Ce que j’aime dans nos interviews “carrière”, c’est rencontrer des gens passionnés par leur métier et surtout, mettre en lumière des carrières auxquelles on ne pense pas assez mais qui peuvent s’avérer fascinantes. Il y a tellement de façon de travailler dans la mode !

Aujourd’hui je vous présente Kristy, qui est consultante en ressources humaines ou, comme on dit parfois, head hunter. Elle travaille pour les plus grandes marques (Alexander Wang, Prada, Dior, Fendi, The Row…) en indépendant, et a un parcours carrément fascinant.

Par ailleurs, on a pensé qu’elle serait idéale pour répondre à toutes les questions que vous avez sur les métiers de la mode.
Comment trouver son premier boulot ? Comment évoluer ? Où chercher ? Quelles études faire ? Combien on gagne ?

Si ça vous intéresse, commencez par lire cette interview (on y apprend plein de choses passionnantes) et rendez-vous dans les commentaires pour nous poser vos questions. On fera un Q&A avec Kristy qu’on publiera dans les semaines à venir. Voilà ! Bisou !

Qu’est-ce que tu rêvais de faire plus tard, quand tu étais petite?

Ma mère est prof de musique et mon père est pilote de ligne. Mon oncle est auteur-compositeur et mon frère, chanteur lyrique. Petite, je ne connaissais personne qui faisait du «?business?». Les seuls autres exemples de carrière, en dehors de ma famille, c’était commerçant, médecin ou avocat.

Moi, je voulais être orthodontiste. J’allais chez un orthodontiste génial. Il avait son propre cabinet et j’aimais bien l’atmosphère de cette petite entreprise.

Il avait l’air d’avoir une vie vraiment sympa. J’avais envie d’être indépendante, d’avoir ma propre affaire, et je pensais que ce serait dans le domaine médical. Du coup, je me suis orientée vers une prépa médecine.

Tu as commencé par une prépa médecine ? Dans quelle fac ?

J’étais à l’University of Texas d’Austin. J’ai commencé par une prépa médecine avec une spécialisation en chimie. Et puis je me suis demandé si c’était vraiment quelque chose qui me tenait à cœur. En prépa médecine, il y a vraiment beaucoup de monde, donc on était genre 500 dans un amphi immense, avec un prof sur l’estrade qui nous parlait dans un micro. J’avais vraiment du mal à me sentir concernée.

L’été qui a suivi ma première année de fac, je suis partie en Espagne, à Grenade, dans le cadre d’un programme d’échange, et là-bas, j’ai compris que j’avais envie de voyager, de voir d’autres pays. Sauf que si je continuais en médecine, j’allais devoir rester au Texas pendant encore au moins 8 ou 10 ans, du coup je pouvais dire adieu à mes rêves de voyages et c’est vraiment ça qui m’a décidée à arrêter. En rentrant au Texas, j’ai décidé de changer de spécialité et de me mettre à l’espagnol, et c’est ce que j’ai fait : en deuxième année, je n’ai fait que de l’espagnol. J’ai eu mon diplôme et j’ai décidé de déménager à new York.

Tu es partie là-bas pour une raison précise ?

Non, j’ai juste décidé de prendre la route avec mes deux chats. Je n’avais pas la moindre idée de ce que j’allais faire en arrivant. J’avais une copine qui connaissait une copine qui habitait à Williamsburg, alors on a squatté sur son canapé et envoyé nos CV depuis son fax.

Quel a été ton premier job à New York ?

Kate Spade cherchait une adjointe pour l’une de ses responsables de boutique à NY, et je me suis dit : «Kate Spade, je connais !» J’ai envoyé mon CV et ils m’ont tout de suite appelée. Je crois qu’ils étaient pressés, ils m’ont engagée en 3 jours à peine.

J’avais 22 ans et aucune véritable expérience du management. C’était la période des fêtes, il y avait du monde, donc je faisais surtout la vendeuse. Et puis, par le plus grand des hasards, la responsable de boutique a décidé de partir deux mois après mon arrivée. J’ai vu la personne de la direction des magasins, qui m’a dit?: « On vous informe qu’une telle va partir, on trouve que vous faites vraiment du bon travail et on pense que vous êtes capable de faire face. » Je lui ai dit que j’avais vraiment envie qu’on me donne ma chance. Donc en très peu de temps, je me suis retrouvée à la tête d’une boutique.

