux sociaux. C’était stratégique de votre part ou est-ce que c’est venu naturellement ?

Ça a commencé avec l’émission de télévision. Est-ce que c’est venu naturellement ? Non, pas vraiment, parce que les réseaux sociaux ne sont pas vraiment quelque chose de « naturel » pour les gens de ma génération, mais j’ai commencé à en comprendre l’importance, notamment par le biais de l’émission. J’avais envie de savoir ce que les gens pensaient de mes commentaires, des autres intervenants… j’étais très curieuse ! Comme c’était intimement lié à la mode, avec les défilés, j’ai endossé mon rôle de rédactrice mode, tout naturellement. Je veux que mes lecteurs et mes followers voient ce que je vois. C’est quelque chose que j’aime faire, ça me fait vraiment plaisir de pouvoir partager ça.

Comment avez-vous choisi les réseaux sur lesquels vous seriez plus active et ceux sur lesquels vous seriez plus en retrait ?

Je ne peux pas être partout, mais je pense qu’Instagram, Tumblr, Twitter et Pinterest sont les plus intéressants pour se renseigner, s’informer et communiquer sur la mode.

Comment utilisez-vous ces différentes plateformes ? Vos tweets ont l’air très personnels. Y a-t-il des gens qui vous aident ?

Mon équipe ici [chez Marie Claire] m’aide beaucoup ; j’ai tout un pool de rédactrices qui m’aident beaucoup. Je ne peux pas tout faire, mais quand je suis sur les défilés, je communique de façon personnelle. Idem pour les showrooms. Mon compte Twitter, c’est vraiment moi qui l’alimente. Mon profil Facebook est surtout consacré à l’émission. On essaie d’être présents un peu partout. Mais c’est du travail et j’ai besoin d’aide Et mes journalistes m’aident beaucoup.

Avez-vous déjà fait des bourdes sur les réseaux sociaux ?

Mais bien sûr, ça m’arrive tout le temps ! Comme je n’y vois rien, j’écris très mal, je m’emballe et du coup, je fais plein de fautes d’orthographe !

Ce que je trouve génial, ce que vous réussissez à communiquer avec vos lecteurs anglophones et vos lecteurs hispanophones à la fois.

Oui, ça compte beaucoup, pour moi. Tout le monde ne sait pas que je suis colombienne malgré mon nom, Garcia, qui est pourtant un bon indice. J’aime communiquer avec les hispanophones, je vais souvent en Amérique du Sud. J’ai aussi envie que mes enfants parlent espagnol et qu’ils connaissent la Colombie, c’est aussi ma culture.

Quand vous « parlez » en espagnol avec vos followers sur Twitter, est-ce que vous avez peur que vos followers anglophones se sentent exclus ? Ou est-ce que vous faites ça spontanément, sans y penser ?

Je n’y pense pas, je le fais de façon spontanée et on ne me l’a jamais reproché. Au contraire, je pense que c’est très positif. Ça intéresse les gens, du coup, ils me disent : « On ne savait pas que vous parliez espagnol. On est vraiment fiers de vous. » Et puis aux Etats-Unis, il y a énormément d’hispanophones. Donc, franchement, je me fais plaisir et je vais continuer.

Des déconvenues avec les réseaux sociaux ? Twitter peut vraiment être cassant, parfois.

Il y a eu un petit incident. J’étais au cirque, une histoire d’éléphant, je crois. Je me suis emballée et j’ai écrit : « C’est super, je suis au cirque et je vois un éléphant ! » Et j’ai reçu des messages du genre : « A bas la cruauté animale ! »

Comment gérez-vous ça ? Vous laissez passer ?

Oui, je laisse passer.

On ne sait jamais quand ça va frapper !

Mais ça arrive, c’est la vie.

Et dans ce cas, vous êtes du genre à ne pas regarder ?

Je ferme les yeux.

Vous ne ripostez pas ?

