J’adore marcher dans la ville.

Je Google Maps à mort (“J’arrive dans 23 mn !!!”) j’amortis mes Common Projects (au prix de la basket, j’en ai pour tout l’été !!!) je mets Pandora dans mon Iphone et c’est parti.
Oui, oui, je chante à tue-tête parfois, on s’en fout, on est à New York.

Le problème, c’est le moment de sortir les talons.

Non, je ne peux pas arriver à tous mes rendez-vous en basket. Donc, je fais comme toutes celles qui sont obligées de mettre des talons pour impressionner en rendez-vous, je change mes chaussures comme une loseuse dans un coin sombre de la rue.

Ah, mais que je déteste ce moment. Il faut d’abord viser un endroit discret, puis sortir les talons de son sac (ça prend toujours trois heures, les gens croient qu’on fait un traffic de drogue, les talons se prennent dans la lanière du sac, le sac se casse la gueule, quarante cinq trucs finissent par tomber par terre, et aucun Mister Big (oui, laissez tomber, l’autre jour, j’avais besoin de réconfort, et donc je me suis enroulée dans une couverture et j’ai reregardé la première saison de Sex & The City.) (Je N’EN SUIS PAS FIÈRE) (mais j’avais fini tous les Game Of Thrones) ne vient ramasser quoi que ce soit.

Si les talons ont une lanière, rajouter deux bonnes minutes de galère en équilibre, et après on se demande pourquoi cet été les mules sont de retour.

Par ailleurs, il y a toujours ce moment merveilleux où l’on perd l’équilibre et l’on se retrouve pied nus sur l’asphalte. Très agréable.

Le truc, c’est de bien faire attention de ne pas le faire trop près du rendez-vous où l’on s’aprêtte à aller impressionner. Ça serait con de se retrouver nez-à-nez avec la personne qu’on était sur le point d’essayer de choquer avec notre sens du style.

Bien sûr que ça m’est arrivé.

Donc je fais ça trois blocs avant l’endroit du rendez-vous, j’essaye de faire le plus vite possible puis je repars. Ça me prend à peu près dix bonnes foulées pour retrouver ma confiance en moi.

Et ça encore, dans le genre moment embarrassant c’est gérable. Même si à chaque fois que ça m’arrive, je pense à vous.

“Il faudrait que je fasse un post pour raconter ce petit moments à la con qui m’arrive douze fois par semaine, quand même.”

C’est comme quand mon maillot se fait la malle, à la plage. Ok ça ne m’arrive pas douze fois par semaine. Mais ça arrive souvent, vu que je m’ennuie profondément sur le sable, je passe ma vie dans l’eau, à faire la débile dans les rouleaux. Ou à la piscine, à jouer au ballon avec les kids du coin.

Et pour peu que je sois un deux pièces, à un moment, ça dérape. Un jour comme ça, je me suis retrouvée à tâter du pieds les fonds marins de Montauk pendant une demi-heure. Beurk.

En même temps, je serais bien mal placée pour me plaindre : c’est pas comme si j’avais une notion très arrêtée des limites de la pudeur.

C’est ce qui arrive quand on bosse dans la mode.

Il suffit de quelques ventes privées et de quelques passages en backstage pour oublier ne serait-ce que l’existence d’une cabine d’essayage. Même si ça fait longtemps que je n’ai pas fait une vente de presse (marre des empoignades pour finir par acheter n’importe quoi)(la fille qui dit ça, la semaine dernière j’étais chez Acne à piller les fonds de stocks comme si ma vie en dépendait – j’ai réussi à n’acheter aucune paire de chaussures conceptuelles, bravo, non ? – mais bon ça ne compte pas, ils sont dans mon immeuble !!!).

Donc bon, quand les cabines sont occupées dans un magasin, je ne vais pas attendre trois heures que ça se libère comme une personne bien éduquée. J’enfile la jupe par dessus mon pantalon à côté des cabines pour voir que la taille va bien. Puis, dans mon engouement, j’enlève le pantalon pour être sûre et certaine que la jupe tombe bien. Puis je passe la jupe à ma copine (elle aussi à côté des cabines, qui se ressemble s’assemble) qui la trouve sublime et veut l’essayer aussi.

Je vous rappelle qu’on n’est pas dans une vente de presse, juste dans une boutique normale.

Puis elle me demande d’aller lui chercher un tee-shirt pour aller avec, ce que je m’empresse de faire, me retrouvant au beau milieu du magasin, si vous avez bien suivi (eheheh attention je vérifie les distraites) (et les distraits) (oui non j’ai abandonné l’idée qu’un homme ne m’ai lue jusqu’ici) sans jupe (que ma copine est en train d’essayer) et sans pantalon (qui est à terre), donc, EN CULOTTE.

Je repars, à reculons, cramoisie.

Moments embarrassant de la femme pressée.

En parlant de ça, je me suis toujours demandée comment celles qui portent des push ups, je sais pas moi, lors d’une “date” (bon pas moi)(que ce soit la date OU le push up) gèrent le passage de “je t’en mets plein la vue avec mon bonnet C” à “Il te reste dans la main quand tu enlèves mon soutien-gorge”.

Vous faites comme avec les chaussures ? Un petit moment changement de soutien-gorge en cours de soirée ?

Ben quoi, je sais pas, moi je demande !!!