L’un des avantages d’habiter à New York, c’est que tout le monde y habite aussi.

Par exemple, j’avais beaucoup aimé un livre de nutrition fait de conseils simples et plein de bon sens, à l’encontre de l’hystérie nutritionnelle à la new-yorkaise. Je l’avais lu, ça m’avait aidée à modifier la manière dont je me nourris, je m’étais mise au running, j’avais perdu les quelques kilos qui me séparent de mon moi idéal sans trop galérer, et franchement, disons les choses comme elles le sont, je me sentais hyper bien.

On me demandait même des conseils de nutrition. À MOI. Non mais franchement.

Puis, comme c’est inévitable, mes kilos étaient revenus tout doucement en quelques mois bien froids d’hiver et j’en étais revenue à mon moi pas idéal, avec qui je suis relativement en paix mais bon, je vais pas vous faire un dessin, on a beau s’aimer comme on est, #leskilosentropçafaitchierquandmême.

Il fallait agir, donc j’ai googlisé l’auteur de mon bouquin et, oh bonheur !!!

Son cabinet de nutritionniste était à deux minutes de chez moi.

J’ai pris rendez-vous direct en me frottant les mains. Si son livre m’avait fait tant de bien, je n’osais même pas imaginer la rencontre. Ça allait être la révélation !!!

Le jour J, je me présente à sa porte et… Bon ben on va juste dire que la photo de couv du livre, souriante, glowing, healthy, avait été prise un bon jour. À la place, une personne très maigre et très musclée, à la new-yorkaise.
Pas grave, il ne faut pas se fier aux apparences, paraît-il (rappelez-moi de vous faire un post sur le sujet la semaine prochaine, j’ai une théorie fumeuse qui se profile là-dessus).

Là, on a commencé à parler de mes habitudes alimentaires, et elle a commencé à me conseiller des trucs très, très basiques que bien entendu, je savais déjà (comme tout le monde, je sais à peu près tout (et son contraire) sur la nutrition) je sentais la déception me gagner, mais vous savez ce que c’est : quand on veut croire à quelque chose, on y met tout son coeur.

Ce jour-là, je suis repartie légèrement déçue mais le coeur vaillant. C’est juste un premier rendez-vous !!! J’allais débloquer des trucs la prochaine fois. Elle m’a demandé de tenir un journal en inscrivant tout ce que je mangeais, je me suis exécutée même si c’était bien prise de chou, et j’y suis retournée.

Deuxième rendez-vous ? Pfffff. Même chose.
J’y ai appris la taille que devrait avoir un steak (la taille d’un iPhone) même si j’en mange rarement et euh… D’autres choses qui résonnaient limite “désordre alimentaire”, ce que j’ai fini par m’imaginer qu’elle avait. J’ai certainement affabulé.

Evidemment, je n’ai non seulement pas perdu un gramme, mais j’ai perdu la ferveur que j’avais pour ce livre. J’ai arrêté d’aller la voir.

Voici donc les trois leçons que j’ai tirées de cette aventure.

1 / Dans 99% des cas, on est déçu quand on rencontre l’auteur. (Les 1% valent vraiment le coup, en revanche).
2 / Parfois, on a le droit de juger les gens sur leur apparence, surtout si on leur confie notre santé.
3 / Ce n’est pas le livre qui fait mincir, c’est juste une petite dose de volonté. (Et de running ?)

Bon ben voilà, et là sinon, je cherche un livre sur la volonté. Vous en connaissez ?

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Ça vous est déjà arrivé des trucs comme ça ? Vous êtes déjà allés voir un nutritionniste ?