Le Spanx, instrument de torture ou de pouvoir ?

Non, vraiment, vous en pensez quoi ? Parce que, pour moi en tout cas, ça ressemble carrément à un instrument de torture.

MAIS vous savez quoi ? J’en possède une paire. Que j’ai portée. Que j’étais bien contente de porter. Mais une fois la nuit finie et la robe portée, je l’ai jetée au fin fond de mon tiroir de la honte (non, je ne vous dirai pas ce qu’il contient) et essayé d’oublier à jamais que j’avais porté ce truc, tout en gardant à l’esprit l’idée confortable qu’il était là, en cas d’urgence.

JE SAIS, COMPLIQUÉ. JE SUIS UNE FEMME, QU’EST-CE QUE VOUS VOULEZ ?

Avez-vous déjà porté une paire de Spanx ? Ou l’un de ces trucs qui compressent-reshapent-applatissent-les-bourrelets-et-terrassent-la-cellulite et qui sont fait pour que l’extérieur soit au top alors que l’intérieur se tape la honte ? Oui, parce que la plupart d’entre eux sont moches. Il y a la couleur (difficile de rendre sexy une vraie couleur chair), la forme (difficile de rendre sexy un caleçon de cycliste) et ensuite, il a y le trou de la honte, qui est un petit trou placé stratégiquement entre les jambes pour que, si l’envie nous prenait d’aller aux toilettes pendant que vous assistez à la cérémonie des Oscars, on n’ait pas besoin de tout ôter : on peut littéralement faire pipi à travers.
Et la reconstruction d’égo post-toilettes, y a un Spanx pour ça ?

Le truc, c’est que ce n’est pas au Spanx d’être beau. La star, c’est la robe.

(Bon, la vérité, c’est que j’ai trouvé une alternative sublime, mais bon, ça mettrait mon raisonnement direct à la poubelle, donc pour le moment, je me permettrai de garder cette info pour moi, si vous le permettez.)

Le Spanx, c’est un peu comme le Chef de Cabinet de la Maison Blanche. Il est là pour aider le président (dans notre cas, la robe) à être au top. Non, ne me dites pas d’arrêter de regarder Scandal. Je vous promets, j’y travaille.

Donc ok, c’est moche, mais est-ce que ça marche ?

Oui, quand même. Ça compresse carrément. On a l’impression de ne pas avoir à retenir sa respiration pour avoir le ventre plat. Que tout va rester en place. Que tout est sous contrôle.

Ça, c’est le secret. La preuve, c’est que même les actrices les plus parfaites en portent sous leurs robes pour se sentir encore plus parfaites. Se sentir parfaite, c’est l’une des choses qui donne aux femmes une impression de pouvoir, non ?

Donc en ce sens, définitivement un instrument de pouvoir.

Mais – ça ne m’est jamais arrivé mais je peux carrément imaginer la scène – avez-vous imaginé rencontrer quelqu’un juste le soir où vous portez des Spanx, et prier toute la nuit pour qu’il ne vous caresse pas plus haut que le genou ? Ou pire, décidé de finir la nuit chez lui et se battre dans ses micro -toilettes pour les enlever (ces trucs sont hyper galère à enlever) pour le jeter, genre, par la fenêtre ?

Pas super powerful, hein.

En fait, je ne sais pas exactement ce que je pense des Spanx – comme tout ce qui tend à perpétuer le mythe du corps féminin parfait et dur et lisse, ça m’interroge.

Y a-t-il des Spanx pour homme ?
(Bon, ok, oui, mais bon ça mettrait mon raisonnement direct à la poubelle, donc pour le moment je me permettrai de garder cette info pour moi si vous le permettez.) (et en plus, franchement, c’est hyper rare).

Et j’espère qu’un jour les femmes pourront se sentir puissantes dans, et même par leurs imperfections.

Jusque là, mon Spanx continue de vivre tranquillement dans mon tiroir de la honte, prêt pour un jour où j’aurais envie d’abandonner l’idée d’être simplement moi-même.

Qu’est-ce que vous en pensez ? Pouvoir ou torture ?