C’est exact. Et à la télé, quand je dis quelque chose qui ne plaît pas aux gens ou que je critique un créateur qu’ils aiment, j’ai droit au même genre de commentaires : « Elle a vraiment été dégueulasse avec untel ! »

Justement, je voulais vous interroger à ce sujet. J’ai toujours l’impression que la mode est souvent présentée de façon caricaturale à la télé. Qu’elle n’a rien à voir avec ce que c’est vraiment. Comment arrivez-vous à faire la part des chose ?

C’est délicat, la télévision, parce que le montage est fait par une tierce personne. Si par exemple je dis « J’adore ta coiffure mais je n’aime pas trop ton collier », ils couperont « J’adore ta coiffure » pour ne garder que « Je n’aime pas trop ton collier », ils ne gardent que le négatif. Mais je crois qu’il faut rester soi-même. C’est pour ça que les gens adorent Michael, il est très naturel. Moi, j’ai l’impression d’être honnête, de manière générale. Peut-être qu’ils me montrent un peu plus dure que je ne le suis vraiment à cause de ma façon de m’exprimer. Comme je l’ai dit, souvent, ils ne gardent que ce que j’ai dit de négatif, pas le positif.

Avez-vous parfois envie d’avoir un droit de regard sur le montage ?

Au début, j’étais vraiment contrariée, voire même mortifiée. Un soir, je suis allée à un dîner et quelqu’un m’a dit : « Ah, mais c’est toi, la méchante juge, la garce. » Je suis partie en larmes. Donc oui, au début, ça m’a gênée. Mais avec le temps, l’émission a changé et s’est bonifiée. Dès qu’on donne son accord pour ce genre d’émission, on ne peut plus revenir en arrière. A moins d’être le producteur de l’émission, de faire la pluie et le beau temps, et d’avoir accès aux rushs, on n’a pas son mot à dire.

Comment arrivez-vous à trouver un équilibre entre ce que vous aimez faire et ce que vous faites ? Pensez-vous parfois à tout abandonner pour la TV ?

Oui, j’y ai pensé. Tout simplement parce qu’une fois qu’on commence à faire de la télé, on a un agent qui vous serine à longueur de temps : « Arrête de bosser dans la presse magazine, viens à Hollywood, on va devenir riches. » Mais la vérité, c’est que j’aime faire ce que je fais. C’est vrai, j’aime la télé, mais au fond, je reste une rédactrice. C’est ce qui me fait vibrer, c’est ma passion. J’adore les défilés, les lecteurs, j’adore créer le magazine, trouver le photographe auquel personne ne s’était intéressé pour faire de belles photos et… je continue à aimer ça. Tant que je pourrai faire les deux, je serai vraiment contente.

Vous avez une grosse équipe avec vous, au magazine et à la télé ?

Mes assistantes sont toujours avec moi. On collabore de façon très étroite. J’adore nourrir de jeunes talents. J’aime repérer les filles avec qui je sens que j’aurai des affinités, j’adore trouver de nouveaux collaborateurs. Ils me donnent de l’énergie, ils sont à la fois mes yeux et mes oreilles. Donc je fais très attention à ça, j’ai vraiment besoin d’apprécier les gens avec qui je travaille. J’aime aussi leur offrir une promotion, leur permettre de réaliser leurs rêves. Je suis très proche de mon équipe.

Comment fonctionne un magazine avec les révolutions qui ont sévi dans la mode et la technologie ?

Tout le monde sait maintenant qu’il n’y a plus qu’un seul support. Alors qu’avant on ne s’adressait qu’à nos lecteurs, on a maintenant la possibilité de toucher tous ces autres lecteurs potentiels. On continue à progresser dans ce sens, je ne dis pas que c’est parfait, mais c’est intéressant de toucher de nouvelles cibles.

Quand j’ai débuté dans la mode, on allait en Europe voir les défilés et les photos n’étaient disponibles que deux semaines plus tard. C’est pour ça que toutes les rédactrices étaient armées d’un carnet et qu’elles faisaient des croquis. Maintenant, tout est disponible instantanément, tout va très vite. Il n’y a plus vraiment de saisons, on est dans l’immédiateté. Instagram, c’est exactement ça, c’est sur le vif.

Vous pensez que ça va faire évoluer la Fashion Week ?

