Ce coup-ci, je pensais être en phase masterisation. Fashion Week Monster sous contrôle, une garde-robe faite de mes vêtements préférés et de quelques nouveautés cool, mais portables, ambiance totale the new Garance.

Venez, on ne parle même pas de ma nouvelle coupe de cheveux, et des millions de commentaires adorables que vous avez laissés qui m’ont fait ressentir pendant trois minutes (ok, trois heures) (ok, trois jours) ce que ça doit faire d’être Gisele.
Non mais ça va pas d’être aussi gentils ?

(Non, je rigole, continuez tant que vous voulez.)

C’est donc sur mon petit nuage que je me suis dit qu’avant de décoller pour Paris, j’allais me faire un petit trip beauté.
Rien que l’expression franchement, j’aurais dû me méfier.

J’ai pris rendez-vous chez le dermato, chez un coloriste parce que j’avais envie d’une nouvelle couleur, et aussi, je me suis dit qu’une fille aussi cool et organisée que moi ne saurait partir sans une petite épilation, histoire de ne pas avoir à sortir mon rasoir une seconde pendant la fashion week et de pouvoir ne penser qu’à une chose, être divine et fabuleuse.

#MAISQUELLECONNE

#1 Retro-Laser

Rendez-vous pris chez le dermato pour un petit laser. Ma peau est du genre à faire des imperfections, on appelle ça je ne sais plus comment mais – âmes sensibles, arrêtez de lire tout de suite – en gros, c’est comme si certaines de mes glandes sébacées s’excitaient et créaient de petits kystes qui n’attendent qu’une chose, être zigouillés au rétro-laser. Beurk, ouais.

Une fois que j’ai montré à mon dermato les zones à atomiser, cet amour s’en est donné à cœur joie. Bzzz, krshhhhhh, ziiiiioommm, je suis ressortie gaie comme quand on se débarrasse d’un groupe d’invités envahissants. J’allais vraiment être trop belle.

Le lendemain, je croise mon profil dans la glace et, dans un mouvement habituel depuis que je me prends pour Gisele j’ai les cheveux courts, je checke et remets ma mèche en place.

C’est là que je les vois.
Les croûtes. Les croûtes du laser, aussi moches que le mot lui-même (croûte, un mot moche parce qu’il désigne une chose moche ?) (Ou le contraire ?)(Qui de l’oeuf ou la p… Ok) et qui me font ressembler à Garance, 15 ans, passe-moi le Clearasil et remets ce CD (oui mesdames et messieurs, ce CD, on n’était pas du genre à écouter des cassettes, nous.) des Cure.

Argh. Prise dans mon élan beauté, j’avais complètement oublié l’effet secondaire du laser, la croûte.

#2 I don’t care if Monday’s blue, Tuesday’s grey and Wednesday too.

Tant pis, me disais-je, une sublime couleur sur ma sublime coupe de cheveux fera diversion. Et il y a peu de choses qu’une couche de 4 millimètres de fond de teint ne peut cacher, n’est-ce pas, Robert Smith, et j’étais encore galvanisée par le triomphe capillaire des jours précédents.

Direction un coloriste dont je tairai le nom mais qui m’avait été chaudement recommandé. Tellement chaudement que j’y suis allée les yeux fermés.

Je lui ai donné mes cheveux sans y réfléchir, en ne lui donnant qu’une directive :
“Tout ce que vous voulez mais pas plus foncé”
et en étalant sans aucune modestie mon désormais légendaire courage :
“Au printemps, on fera blond platine. Mais si, bien sûr que j’oserai !”.

#LAFILLEINSUPPORTABLE

Deux heures plus tard, après un shampoing et un séchage, je découvre ma couleur dans le miroir et là, /// soudain, une crampe magistrale me tord le ventre. En face de moi, c’est certes un peu moi, mais enfin c’est surtout…

Robert Smith.
Si, si je vous jure.
Touffe noire corbeau avec quelques touches caramel sur les pointes, le truc le moins flatteur (Bonjour les cernes !!! Ça va ?) et le plus déprimant de la vie.