Kate Spade ouvrait des boutiques dans tout le pays, du coup je voyageais beaucoup, je formais de nouvelles responsables de boutiques et des vendeuses. La marque se développait de façon exponentielle. C’était vraiment un groupe de gens super sympas et dynamiques. J’adorais mon boulot. Mais juste avant le 11-Septembre, alors que je bossais là-bas depuis 3 ans, je me suis dit que j’avais envie de changement.

Qu’est-ce qui t’a plu dans les relations humaines ?

Chez Kate Spade, j’avais rencontré plein de profils de gens, les commerciaux, les gens des RP, les créatifs. J’ai parlé avec tout le monde, j’ai passé des entretiens dans plusieurs services. C’est un peu par élimination que je me suis aperçu que j’aimais les ressources humaines.

Je pense que les RH n’ont pas forcément bonne presse auprès des jeunes ; ils ne l’envisagent pas vraiment comme une vocation. Mais moi, je me suis rendu compte que j’adorais rencontrer des gens, trouver le bon profil pour le bon poste, accueillir de nouveaux éléments, les mettre à l’aise, les former. C’est vraiment des choses qui me plaisaient parce que j’ai plutôt une bonne intuition.

Mais bon, le 11-Septembre est arrivé, c’était vraiment le pire moment pour changer de poste, même dans un domaine que je connaissais. Du coup, j’ai repris des études de commerce.

Tu penses qu’une formation en commerce, c’est nécessaire ? Notamment dans le domaine de la mode ?

Moi, j’ai fait un MBA axé sur le développement structurel mais un master’s degree n’est absolument pas obligatoire, le plus souvent. En fait, quel que soit le secteur qui vous intéresse, si on n’a pas fait de premier cycle universitaire axé sur le commerce, si on veut avoir plus de chances d’augmenter ses revenus à long terme, et qu’en plus un cursus commercial vous intéresse, ça ne peut pas faire de mal.

Mais en fonction du cursus qu’on choisit, ça peut aussi représenter un investissement énorme, financièrement mais aussi sur la durée. Donc quand on choisit de faire une école de commerce ou un MBA, on le fait aussi et surtout pour le carnet d’adresses et le réseau, parce qu’on n’y apprend pas non plus tant de choses que ça.

Quand on travaille dans les RH, qu’est-ce qu’on fait, exactement ?

Moi, je dirais que les RH, c’est ce sur quoi repose toute l’organisation d’une entreprise, depuis la gestion du personnel jusqu’au recrutement. On communique sur un poste, ce qu’on attend de quelqu’un, on forme les gens, on leur fait des retours sur leur efficacité, on les conseille sur l’évolution de leur carrière.

Et au final, c’est aussi s’assurer que les employés sont payés, qu’ils touchent les indemnités auxquelles ils ont droit, tenir le registre du personnel, tout ça. Je ne suis pas très impliquée dans tout cet aspect administratif, mais c’est une partie importante des ressources humaines. Il y a aussi tout ce qui tourne autour des avantages liés à un poste, donc il faut se tenir au courant des normes en la matière sur le marché – il existe des boîtes qui sont spécialisés là-dedans, la façon de séduire et de retenir les éléments indispensables, la façon de rester compétitif. L’aspect management des compétences, c’est la gestion de l’évolution des carrières, la formation : trouver les outils qui permettront de conserver les bons éléments, de les motiver et de les stimuler, dans une optique win-win.

Chez LVMH, tu as occupé plusieurs postes au sein des RH. Comment as-tu atterri là-bas ?

C’est vraiment mon MBA qui m’a permis d’obtenir ce poste chez LVMH quand j’y ai postulé pour faire du recrutement. Ils aiment les profils à la fois littéraires et commerciaux, les gens qui parlent d’autres langues, qui ont vécu à l’étranger, dans plusieurs pays, et qui ont une expérience dans la vente ou de la mode. C’est vraiment ce qu’ils cherchent, donc moi, je correspondais parfaitement à ce profil.

Tu peux nous dire ce que tu as fait chez LVMH ?