Je pense que tout ça va finir par changer. Il le faut. Tout va trop vite pour que ça reste comme ça. On a l’impression de nourrir un monstre insatiable. Et du coup, tout devient vite ennuyeux.

Nous, journalistes, ça nous oblige à être encore plus créatifs et à vraiment donner une personnalité à notre magazine.

Vous supervisez tous les supports de Marie Claire ?

Non, mais je travaille avec tout le monde.

Est-ce que vous vous réunissez pour vous demander : « Quel est notre message ? » Est-ce que vous avez l’impression de devoir faire encore plus attention à ce que vous dites ?

Oui, il faut vraiment bien réfléchir. Une fois encore, c’est à nous rédactrices et journalistes de faire notre boulot, de faire des choix, trop d’information tue l’information.

Comment arrivez-vous à faire tout ça en étant mère de deux enfants ?

Je ne sais pas ! Comment est-ce que je fais ? J’ai un mari qui m’aide énormément, j’ai beaucoup de chance. C’est un super papa. Mes enfants sont ma priorité. Longtemps, j’ai cru qu’il était impossible de tout mener de front, que le fait d’avoir des enfants m’empêcherait de rester concentrée sur mes objectifs. J’avais peur de perdre ma motivation en ayant des enfants.

Mais en fait, c’est tout le contraire, et peu de personnes vous le disent. Avec des enfants, on est plus efficace, plus concentré. On travaille mieux, on est plus efficace parce qu’on a envie de rentrer chez soi plus vite. Tout devient plus rationnel : j’adore ce que je fais, mais j’aime aussi jouer mon rôle de maman. Je suis donc très organisée pour pouvoir passer un maximum de temps chez moi.

Le seul truc qui pâtisse vraiment de tout ça, c’est ma vie sociale, je n’ai pas d’amis. Tout le monde pense que jamais plus je ne ressortirai de chez moi ! Je suis dans ma forteresse. C’est vrai !

Il faut faire des concessions.

Et c’est vraiment ma seule concession. C’est vrai, je n’ai pas d’amis.

Et vous prenez du temps pour vous ?

Non !

Vous faites du sport ?

Parfois ! je me dis : « Tiens, je me ferais bien faire un massage, un soin… », mais finalement, je n’y arrive pas parce que je n’ai pas le temps. Quand j’ai du temps, j’ai vraiment envie de le passer avec mes enfants, c’est ma priorité.

C’est gratifiant, j’adore ça. En plus, ça permet de prendre un peu de recul, parce que dans l’univers de la mode… C’est un monde très séduisant, passionnant…. Mais on peut facilement y laisser sa peau.

Et ça ne s’arrête jamais ! Il y a toujours quelque chose de nouveau.

Oui, bien sûr ! C’est un cercle sans fin dans lequel je pourrais me perdre. On enchaîne les défilés, les saisons…. Et on parle toujours de changement, de nouveauté, on est vite pris dans une spirale dont il est difficile de s’extraire pour avoir une vie privée. Mais c’est un équilibre nécessaire, je pense que c’est sain.

Diriez-vous que l’apparence physique joue un rôle important dans votre métier ? Comment gérez-vous ça, maintenant que vous êtes célère et malgré votre agenda surchargé ?

Mon apparence…. Oui et non. J’adore la mode mais je ne suis pas esclave de mon apparence physique. Il y a plein de gens qui font ça très bien. Moi, je m’habille pour aller bosser mais je n’en fais pas une obsession non plus. Moi, il faut que je me sente à l’aise pour être en confiance.

Les plus gros obstacles que vous ayez rencontrés dans votre carrière ?

La jalousie, la concurrence, la mesquinerie.

Vous répondez, dans ce cas-là ?

Je ne m’en mêle pas. Je prends de la hauteur.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre travail ?

La nouveauté.

Vos conseils à quelqu’un qui voudrait travailler dans la mode, la presse magazine ou à la télé ?

Pour pouvoir commencer dans ce milieu, il faut rencontrer quelqu’un, faire un stage, se trouver un mentor. Je crois beaucoup aux mentors, surtout dans ce milieu. Il faut trouver qu’un qui vous donnera votre chance, et plein de gens seront prêts à le faire si vous travaillez dur et que vous êtes passionné.