Là j’ai eu envie de pleurer mais je n’en ai rien fait. J’ai ramassé mon courage étalé au sol et j’ai demandé gentiment qu’on me recouvre ces mèches qui donnaient à mes cheveux un air brûlé à l’acide. Puis je suis allée noyer mon chagrin dans la drogue, le sexe et le rock’n roll des millions de textos à mon armée de copines expertes qui ne se sont pas fait prier pour envoyer les directives :

“Refais-toi une couleur !” (Traduction : éclaircis-les) (Traduction : Brûle définitivement tes cheveux)
“Lave-les avec un shampoing anti-pelliculaire !” (Traduction : Qu’est-ce que tu sous-entends par là ?” “Non, rien, paraît que ça fait partir la couleur !” “Ah, non parce que je crois que tu sous-entendais que j’avais des pellic…”)
“Fais-toi un shampoing à l’eau oxygénée !” (Traduction : #fausseamie)

Bon, j’ai pesé mes options, puis décidé de m’attaquer à l’antipelliculaire, ce qui n’a pas fait grand chose. En gros, j’ai décidé d’attendre que ça passe et que ça repousse, live and let live.

#3 L’épilasteakation.

Donc. Là, ça n’allait vraiment pas fort.

Je me suis quand même matérialisée (c’est comme cela que l’on apparaît aux gens quand on rase les murs) au spa en bas de chez moi, la peau d’une ado de quinze ans, les cheveux de Robert Smith, le moral dans les chaussettes et mon ego remis à sa place définitivement sur trois générations.

J’ai renoncé direct à me faire laquer les ongles en rouge, non mais pour qui je me prenais de croire que j’étais une fille au courage beautifical, moi.

Quand même, il restait au fond de moi une dernière étincelle d’amour-propre.
J’ai décidé de faire l’épilation. À défaut d’être soublaïme, je me sentirais nickel.

Je rentre dans la cabine, me mets à moitié à poil et l’esthéticienne commence son travail quand soudain je me souviens…

[Interlude : Nail Spa New Yorkais.
Bon, dans les nails spa new-yorkais, souvent les esthéticiennes ne parlent pas bien l’anglais, mais en revanche, elles parlent très bien leur langue /// et ne se privent pas de la parler devant vous pour que vous ne compreniez pas ce qu’elles disent, du tout. Et allez savoir pourquoi, elles n’ont pas, mais alors pas du tout aimé ma coupe de cheveux et m’ont fait des GRIMACES, oui des grimaces quand je répondais à leur question : “cut your hair ?” donc des grimaces (bon, soit, chacun ses goûts, me disais-je, philosophe), puis elles parlaient ensemble dans leur langue et ensuite, éclataient de rire en me regardant. Je me suis abstenue d’essayer de comprendre leur langue, ou d’en tirer quelque interprétation que ce soit, mais quand même :

#MORTDELEGO
(Pas mort des Legos, mort de l’ego)]

… que mes jambes ne supportent pas l’épilation.
Que la bonne, très bonne raison pour laquelle je me rase c’est que ma peau sensible… s’arrache sous la chaleur.

Coincée sur la table, je demande à l’esthéticienne (qui ne comprend pas un seul mot de ce que je lui dis, bien entendu) de faire hyper méga attention. Elle change trois fois de cire. J’essaye de croire que tout va bien se passer.

Inutile de vous faire un dessin. Me voilà, 45 minutes plus tard, imberbe du sol au plafond, certes, mais la peau aussi appétissante que Freddy des Griffes de la Nuit.(pardon pour le post tout en références 90’s, les enfants, il faut bien que quelqu’un se charge de vous inculquer les principes de base de culture générale).

Je ne pourrai donc même pas utiliser mes jambes pour distraire de ma tête, pendant cette fashion week. Moi qui croyais m’être débarrassée du Fashion Week Monster, il faut que je me rende à l’évidence :

#CECONNEMEURTJAMAIS

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Épilasteakalogue.
(épilogue, quoi)

Bon. Quelques jours et 243 shampoings anti-pelliculaires plus tard, on va dire que ma couleur s’est adoucie. Maintenant on dirait plutôt Kris Jenner, en quelque sorte, ce qui, croyez-le ou non, est définitivement une amélioration. Je supporterai mon noir jusqu’à la repousse. Quant à mon “acné”, ça a fini par cicatriser (une prière pour toi, oh organe magique qu’est la peau) et ma peau est définitivement soublaïme (enfin aussi soublaïme que ma peau puisse être), je vous promets de vous parler de mon nouveau dermato.
Quant à mes jambes, j’ai décidé que de loin, la steakification n’était pas trop visible et que je m’autorisais à porter des jupes, tant pis. (maintenant c’est au tour des poils incarnés de montrer le bout de leur nez)(Oh, joies de la féminité).

Et puis surtout, surtout, ça ne sert à rien d’en faire un drame. Ça repousse, ça se remet en place, ça change. Et ça fait des histoires à raconter !!!