Les Parisiens ressemblent de loin aux New-Yorkais : ils s’habillent comme tout le monde mais pensent être hyper branchés, pour eux Paris et La France = même chose mais Province différent Paris, ils ne pensent qu’à s’évader de Paris mais versent une larme à chaque fois qu’ils aperçoivent un bout de Tour Eiffel.

À part ça, les Parisiens sont complètement différents des New-Yorkais.

Les Parisiens ADORENT…

+ Râler, of course. J’oublie à chaque fois à quel point les Parisiens adorent râler et j’atterris à Paris avec une douce joie doublée d’une mini-hystérie (Wooooooo je vais enfin pouvoir manger un croissant, un vrai croissant avec du vrai beurre !)(le premier croissant parisien ne compte pas !!!)(< — reconnaissez mon hystérie à la new-yorkaise ?), jusqu’à ce que je mette un pied dans un taxi.

Et là, pas bonjour :

“Quel temps de merde. Alors là, je vous préviens, on va se prendre tous les embouteillages. Surtout que votre destination, franchement, en plein coeur de Paris, alors là, bravo ma petite dame. Ça va pas être donné. À c’t’heure ci. Complètement bouché. Heeein ? Naaaaan, c’est pas vous qui êtes bouchée, ma petite dame, oooh la la, elle est susceptible en plus ? La ville ! C’est la ville qui est bouchée ! Paris ! Non, mais ça c’est encore à cause de la gauche, ça…” Etc.

Alors là, attention. Vous ne pouvez pas faire comme à New York et vous contenter d’ignorer le chauffeur de taxi en checkant votre Instagram.

Parce ce que le Parisien adore, c’est se plaindre avec vous.

Sachez-le. Si un Parisien commence à se plaindre, votre devoir est de vous plaindre avec lui, c’est comme ça qu’on noue contact à Paris.

+ Parler pendant des heures. Refaire le monde, on dit.

+ Aller au Flore, mais pas du côté touristes. Les Parisiens ont leurs zones, voyez-vous. Prétendre qu’ils connaissent les garçons de café et Frédéric Beidbeger. “Ouais, c’est un pote. Ouais, il est passé sans me dire bonjour là, mais c’est une blague entre nous, tellement on est potes, tu vois ?”

+ Fumer. Le Parisien adore fumer. Il fume partout où il peut, partout où on le laisse, par tous les temps. Est prêt à prendre un café en terrasse par -12 dehors, du moment que c’est possible de fumer. Fume en club, oui oui, même en 2013. Personne n’ose demander au Parisien d’arrêter de fumer.

+ Dire “J’arrête de fumer” en s’allumant une cigarette.

+ Conduire comme un dingue, se garer n’importe où, être hyper fier de sa Smart déglinguée par la vie parisienne, connaitre tous les raccourcis de Paris.

+ Les magazines politiques aux couvertures déprimantes placardées sur tous les kiosques à journaux (et il y a BEAUCOUP de kiosques à journaux à Paris) “Comment les politiciens nous entubent” “Impôts : Comment ils vont nous casser” “Hollande : La descende de la chute de la dégringolade de la catastrophe.” Le tout sur fond noir dépression, hein.
Si un jour un hebdo politique commet une couv’ positive, c’est que ce sera le moment de sérieusement s’inquiéter.

+ Les Parisiens adorent les soirées improvisées. Commencer par boire l’apéro puis finir par se faire un plat de pâtes (délicieuses) en refaisant le monde jusqu’à quatre heures du mat. Appeler les voisins, le copain célibataire qui habite trois rues plus loin. Être légèrement grisé, rigoler beaucoup. Être cool.

+ Être franche. La Parisienne est franche.
“C’est quoi ce manteau ? Tu l’as piqué à ton grand-père ?”
= Ça te va moyen, on peut repasser faire un tour chez toi pour te changer si tu veux.

+ Et le compliment vachard.
“Bah alors, j’attends toujours que tu m’envoies une illustration !”
= J’aime tes illustrations, bravo pour ton shop.

+ Avoir une famille de copains qu’on connaît depuis toujours, les adorer et les détester mais leur être hyper fidèle. Partir avec eux en weekend, en vacances. Ne pas trop socialiser, parce qu’on n’a pas besoin de plus de copains que ça. Y tenir comme à la prunelle de ses yeux.
Être très, très, très prudent avec les nouveaux venus. Voire désagréable, parfois. Pendant longtemps. Plus d’un an parfois.

+ Puis au bout d’un an et des poussières, dire, l’air détaché : “Tu viens en vacances avec nous cet été ?” Comprendre qu’on a trouvé sa famille de copains. Y tenir comme à la prunelle de ses yeux. Être moyen sympa avec les nouveaux venus…

+ Adorer Monop’. La Parisienne adore Monop’. Aller traîner à Monop’, parce que c’est non seulement la madeleine de Proust de toutes les Françaises (on avait toutes un Monop’ près de chez nous quand on était petites), même les non-Parisiennes, et pour pouvoir dire à quelqu’un qui s’extasie devant notre pull en cachemire “ça, c’est Monop’ !”, ça c’est très parisien.

+ Se disputer. Se faire un super dîner, avec du super bon vin et passer la soirée à s’engueuler sur des sujets aussi vastes que la politique, la philosophie, Kim Kardashian, n’importe quoi tant que la discussion s’échauffe. S’enflammer. Lever la voix. Claquer les portes : la définition d’un dîner réussi.