De quoi rêvez-vous pour l’avenir ?

J’ai envie de continuer pour voir ce qui va se passer. C’est vraiment une époque passionnante. Je pense notamment aux jeunes qui travaillent dans la mode et qui vivent une époque décisive. Je me considère vraiment comme privilégiée de pouvoir vivre ça.

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66 comments

Ajouter le votre
  • Veronica 25 septembre 2013, 9:17 / Répondre

    Great woman, i love her!!
    Kiss!
    Passa a trovarmi VeryFP

  • CORY SCOTT 25 septembre 2013, 9:17

    Okayyyyy! I get it now! I’ve seen her in so many street style pictures without knowing who she was! She has an amazing career, that’s very inspiring!
    I love that she has a double culture (Garance, rings any bell?) and is that open to editing and creativity.
    Great post G.!
    http://www.thedeepbluecory.com
    Xoxo! Cory

  • Mafalda 25 septembre 2013, 9:17

    Great interview and wonderful lady!
    Mafalda ?
    http://www.mafaldadotzero.blogspot.fr

  • Valentine 25 septembre 2013, 9:20 / Répondre

    Hâte de quitter le boulot pour pouvoir lire tout l’article à mon aise!

    Ou devrais-je me faufiler au toilettes??

    Valentine
    http://blog.valentineavoh.com

  • Gigi 25 septembre 2013, 9:29 / Répondre

    Hello Garance …l’interview est looooongue :)) Et j’aime!
    Cette histoire d’une américaine d’origine colombienne qui s’est fait tranquillement mais sûrement sa place dans le milieu est vraiment motivante. Comme d’habitude cela montre qu’avec du courage et du travail on peur aller là où on veut.

    Bises Garance

  • arli 25 septembre 2013, 9:32 / Répondre

    J’ai également connu Nina Garcia via ses livres! Ils sont géniaux et elle est plein de style!

    http://www.happyarli.com

  • DELPHINE 25 septembre 2013, 9:40 / Répondre

    Whaou! quelle interview.
    c’est très agréable à lire. Son expérience nous donne une autre image des métiers qui entourent le fashion circus.
    Du coup j’ai hâte de pouvoir trouver ses livres.
    Merci Garance de nous avoir fait partager ce moment.

  • Aitana 25 septembre 2013, 9:47 / Répondre

    Je l´aime!!

    Bisous

  • reid.damnit 25 septembre 2013, 9:47 / Répondre

    Love this interview!

  • Camille 25 septembre 2013, 9:52 / Répondre

    Attention, vous faites de plus en plus de fautes d’orthographe ! Je ne sais pas si c’est à la traduction ou à l’origine, mais bon c’est important quand même…
    ps : je vous adore !

  • Rachelle 25 septembre 2013, 9:57 / Répondre

    This is one of my favorite post Garance what an amazing interview and I love Nina Garcia, she’s feminine, smart and so poised.

    xo
    http://pinksole.com

  • Quyen 25 septembre 2013, 10:10 / Répondre

    I love that she engages her Spanish speaking fans! That is so wonderful. I love it when people don’t forget their roots!
    http://liveitinerantly.com

  • FripperyVintage 25 septembre 2013, 10:21 / Répondre

    Great interview, you asked some very interesting tough questions! Very informative.

  • Brigadeiro 25 septembre 2013, 10:23 / Répondre

    Absolutely inspirational!!! I learnt so much about her reading this interview, that I didn’t now before, insightful and inspirational…

    xx

    Brigadeiro’s Blog

  • Cris 25 septembre 2013, 10:32 / Répondre

    I love her!! Great interview!! She’s so stylish and professional!!
    http://heelsandpeplum.wordpress.com/

  • Laura 25 septembre 2013, 10:34 / Répondre

    C’est passionnant de lire tout ça! C’est hyper motivant et ça donne l’impression que tout est possible!

    http://www.laurablogmode.com

  • azrakun 25 septembre 2013, 11:27 / Répondre

    I love everything about Nina! She has impeccable style and a great career. Truly a great full life, it seems..

    http://www.azrakunworld.com

  • frida 25 septembre 2013, 11:31 / Répondre

    This was terrific! Please, more career posts..