J’ai travaillé pour LVMH Inc. en collaboration avec tous les DRH des marques du groupe et les présidents des marques aux Etats-Unis. Une fois que j’ai gagné la confiance des DRH, ils m’ont confié des missions de recrutement. J’ai eu beaucoup de chance parce que dès le début, je leur ai trouvé des personnes qui correspondaient parfaitement aux profils recherchés.

J’ai bâti une vraie relation avec ces gens, et j’ai été chargée du programme de recrutement dans les MBA. J’allais dans les meilleures facs ou écoles pour dénicher des professionnels de la mode ou de la vente prêts à endosser un rôle opérationnel au sein des marques du groupe. Chaque année, on n’embauchait qu’une poignée de MBA au sein de nos équipes commerciales.

J’ai aussi fait de la formation et du développement en interne. Une des personnes de la division mode m’a recrutée pour que je travaille pour elle sur plusieurs missions, et c’est vraiment là que j’ai acquis une expérience concrète des RH. J’ai passé un an au service de la Direction du personnel. Ensuite, je suis passée chez Louis Vuitton où je me suis focalisée sur la gestion du recrutement, ce qui m’a vraiment beaucoup plu : recruter des gens pour les boutiques ou le siège, manager le personnel, savoir proposer des formations aux gens qui en ont le plus besoin. Ça a vraiment été une expérience géniale; en cinq ans là-bas, j’ai eu l’impression de suivre un cours accéléré sur tout ce qu’il fallait que je sache sur le sujet.

C’est quoi, concrètement, assurer la direction du personnel ?

En gros, c’est licencier des gens, coacher les managers afin qu’ils sachent licencier des gens, qu’ils sachent optimiser la gestion du personnel, de façon à améliorer les performances des employés. C’est aussi s’occuper des fermetures de boutiques, des compressions de personnel, tout le travail avec les avocats, la négociation des licenciements et des départs, tout cet aspect qui est très important, mais pas forcément très marrant.

Tu penses que c’est cet aspect qui vaut sa mauvaise réputation aux RH ? Comment fais-tu pour supporter cet aspect ?

C’est vrai que tous les gens qui travaillent dans les RH sont confrontés à la problématique des licenciements et ce n’est vraiment pas drôle. Mais je pense que souvent, quand quelqu’un quitte une entreprise, c’est dans l’intérêt des deux parties…

Qu’est-ce qui t’a donné envie de monter ta propre boîte ?

Après avoir eu mes jumeaux, je suis retournée chez LVMH pendant 9 mois, avec une nounou à plein temps à la maison. Mais j’étais vraiment malheureuse. Je ne voyais jamais mes enfants, je voyageais tout le temps, franchement je ne profitais de rien. J’avais aussi l’impression d’avoir fait le tour de ce que je pouvais apprendre. J’ai décidé qu’il me fallait un peu de changement, et c’est là que tout s’est déclenché.

J’ai fait la connaissance de Jessie Randall (de chez Loeffler Randall) qui est devenue une amie. Comme beaucoup d’autres marques, Loeffler Randall avait besoin d’aide après la crise de 2008. La marque repensait toute son organisation, et n’avait jamais eu de service de RH en interne. Du coup, j’ai commencé à les conseiller, puis grâce à une amie d’amie, j’ai conseillé une autre marque et encore une autre. J’ai aidé pas mal de boîtes à se remettre en question et à se restructurer dans ce contexte particulièrement difficile.

Tu as combien d’employés ?

En fait, je suis toute seule, mais je me fais aider par beaucoup de monde. Je fonctionne pas mal à la commission. Quand je cherche quelqu’un pour un poste à pourvoir, je ne suis payée que lorsque j’ai trouvé la personne, du coup, je trouve aussi que ça n’a pas de sens de rémunérer quelqu’un qui ne génère pas de business. Donc, si je rencontre une personne qui sait où dénicher la perle rare, on travaille ensemble, mais il faut que la personne accepte d’être payée au résultat, à la mission. Et ça ne plaît pas à tout le monde.

Quels services proposes-tu en tant que consultante ? Qui sont tes clients types ?

