Samedi soir, on marchait dans la rue avec Elisa et on trouvait les filles vachement, mais alors vachement vachement dénudées.

Elles portaient toutes des robes hyper, méga moulantes, hyper méga courtes. Ou des shorts – enfin, plutôt, des culottes, avec des tops, enfin plutôt, des soutiens-gorge et semblaient surexcitées.

Inutile de vous dire qu’il faisait -5 degrés Celsius : il semble qu’il a été établi sur ce blog que la ville de New York est désormais retournée à l’ère glacière.

Nous, on se caillait en tout cas, et on portait des manteaux. Et on hallucinait.

Évidemment, il y a eu une seconde où je me suis demandé si c’était nous qui étions devenues des grand-mères réprobatrices, ce à quoi Elisa a répondu “grand-mère toi-même”.

Plus on marchait, plus on se pelait, plus l’essaim de filles à poil s’épaississait.

On continuait à philosopher :
“Naaaaaan, mais c’est juste parce qu’il fait froid que ça nous choque. L’été, tout le monde est habillé comme ça à New York et personne n’est choqué !!!”
“Oui, c’est vrai qu’à New York, les shorts sont vraiment très courts, j’ai trouvé*”.

C’est là qu’on est arrivées devant le Webster Hall, et qu’on a compris que c’était la destination finale de tous les shorts moulants.
(Enfin, j’espère pas finale FINALE, hein, les fesses qu’ils accompagnaient devraient bien un jour rentrer chez elles)(j’espère ?).

“Pffffff, c’est la mode Miley Cyrus, moi je dis ça craint*.” J’ai dit, avec un air réprobateur (mais pas de grand-mère hein, juste réprobateur !!!)

La foule était là pour voir un groupe de DJ que je ne connais pas*, les Bassjackers (c’est moi qui ne connais plus rien ou bien ?) (vous connaissez ?) – et tout aurait été bien qui finit bien dans le monde de la fesse moulée, si ce n’est ce qui m’a sauté aux yeux à la vue de l’attroupement : les filles étaient à poil, mais les mecs, eux, étaient tous habillés hyper normalement.

“Je veux dire*, dans les 70’s, les vêtements étaient moulants, mais les mecs y avaient droit aussi, j’ai des photos de mon père en jean pattes d’eph pour le prouver !”

Moi, j’ai toujours été plutôt relax avec la nudité. Un peu moins avec la vulgarité, mais la vulgarité, c’est une question de perspective.

Parenthèse : Don’t Fear the Nipple

Vous avez vu ce qui est arrivé à Anja Rubik quand elle a publié une image d’elle portant un top transparent (Pas vulgaire. Beau, très sexy, mais pas vulgaire.) et qu’Instagram lui a littéralement fermé sa page ? J’ai trouvé ça assez flippant.


C’est de la mode, c’est artistique !!! auraient pu dire certains.
Oui mais des seins c’est des seins, c’est de la nudité, tolérance zéro ou ça va partir en vrille !!! auraient pu répondre les Gens D’Instagram (je crois qu’ils n’ont rien répondu du tout, elle a juste dû ouvrir un autre compte) complètement flippés des dérives porno de Tumblr.

Anja, quant à elle, a rouvert un nouveau compte et fait des tee-shirts imprimés “Don’t Fear the Nipple”, et j’ai trouvé ça cool. Même si j’ai pas envie de libérer mon téton là, tout de suite, maintenant.

En fait, c’est difficile tout ça – il n’y a pas de ligne claire.

Ce soir-là, devant le Webster Hall, ce qui m’a frappée, c’est bien sûr le côté un peu trash de l’ensemble, mais aussi que seules les filles soient à poil. Qu’elles aient comme idée pour être fun et cool quand on est une jeune fille, qu’il faille en montrer le plus possible, avoir l’air d’être la plus bourrée / à poil / prête à tout possible.

Je ne sais pas comment les mecs vivent leur adolescence (je suis sûre qu’ils se font certainement violence à d’autres niveaux) mais en tout cas, c’est clair qu’ils n’ont pas cette pression de mettre en scène et d’hypersexualiser leur corps. Tant mieux pour eux.

Maintenant, quelle est la dynamique entre eux et ces filles déchaînées et à moitié à poil ?
Aucune idée. Mais je ne crois pas qu’ils leur “demandent” de se saper comme ça ou que ce soit du tout un problème d’égalité entre garçons et filles.
Je crois juste que ces filles s’imaginent que c’est ça, le comportement cool et rebelle.

Et franchement, c’est facile de juger – j’ai moi-même eu de grands moments de connerie autour de 20 ans. C’était pas toujours glorieux, mais ça m’a construite.

Tout ça pour vous dire, je ne sais pas trop quoi penser. Vous trouvez que la prochaine fois, je leur dis d’aller se rhabiller* ou qu’il faut tout simplement que jeunesse se passe… ?

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* Oh la la, phrase de grand-mère, J’Y CROIS PAS !!!