  • Belen Baquerizo 25 septembre 2013, 11:44 / Répondre

    Nina Garcia is amazing. I love everything she does. Seriously, such an inspiration and her classy style is out of this world.
    I just started my blog and it’s refreshing to see that someone that has so much experience sees the new generation as exciting; not too many people see it as a good thing.
    Thank you for this interview.
    Xo,
    Belen
    I have a new post on my blog http://www.androbelinsider.blogspot.com visit me!

  • kris 25 septembre 2013, 11:49 / Répondre

    love this interview….just ordered two of her books!!! thanks again for a perfect interview/post….xoxox

  • Manon 25 septembre 2013, 12:23 / Répondre

    Such a great post Garance, absolutely love it!
    I have watched Project Runway for years now, and Nina was always this very honest judge, giving her opinion but also explaining why and how the designer could improve. I am sure she is a great mentor, and her career until now is amazing.
    And it is so interesting that someone who is an insider shares so much with her audience, this year she posted some shows through Google Glass on her Instagram, it was truly awesome to really get to see the show through the editors eyes!
    Favorite career post ever!!

    She Wears: Fashion Illustration Blog

  • Ambyr 25 septembre 2013, 12:35 / Répondre

    Amazing interview. I’ve always loved the way Nina presents herself. She’s poised, raw and seems well educated. Maybe you don’t always agree or understand why someone says something, but Nina always leaves me thinking- I need to research that and find the “why” for myself. I took notes reading this post. Thanks Garance and Nina.

    xoxo
    http://www.thewrittenrunway.com

  • Gabrielle 25 septembre 2013, 12:44 / Répondre

    A very interesting interview! Thank you Garance! xxx

  • Maria 25 septembre 2013, 1:14 / Répondre

    Loved this! Nina is a hard working Colombian with great sense of style!!! Love the lengthy interview! It showcases her perseverance and grace and the depth that comes with a multicultural background! Inspiring. Bravo!

  • Casallina 25 septembre 2013, 1:27 / Répondre

    What a great interview!! I love Nina’s honesty and passion for her job. Thanks Garance for the awesome career posts… truly love your blog.

  • Nathalie - AppsPourLesFemmes 25 septembre 2013, 1:33 / Répondre

    Nina Garcia donne de l’ inspiration!

  • Patty 25 septembre 2013, 1:42 / Répondre

    I loved it!
    I’m posting looks from Los Angeles and accessories:

    http://www.thegavlaks.com

  • sandy 25 septembre 2013, 2:03 / Répondre

    J’aime son élégance naturelle, sa façon délicate de se tenir sur le bureau, et sa silhouette longiligne! On rêverait toutes d’être comme Elle!

    New new new on my French Fashion Blog:
    Italie :)

    http://www.taimemode-fashionblog.com

    Baci baci!

  • Jessica 25 septembre 2013, 2:13 / Répondre

    Très bel article !

    xx.

  • YP 25 septembre 2013, 2:32 / Répondre

    She is fascinating! I am also pursuing a second degree at FIT (oh.. the things we do for fashion), to improve my communication design skills. I knew I wouldnt be a designer for clothing, but magazines and now websites are my calling.
    I hope to move to a happy place my life just like Nina, minus the TV although, for now
    ;)

    Inspiring interview, thanks!

  • Sevan 25 septembre 2013, 2:46 / Répondre

    J’ai suivi les Fashion Runways depuis le debut et de tous les juges, c’etait “l’oeil” de Nina Garcia que je craignais le plus pour les participants ! Super serie.

  • Whyzee 25 septembre 2013, 2:50 / Répondre

    Garance,
    This interview is amazing. Nina is so open and her responses so insightful. I’ve never seen a person sharing so much in an interview. I guess, she is in a very good place right now, very secure with her choices and career. This totally changed my opinion of her as this icy editor. It feels like you two really connected, because of how open she was. You did a great job! Bravo!