Je fonctionne comme n’importe quelle boîte de recrutement, et je perçois un pourcentage du salaire. Du coup, c’était intéressant de se concentrer sur cette activité. L’avantage quand on fait du recrutement, c’est que lorsqu’on cherche plusieurs postes à la fois, les recherches vont forcément s’alimenter les unes les autres et faciliter ma tâche. Quand je cherche par exemple un commercial pour Rachel Comey, je rencontre 20 personnes pour n’en sélectionner qu’une qui correspondra au profil du poste chez Rachel Comey, mais si Alexander Wang ou The Row m’appelle au même moment pour un poste à pourvoir, je me dis?: «?Ah oui, cette personne ne correspondait pas à ce profil, mais elle sera parfaite pour ce poste.?» Donc, j’ai commencé à faire de plus en plus de recrutement, et maintenant, ça constitue 90 à 95 % de mon activité. Mais je continue mon travail de consulting pour Loeffler Randall, et quelques autres marques comme Mara Hoffman et Gap. Avec ces marques, c’est plus une relation d’amitié, ce sont des gens avec qui j’ai tissé des liens avec les temps, disons que je leur file juste un petit coup de main. Je les aide à réfléchir, mais je n’occupe pas de véritable poste chez eux.

Te considères-tu comme une « chasseuse de têtes » ?

J’ai beaucoup entendu ce terme et je l’ai moi-même beaucoup utilisé. Mais je l’ai un peu abandonné. Je préfère dire que je suis une recruteuse professionnelle, que je fais du recrutement de cadres… Oui, je me présente comme une professionnelle du recrutement, parce que c’est ce que je fais, je recrute des gens pour des grands noms de la mode et je fais du conseil en RH.

Avec quel salaire peut-on espérer commencer dans les RH ?

Les RH, c’est un peu comme les autres secteurs. Un assistant RH sera payé entre 35000 et 40000 dollars par an, un coordinateur entre 45000 et 55000 dollars, et pour les postes de responsable des RH, ça peut osciller entre 65000 et 100000 dollars, parce qu’on peut occuper ce poste pendant longtemps, tout dépend de l’expérience qu’on a eue. Les postes de DRH, ça va de 120000 à 150 ou 160000 dollars. Les postes de VP c’est à partir de 175 00 dollars et plus. C’est assez homogène dans l’univers de la mode, quel que soit le poste et le secteur.

Quels sont les plus gros défis auxquels on fait face dans les RH ?

Mon plus gros défi, c’est qu’il faut que je trouve tous les postes qu’on me demande de pourvoir. Il y a vraiment beaucoup de potentiel dans ce secteur. Je le constate tous les jours, dans la mode, on continue à embaucher. Je poste tous les profils de poste que je cherche sur Twitter, Facebook et LinkedIn, et la plus grande difficulté, c’est de trouver la bonne personne le plus rapidement possible.

L’autre difficulté, c’est que chaque poste est différent, il a ses propres spécificités, les boîtes cherchent des postes à pourvoir immédiatement (voire même avant), et il faut savoir où chercher cette personne. Donc le recrutement, ça tourne autour de ça : il faut connaître les attentes de ses clients, ce qu’ils veulent et ce qu’ils ne veulent surtout pas.

Décris-nous une journée-type ?

Je vis à Brooklyn, et j’essaie de travailler depuis chez moi trois jours par semaine, pour faire mes recherches et faire passer des entretiens au téléphone. Je fais des tonnes d’entretiens par Skype, ce qui me permet de recruter dans plein de villes différentes. La plupart de mes clients sont à NY, mais je fais du recrutement pour des postes de vendeurs, de responsables de boutique car souvent, mes clients ont des points de ventes dans tout le pays et au Canada. En général, j’essaie de rester à la maison le lundi, mercredi et vendredi.

Le mardi et le jeudi, je suis souvent à Manhattan, et j’enchaîne les rendez-vous et les réunions. C’est en général les jours où je rencontre mes clients. Je joue aussi les mentors, les « marraines ».

En quoi ça consiste exactement ?

Je travaille avec le CFDA Fashion Incubator. J’adore ça, c’est génial. J’ai formé une équipe de mentors en RH et j’ai assigné une personne à chaque marque. Je connais tous les créateurs et les marques, donc dès qu’ils ont un souci de RH, ils me contactent et le les aide ou je leur envoie quelqu’un.

As-tu un mentor ?