+ Les Parisiens adorent draguer. À Paris, ça se passe comme ça :

La Parisienne adore :

Faire semblant d’ignorer un mec qui la drague, lui balancer des vannes “pour le tester”, lui poser des lapins pendant qu’on est en train de boire des verres avec des copines et se moquer de ses textos, bref, être une vraie peste jusqu’au jour où il tombe raide dingue fondu d’amour.
Daigner sortir avec lui, le traiter comme un esclave pendant une année, puis décider qu’on l’aime et faire un bébé, comme ça, d’un coup.
Penser à se marier, peut-être, un jour, “juste pour la fête”.

Le Parisien adore :

Se la péter à mort, se prendre pour Serge Gainsbourg, sortir avec plein de filles à la fois et trainer jusqu’à des heures indécentes en boite de nuit. Penser que les filles sont interchangeables, se comporter comme un goujat, jusqu’à rencontrer cette fille hyper peste qui le mène à la baguette, tomber fou amoureux d’elle et devenir doux comme un agneau.
Lui faire un enfant, mais oublier de lui demander si elle aurait envie de se marier.

+ Dire : “Je ne fais pas de sport !” Et vraiment, ne pas faire de sport.

+ Dire : “Aujourd’hui, je fais du sport !” Comme si c’était l’événement de l’année.

+ Raser les murs sur le chemin de la gym parce qu’on n’a pu trouver qu’un vieux jogging pourri datant de nos cours de sport au lycée.

+ Dire : “Le Marais c’est fini !” Et finir dans le Marais. “Nan mais attends, on parle du Haut Marais, là, Garance ! Voyons.”
+ Dire “Merde” “Putain” “Fait chier” toutes les trois secondes, et parfois les trois à la fois (quand ça fait vraiment chier)

+ Dire : “Bah oui, c’est comme ça, je suis snob”.

+ Dire : “Un de ces quatre, il faudrait que je visite le Louvre quand même. Tu viens, on visite le Louvre ? Non, on va au Bon Marché ? Ok.”

Parler en négatif :

“C’est pas mal hein ?”
“Ah non mais je ne dis pas que je n’aime pas…”
“C’est top, non ?”

Et ils détestent…

+ Faire la queue = TQLPDLPFAM (Truc Que Le Parisien Déteste Faire Le Plus Au Monde) (ça, ça m’est resté. Si vous saviez à quel point jehais faire la queue.)
Et le Parisien déteste tellement faire la queue que tous les Parisiens se sont mis d’accord pour détester faire la queue ensemble.
Au lieu de se mettre bien en ligne, cordialement et patiemment comme le New-Yorkais qui en profite toujours pour se faire de nouveaux amis, présenter son chien et raconter sa vie, le Parisien essaye de s’incruster pour passer en premier, fait semblant d’être malade, crée une double queue, une triple queue, fait semblant de connaître quelqu’un au début de la queue, et crée ce qu’on appelle en Provence (Garance représente !!!!) un moulon.

Et ça s’engueule, et ça crie, et on adore regarder.

+ Traverser au passage piéton. C’est bien mieux de se jeter sous une voiture que d’attendre.

+ La Parisienne déteste prendre le métro, mais est bien obligée à cause de ces “embouteillages de merde”, et comme elle est pleine de ressources, elle a développé une technique Dr Jekyll & Mr Hyde unique au monde :

Imaginez-la marcher dans la rue, pressée, chic, pleine d’allure.
Faire un pas dans le métro et soudain se transformer. Elle peut par exemple plier son écharpe d’une manière différente, enfoncer son bonnet, prendre une expression “Que personne ne me soûle ou je hurle”, rentrer un peu les épaules, bref, tout pour passer inaperçue et que surtout, surtout on ne l’emmerde pas parce que le métro, à Paris, ça craint, enfin surtout “ma ligne, nan mais je te jure, elle craint.”

Et dès qu’elle ressort du métro, reprend son air de Parisienne, se tient droite à nouveau, prend un air dégagé. La classe oui, mais pas dans le métro.

+ Travailler pendant les vacances. (C’est sain ! On est d’accord).
Mais n’essayez pas de joindre un Parisien pendant ses vacances : non seulement vous ne trouverez qu’un répondeur saturé, mais en plus, vous serez en contact bloqué jusqu’à la fin de vos jours.

+ Les autres automobilistes : klaxonner, hurler et utiliser un certain type de langage corporel ou toute la main est repliée à l’exception du majeur pour exprimer la frustration de ne pas être le seul automobiliste parisien à tourner autour de l’Arc De Triomphe.

+ Les autres vélibistes. Pas de pitié pour les imbéciles qui vont à deux à l’heure avec leur Vélib’ déglingé (l’art de choisir le bon vélib, ça s’apprend). Autorisation d’insulter.

+ Les autres piétons. Soupir très irrité et moonwalk pour doubler quand quelqu’un marche trop lentement devant un Parisien pressé.
Quand un simple “pardon” aurait fait l’affaire.

+ Les autres touristes. Même quand on est soi-même touriste. Non parce que détester les autres touristes quand on est à Paris, allez, on peut comprendre.

Mais détester les autres touristes quand on est à New York et soi-même, donc, un touriste, ça c’est très parisien.

Et voilà ! Je suis sûre d’en avoir oublié des tas, mais vous m’avez hyper aidée avec vos commentaires ici et sur Facebook alors merciiiiiii !!!

Et je vous embrasse, une bise sur chaque joue, à la parisienne !