  • Elli 25 septembre 2013, 3:11 / Répondre

    excellente interview, tes questions étaient hyper intéressantes et ses réponses très riches… Cela me rend triste qu’elle n’ait pas d’amis car l’amitié est le centre de ma vie et je ne sais pas ce que je ferais sans cette vie sociale riche. Mais je comprends pourquoi elle réussit si bien, il faut en effet faire des concessions – dur choix ! Mais au moins elle a l’amour, elle n’a pas tout sacrifié à sa carrière

  • kittysa fash 25 septembre 2013, 3:47 / Répondre

    She told me right away like the best, and her life story is very good!

  • amanda mu 25 septembre 2013, 3:56 / Répondre

    Beautiful and inspiring interview! Thanks for providing an in-depth trajectory of Nina’s career -the questions were really thoughtful and very specific. I have yet to read Nina’s books, and as a result of this interview, I’m intrigued!

  • Virginie/Mode9 25 septembre 2013, 4:04 / Répondre

    Même prénom que ma fille !! C’est drôle parce que je suis tombée sur cette émission que je n’avais jamais vu il y a 2 jours et je me suis dis “tiens je la connais cette fille” ! Bon très sympa tout ça mais finalement le truc que je retiens c’est “c’est vrai je n’ai pas d’amis” ! C’est juste dingue…
    http://www.mode9.fr

  • marie 25 septembre 2013, 4:53 / Répondre

    Mais Garance!! Tu nous prépares un livre alors??? :)

  • lola 25 septembre 2013, 5:32 / Répondre

    Excellentes questions, excellentes réponses, sincères. Bravo, très belle interview. Merci.

  • The Photodiarist 25 septembre 2013, 7:31 / Répondre

    I really enjoyed this interview. So very informative. You really get a great senses of Nina (my favorite judge in Project Runway for her frankness). Great job and thank you.

  • Emma 25 septembre 2013, 8:44 / Répondre

    I love Nina Garcia. She is my favourite judge on Project Runway – a show I’m completely obsessed with! I don’t normally like reality shows but Project Runway… it’s so creative. I love watching creative people work and push themselves and seeing the amazing things they come up with and the growth and transformation they go through as people and as designers. I think Nina always has the most real and helpful advice for the designers. She always pushes them to be better and gives honest and real insight rather than just funny one-liners.

    I’ve actually learnt a lot from PR about how to conduct myself, how to push through obstacles, how to have the right attitude – it’s really very interesting and important learning tool for me.

  • Emma 25 septembre 2013, 8:46 / Répondre

    I meant to say, as well… I have all of Nina’s books and adore them. I love flicking through them on a rainy day, they always inspire me to do a wardrobe reshuffle and to make that extra effort. Toledo’s illustrations are divine.

  • jessica 25 septembre 2013, 8:52 / Répondre

    Thank you! This is so inspiring that I’ll keep referring back to this post. I really appreciate this!

    Your Friend, Jess

  • Dannellys rosario 25 septembre 2013, 9:39 / Répondre

    She is an amazing person and my dream is to meet her someday in person. Such a privilege to interview her, I would be honored to meet her. Thanks for sharing this amazing interview!

  • Kate 26 septembre 2013, 1:17 / Répondre

    This is such a fantastic interview! Thankyou. It’s so re-assuring to hear that the path we think we’re going to take doesnt always lead where we think. There are so many choices these days with regard to Degrees and study it can be so confusing. I think we all need to go with our gut and take the opportunities that feel right for us. What an amazing life and career Nina has. This makes me so much more determined and optimistic.

  • Sunny Side 26 septembre 2013, 2:50 / Répondre

    Géniale interview, j’adore ! Elle reste elle-même, authentique et ouverte, supportive avec les jeunes ! je ne la connaissais pas, bel exemple dans son humanité et sa passion. Continue ces interviews c’est vraiment énergétique et tellement humain.

  • Yuliya 26 septembre 2013, 3:11 / Répondre

    I’ve been watching Project Runway for years, and it is where I saw and did not like so much Nina Garcia’s so strict comments, but than I edited myself and I started to like her! And, I listened and learned big deal from her just by watching the show. I often think about her and her comments about ‘this is young, this is hip, this is so chick, watch your hem line etc…’ and I do apply them for myself. Great, informative, inspiring post, Garance!