Non, je n’ai pas une personne en particulier pour le moment. J’adorerais, mais je ne saurais pas trop qui choisir. Il y a bien sûr des gens avec qui j’ai travaillé pendant longtemps, qui sont un peu des figures tutélaires, mais je n’ai jamais formalisé tout ça. Pourtant, j’aime beaucoup cette idée. On a tous des mentors, à un moment ou un autre, dans nos vies.

Le meilleur conseil qu’on t’ait jamais donné ?

Je pense toujours à l’une de mes premières n+1 chez Kate Spade, qui me disait?: «?Donne-toi à fond pour le boulot et ça portera ses fruits. Bosse à fond sans trop t’inquiéter pour la suite. Et si tu te donnes vraiment à fond, il y aura forcément un résultat.?»
C’est tellement vrai, j’y pense tout le temps. Il faut toujours se donner à fond pour son boulot.

Ta plus grande fierté ?

Avoir monté une boîte qui marche, réussir à déposer mes enfants à l’école, à aller les chercher, à gérer mon temps comme je l’entends, tout en continuant à faire ce que j’adore faire. Tous les jours, je me dis que j’ai une chance inouïe. Pouvoir travailler à la maison, là où ça me chante, disposer de mon temps comme je le veux… c’est vraiment génial.

Quelles sont les qualités requises pour travailler dans les RH ?

D’abord, il faut être une personne de confiance. Il faut savoir être ultra- discret sans se sentir décontenancé par cette confidentialité. Je sais que ça peut être un peu déstabilisant quand on est jeune d’avoir accès à autant d’informations. Quand on travaille dans les RH, on sait qui gagne combien, qui a tant de jours de congés, et forcément, il y a parfois des déséquilibres ou des injustices… c’est la vie.

Il faut être fiable, discret, avoir de l’intuition, et être professionnel en toute circonstance. C’est vraiment très important.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui veut se lancer dans les RH ?

Faites des stages. C’est quelque chose que je n’ai pas fait pendant que j’étais à la fac, et je le regrette. J’avais juste un petit boulot à côté, mais c’était purement alimentaire. Ça ne m’est même pas venu à l’esprit, alors que maintenant, si on veut trouver un poste d’assistant RH, il faut pouvoir justifier de trois stages en RH. Donc commencez par un premier stage en RH, et si ça vous plaît, enchaînez les stages pendant vos études, l’été, et vous trouverez du travail partout. Puis commencez à gravir les échelons, petit à petit. C’est comme partout. Le plus difficile, c’est de se projeter.

La plus grosse erreur que les gens font quand ils démarrent dans les RH ?

Je trouve qu’il n’y a pas suffisamment d’intérêt pour les RH. La plus grande erreur, c’est que les gens ne voient pas ça comme un vrai boulot, ils ne comprennent pas à quel point c’est intéressant; ils ne pensent pas à l’influence considérable qu’on a sur la croissance d’une entreprise, c’est vraiment passionnant d’être impliqué à tous les niveaux.

Tes rêves d’avenir ?

Pour l’instant, j’adore vraiment ce que je fais. On vient de me proposer de faire partie du comité consultatif de l’University of Texas. Je vais continuer à faire du conseil, du coaching, du parrainage d’étudiants, pour continuer à faire passer l’information.

J’adore aussi le côté recrutement et le côté conseil de ma boîte. A plus long terme, je sais que je vais avoir besoin de me développer. Il va me falloir plus d’aide, sinon je ne pourrai pas continuer à répondre à la demande, et il y en a…

Parfois, je me projette à la tête d’une entreprise plus grosse. Pour l’instant, j’hésite encore, parce que je chéris mon indépendance et ma liberté. Mais si je ne suis plus en mesure de faire du recrutement de manière efficace et rapide, mes clients iront voir ailleurs. Il faut que je trouve le moyen de m’agrandir sans faire trop de compromis. Je me vois à la tête d’une boîte plus importante, avec des employés qui feront du recrutement pour des marques de mode. Je crois qu’à l’avenir, il faudra que je me concentre plus sur la prospective et les relations avec les clients et que je délègue le travail de terrain. Je sais que j’aurai du mal à y renoncer, parce que j’adore mon indépendance, j’adore faire passer des entretiens. Mais il faudra que j’accepte de me faire aider pour pouvoir continuer à recruter les meilleurs éléments.

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