L’autre jour, j’étais là, peinard, en salle d’opération (bon, ok moyen peinard)(j’étais sur le point d’avoir une anesthésie et j’aime pas DU TOUT l’idée)(c’était pour une opération bénigne, je vous rassure) quand soudain, l’anesthésiste, qui était en train de me mettre un cathéter dans la main, me dit “tiens c’est drôle, votre peau sur la main, elle est très très souple”.

Soudain redressée sur mon lit, je lui dis : “Mais soupleeeeeeeuh, je veux dire souple bien ou souple pas bien ?”
Elle répond : “Juste souple, plus souple que la plupart des gens. Genre, tendre ! Ni bien ni pas bien, juste plus souple.”
Je dis : “Vous voulez dire molle ? Extensible ? Détendue ?”
Ce à quoi elle a répondu : “Bon allez, comptez à rebours, 10, 9…”

D’un coup, je me suis rappelée que j’étais dans une salle d’opération.
Enfin, l’espace de dix secondes, avant que la salle autour de moi ne s’évapore et que je ne m’endorme.

Ah, vraiment, rien de plus efficace pour me faire oublier ma peur de l’anesthésie que de me prendre par la vanité.

Une demi-heure plus tard, à peine réveillée (et en pleine forme, non mais qu’est-ce qu’ils mettent dans ces anesthésiants, sérieux ?) je regardais ma main et je me rendais compte que j’étais en train d’assister à une chose étrange, appelée… Roulement de tambour…

LA NAISSANCE D’UN NOUVEAU COMPLEXE

On Je estsuis quand même con, et ce, à tous les âges de la vie. Voyons, voyons comment mes complexes se sont formés…

J’ai des complexes qui sont nés tous seuls. Comme par exemple, je n’aime pas trop mes pieds. Bon, classique, une personne sur deux n’aime pas trop ses pieds*, et ça a commencé quand j’avais à peu près neuf ans et que je prenais conscience de mon corps et voilà, depuis je survis avec mes pieds, faisant bien gaffe de ne pas porter de chaussures qui dévoilent leurs défauts.

Il y a les complexes nés par la critique. Aaaaaaah la critique.
Il y a celle que l’on subit à l’école, puis au collège, puis au lycée. Moi j’ai été relativement épargnée, mon attaque d’acné ayant été gérable tant que j’avais près de moi huit pots de Clearasil et 300 tubes d’anticernes BodyShop**.
Enfin si, j’ai vécu une attaque létale, qui m’a laissé des bleus à l’âme, quand vers 11 ans, mes seins ont décidé de prendre trois ans d’avance sur le reste de mon corps (et de mon esprit !) et de pousser d’un coup d’un seul.
Je peux vous dire que la bande de petits merdeux de mon collège ne m’ont pas ratée, se moquant de moi et me collant un complexe dont je garderai certainement les stigmates à vie.
Mes 11 ans ? Une année difficile, je vous le dis.

Il y a les complexes nés par les copines. Souvent, ça commence par un complexe de sympathie. La copine dit :
“Aaaaannnnnnnnh je déteste ma cellulite des cuisses !!!”
“Mais t’as pas de cellulite des cuisses ?!! Où ça ??! N’importe quoi.”
“Bah si, là, quand tu pinces, là, ça LÀ, tu vois ?”
“Ah ouais nan mais d’accord bah si tu pinces, alors oui c’est sûr, MOI AUSSI (vous la voyez le complexe de sympathie pointer le bout de son nez ?) tu crois que je devrais m’inquiéter ? Ça marche les crèmes anti-cellulite ?***”
Et voilà. Naissance devant vos yeux d’un complexe cellulitique qui n’existait pas deux secondes auparavant. Ah, les copines. Les pires pourvoyeuses de complexes.

Il y a les complexes nés par la photo.
“HeiiiiIIIIINNN !!! Montre-moi cette photo ? C’est mon nez / mon cul / mes épaules ça ? Arrêêêeeeete, je suis comme ça en vrai ? Dis-moi, dis-moi toi qui est monamiequimedittoutsurquijepeuxcompteràlavieàlamort : Elle me ressemble cette photo ? COMMENT ÇA ELLE ME RESSEMBLE ?” etc, etc, etc.
Le complexe né par la photo, on en a tous. Et à l’époque d’Instagram, il faut l’avouer : on a tous eu un moment d’effroi en se voyant sur l’Instagram de quelqu’un d’autre (qui eux, étaient parfaits sur la même photo, les chiens !!!) (Vire-moi ce tag, non mais vire-moi ce tag ou je t’unfollow à jamais, je te dis !).

Il y a les complexes nés par l’industrie de la mode / beauté.
Ceux-là m’énervent parce que je ne sais pas d’où ils nous les sortent.
Je vous jure, il y a quelques années, les gens vivaient très bien avec leurs pores. Et soudain, on a décidé qu’il fallait absolument éradiquer les pores et acheter des tas de produits pour les rendre aussi invisibles que sur une photo trop retouchée.

Ça a fait naître tellement de complexes autour de moi que j’ai décidé de ne pas participer. J’ai pris un congé du complexe, décidé que j’assumerai mes pores et que je ne sympathiserai même pas avec mes copines mesureuses de pores.

J’ai déjà 10 – 15 bons complexes à gérer, là, et on vient de m’en rajouter un alors que je n’avais rien demandé (quoi, la mollesse de la peau de ma main gauche, ça compte !!!) (“Mais il a dit souple, Garance, souple, c’est pas molle !!!”) et je suis sûre que de nouveaux ne demandent qu’à s’installer avec les années qui passent, hein.

Voilà. Maintenant qu’on a analysé (en profondeur !!!) la naissance des complexes, vous croyez qu’on peut décider de s’en débarrasser ?
Moi, j’essaye.

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*Et ce n’est pas un problème d’objectivité, hein. Je connais une fille aux pieds que moi je juge, eeeeeuh, bon ben moyen moyen (ok, j’avoue, je suis bizarre avec les pieds)(et puis bon, sur tout le reste elle est absolument sublime, alors ça va hein !) et qui n’arrête pas de les Instagrammer tellement elle les adore et trouve ses pieds sublimes.
Donc rien d’objectif là-dedans ! L’important, c’est bien qu’elle-même aime ses pieds, non ?
(J’ai quand même été un peu obligée de l’unfollower, l’été arrivant, la rafale de pieds étant devenue intenable)

**Bodyshop, c’était grave mon truc à l’époque – vous vous souvenez du parfum White Musc ? Tout une époque.

***Réponse = bien sûr que non.