  • PAPIN Salomé 26 septembre 2013, 3:51 / Répondre

    Bonjour,
    Où puis-je trouver les livres de Nina Garcia en français ? ( s’ils existent )
    Merci bcp

  • tripstreasures 26 septembre 2013, 4:29 / Répondre

    Very interesting, love the amount of questions and details :)
    I hadn’t heard of her books, so i’ll look these up

    http://www.tripsandtreasures.net

  • Mireille 26 septembre 2013, 4:32 / Répondre

    Quel interview fascinant….une mine d’informations, magnifique portrait de femme…
    Je m’apprête à entrer dans le monde de la mode via le job d’acheteuse. L’interview de Kate m’a ouvert les horizons l’an dernier, et j’ai construit mon projet à partir de là, j’ai trouvé mon sésame.
    Merci Garance.

  • kate 26 septembre 2013, 9:35 / Répondre

    i love nina! she is fantastic, and i really appreciate this glimpse into her life. great interview!

  • alessia 26 septembre 2013, 9:52 / Répondre

    she is wonderful! i love here job, style and charter <3

    Baci
    Alessia
    The New Art of Fashion

  • Anika Zebron 26 septembre 2013, 11:50 / Répondre

    I was so excited to see this interview with Nina Garcia (yes, I love Project Runway). She has had such an interesting career–great questions about how and where her path has led her so far. These career interviews are definitely favorites of mine to read. Thanks for sharing your own experience, Garance, and those of others too!

  • Capucine 27 septembre 2013, 8:02 / Répondre

    Merci pour cette interview. Elle montre qu’il faut s’accrocher et l’importance de se construire un réseau. J’adore l’honneteté de Nina et ses choix assumés (“je n’ai pas d’amis”). C’est une vraie source d’inspiration. Et j’ai toujours trouvé qu’elle était très bien dans Project Runway et qu’elle a le discours le plus nuancé.

  • Aure-Anne 27 septembre 2013, 8:25 / Répondre

    Merci pour cette interview! Pas toujours facile de débuter sa carrière dans la mode, après 1 an 1/2 en tant qu’acheteuse on a parfois du mal à être assez forte et à persévérer … mais au final si on met cela en perspective sur toute une carrière, les débuts ne sont forcément pas faciles !

  • Ivy 27 septembre 2013, 1:31 / Répondre

    Career interviews are one of my favourite features at your blog Garance! Keep writing and show us more interesting interview from inspiring people!! xxxx

    http://www.mykindofchic.com

  • Le Bazhaar 27 septembre 2013, 2:30 / Répondre

    Merci Garance pour cette interview, j’aime beaucoup lire sur le parcours des gens du milieu (artistique, mode…) parfois ca inspire et encourage dans un univers qui n’est pas toujours facile!
    Vivement la prochaine, biz

  • Isa 28 septembre 2013, 3:12 / Répondre

    Très interessante comme interview et surtout compléte !
    Ce type de trajectoire de vie me fait rêver …. elle est exactement là ou elle avait envie d’être quelques années plus tôt !
    Isa

  • ainhoa 30 septembre 2013, 9:19 / Répondre

    gracias :) !

  • Céline 13 octobre 2013, 8:45 / Répondre

    Merci beaucoup pour cette interview ! Je ne regrette vraiment pas de l’avoir mise de côté pour prendre le temps de la lire.
    Grâce à toi de nombreuses carrières prennent un sens pour moi, alors qu’en général on pense, à tort, que ces personnes sont juste catapultées à ces postes, ou qu’elles sont toutes des parentes d’Anna Wintour et consort (le côté piston en fait).
    Donc merci de donner un sens à ce monde de la mode qui peut paraître très flou vu de l’extérieur.

  • Audrea Rachelle 6 novembre 2013, 4:57 / Répondre

    Oh my gosh! Ha! I love this Q&A but there are so many things that- how do I explain – aren’t English sentences? Lol they don’t make sense! I can kinda follow along but sentences like – You don’t know when it’s going to fall! But it happens! – Funny expression! Great Q&A.

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