Ok, les hommes, pour ce post, vous allez devoir soit vous armer d’un grand sens de l’humour, soit passer votre tour et revenir plus tard, genre, pas tout de suite.

Parce qu’aujourd’hui, j’ai envie de parler d’un sujet que seules les femmes peuvent vraiment vraiment comprendre. Oui, vous voyez ce que je veux dire. Non, je ne veux pas parler de chaussures à talons aiguille et de layering. Oui, je trouve qu’on peut parler de tout. Même quand les mots ne sont pas forcément les plus jolis pour décrire les choses.

Aujourd’hui, je veux parler SPM. Syndrome Pré-Menstruel.

Alors voyons.

L’autre jour, alors que, victime de mes hormones, j’avançais (ou plutôt j’essayais de continuer à avancer) dans la vie, tâchant d’ignorer mon jean qui me coupait la taille pour cause d’enflement généralisé, ma peau tout en bourgeonnement adolescent (et au cas où vous n’auriez pas noté, je ne suis pas du tout adolescente)(thank god !), le bas du dos à moitié coincé, la larme à l’oeil au moindre échange avec le moindre être humain (En SPM, même un chien affectueux peut me faire pleurer d’émotion)(même un défilé Moschino pourrait me faire pleurer d’émotion)(même un like sur Instagram pourrait me faire pleurer d’émotion), je me disais :

“Bordel, si j’étais tout le temps en mode SPM, ma vie serait un désastre.”

Non parce que je ne sais pas vous, mais moi, depuis le collège, c’est comme si une espèce de monstre émotionnel prenait possession de mon corps pendant au moins trois jours et c’est non seulement les montagnes russes niveau moral, mais en plus, j’ai mal à peu près partout, c’est au choix :

Un coup ça va être des maux de têtes. Un coup je vais enfler de partout. Un coup j’ai le dos bloqué. Un coup j’ai rien, sauf un énorme bouton entre les deux yeux. Parfois j’ai juste les cheveux gras et plats, et là, franchement, je ne me plains pas.

Parfois aussi, c’est le menu dégustation : tout à la fois.

Et le pire, c’est que comme je suis complètement désorganisée, je ne sais jamais exactement quand le SPM va frapper.

Je veux dire, depuis le temps, je pourrais quand même mettre ça sur mon agenda, non ? Réserver ces jours pour l’écriture (ça, c’est le bon côté, je suis plus folle en SPM, donc plus drôle, ou bien plus émue, et ça marche plutôt bien pour l’écriture, la folie ou l’émotion) ou pour l’illustration (Le top. Moi, mon ordi, et ma musique, allez tous vous fait #@&$, franchement, on ne peut pas trouver plus SPM-Friendly), ou pour juste me mettre au lit et mater quatre saisons de How I Met Your Mother, ce qui est en fait tout ce que j’ai envie de faire ces jours-là.

Bien sûr, je n’aime pas parler de ça. Parler de ça, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres sexistes et blagues bidon à la “baaah alooors, ma petite dame (ma petite dame = au secours, envie de meurtre), on a ses règles ?” (Ta gueule, connard) dès qu’on dit un mot un peu plus haut que l’autre.

Mais bon donc, si j’étais organisée, voici les trucs que je ne prévoirais certainement pas en période de SPM :

Une discussion avec mon mec. Typique. Moi : me retrouve à hurler pour rien, lui : me regarde avec un air ahuri, moi : pars en claquant la porte, moi : reviens en mode Calimero pour l’implorer de me pardonner, le tout avec grands moulinets de bras et airs “fin du monde”, alors qu’on parlait juste d’organiser nos prochaines vacances.
Lui : Attends, quel jour du mois on est, exactement ?

N’importe quelle apparition publique. Cf. paragraphe plus haut, aucune fringue qui ferme, peau qui brille (ça, c’est si j’ai de la chance, sinon Tour Eiffel sur le front), maquillage qui tourne et larme à l’oeil au moindre compliment.

Un shooting. OMG, shooting en mode SPM = enfer. Mal de dos + camera super lourde = wo.
Le tout à se retrouver en face de mannequins sublimes = estime de soi dans les chaussettes.

Une signature chez Colette pour le lancement de ma ligne d’écriture (plus chic que papeterie, non ?). Parce qu’il pourrait arriver que, débordée par l’émotion de rencontrer mes lecteurs et de recevoir tant d’amour, je me mette à quasiment pleurer dans les bras de l’une d’entre elles, qui se reconnaîtra.

Une épilation intégrale (c’est moi ou ça fait vachement plus mal ces jours-là ?)

Un voyage en avion (risque d’arriver à bon port en mode matelas pneumatique rapport au gonflement).

Regarder 12 Years A Slave pendant ce même voyage en avion (entre le SPM et l’altitude qui, paraît-il, est propice aux lâchages émotionnels, on pourrait ou pas se retrouver à pleurer à chaudes larmes et à renifler pendant 1h35).

Acheter des provisions pour deux mois de Figolu (pas vendu aux US), de Granola (pas vendu aux US) et de Balisto (pas vendu aux US) et se retrouver à avoir tout mangé à la fin du même voyage en avion, rapport à la folie générale du SPM. Et des chaudes larmes, et du gonflement. Comment ça, ça sent le vécu ? Pffff, n’importe quoi.

Le pire, c’est que si vous demandez à n’importe personne présente à côté de moi ces jours-là, ils ne voient aucune différence (à part les gens qui me connaissent très très très bien, eux, ils me le disent en trois secondes) donc en fait, après toutes ces années, je crois pouvoir dire que je gère.

La crise mensuelle.

Parce que ouais. Être en mode SPM, c’est comme affronter un dragon. Toute la journée. Et ce, sans montrer sa galère. Et essayer d’assurer grave malgré tout ça. Et le plus souvent, y arriver.

Le reste du temps, en fait, life is a walk in the park. Trop facile !