J’y pensais l’autre jour alors que j’essayais de faire rentrer ma pile impressionnante de chapeaux dans mon microscopique placard (pourquoi les placards sont-ils toujours microscopiques?) – je me suis dit…
“Merde, mais en fait, à quand remonte la dernière fois que j’ai porté un chapeau?”

En y réfléchissant, ce n’est pas la seule chose qui faisait partie intégrante de mon style et qui a disparu. J’ai aussi été témoin de la lente disparition des…

Des Talons

Je ne sais pas si c’est la mode des talons à tout prix qui m’avait rendue aussi courageuse – (vous vous souvenez des hauteurs vertigineuses auxquelles on était arrivées?) mais rien ne me faisait peur. Je portais mes talons comme on porte une paire de baskets, en essayant simplement d’oublier le matin que quelques heures plus tard commencerait immanquablement la torture et que je donnerais tout pour m’asseoir, ne serait-ce que quelques secondes.
Ou par finir pieds-nus.

Qu’est-ce qui s’est passé ?

C’est simple : j’ai réalisé que j’étais un peu folle. Oui parce qu’on ne peut pas passer la journée sur des talons très hauts sans avoir mal, c’est physiologique. Et puis, la mode du plat est arrivée et je me suis jetée dessus comme si ma vie en dépendait.

Bon, ok, j’en porte toujours beaucoup.
Mais j’en porte comme une personne raisonnable, c’est-à-dire le soir, quand je sais que je ne vais pas trop marcher et porter deux mille trucs. Ou alors les journées de rendez-vous importants.
J’aime toujours autant en porter le soir. Et en porter moins souvent fait que quand j’en porte, je me sens vraiment, vraiment irrésistible. Con, je sais.
Mais vous ne me verrez plus que très rarement perchée sur mes talons de 12 à prendre des photos.

Par quoi je les ai remplacés ?

Par du plat !!! Des baskets, des ballerines super chics comme mes Valentino, des sandales plates, des slippers, tout plein de choses faciles et chics. Et les jours où j’ai vraiment trop envie de prendre de la hauteur, j’ai toujours des ballerines dans mon sac, toujours.

T New York Times Konstantin Kakanias

Par contre, là, ça va pas être possible.

Le kitten heel. À chaque fois, je veux y croire, surtout quand Emmanuelle Alt s’y met (je crois en tout ce que met Emmanuelle Alt) mais sur mon 40, ça fait des pieds géants et c’est tout simplement faussement gracieux. Mieux vaut être carrément à plat et pouvoir sautiller.

Autre chose pas possible : Le look boyfriend jeans – chemise d’homme – cheveux courts – chaussure plate. Là, c’est le “bonjour monsieur” assuré et je n’aime pas, mais alors pas du tout ça.

Tiens d’ailleurs, apparement ma reconversion a été remarquée (à part ma reconversion capillaire, dont je vous parle dans une minute 50)

Des Chapeaux

J’adorais les chapeaux, j’en portais super souvent, j’ai plein de photos où je porte des chapeaux. Je trouvais ça glamour et parfait en cas de bad hair day.
Je n’en porte plus du tout, à part condition de soleil extrême, mais dans ces cas-là, ça ne s’appelle pas de la mode, mais de la survie.

Qu’est-ce qui s’est passé ?

C’est dû principalement au fait que j’ai coupé mes cheveux et que quand j’essaye de mettre un chapeau, je me sens comme un moineau sans aucun cheveu qui dépasse – mais aussi parce que j’en avais un peu marre – c’est vraiment pas très pratique, ça s’envole, on ne peut pas faire la bise sans éborgner son prochain, et puis on ne sait jamais où les mettre quand on ne les a pas sur la tête. Ça donne aussi parfois un look trop fini et étudié – je sais que c’est exagéré de dire ça, mais c’est en général ce que je me dis quand je suis devant ma glace et que je finis par lâcher le chapeau et partir tête nue.

Par quoi je les ai remplacés ?

Par rien du tout, enfin si, une coupe de cheveux qui m’éclate vraiment. J’aime toujours les bonnets, en revanche… Et eux sont beaucoup plus flatteurs à porter avec les cheveux courts que les chapeaux.

Par contre, là, ça va pas être possible.

Les casquettes de base ball. J’aimais bien ça pour casser un look, avant, mais là, avec les cheveux courts, c’est carrément premier degré, ça ne passe pas du tout.

Des Ongles Courts

J’avais toujours les ongles courts, avant, et en mode optimal Gaga la classe, les ongles courts et rouges, ce qui est très “parisienne”.
Ça me plaisait, c’était facile et surtout, j’étais persuadée que les ongles longs n’étaient pas pour moi.

Qu’est-ce qui s’est passé ?

Je ne sais pas comment, mais j’ai commencé à les laisser s’allonger et à ne les limer que très légèrement – à les peindre avec des couleurs naturelles et à trouver ça super beau, féminin, cool. Et surtout, j’ai découvert qu’ils avaient une jolie forme et qu’avoir les ongles longs faisait presque passer mes paluches pour des mains de femme sophistiquée.

Par quoi je les ai remplacés ?

Ah, ahah, bon, par rien, juste une couche de vernis transparent – et parfois je me fais un délire et je me fais une manucure rouge et la, c’est sublimement sexy, limite too much, et j’adore. Mais je ne la garde que deux jours : le long n’accepte pas de vernis terni, ou ça devient carrément cheap.

Par contre, là, ça va pas être possible.

J’ai essayé de faire une manucure “fun” l’autre jour parce que j’avais été invitée par un salon spécialisé. Bon – perso je n’ai jamais été très fan des manucures à motifs délire, je laisse ça à Zooey Deschanel et à Alex qui le portent très bien. Mais alors sur ongles longs c’est vraiment d’un mauvais goût sans espoir et sans humour. Je l’ai gardée une heure et j’ai tout enlevé.

Mon rouge rouge.

C’était limite ma signature, avant – même mes illustrations avaient les lèvres rouges.

Qu’est-ce qui s’est passé ?

J’ai enfin trouvé comment me maquiller les yeux ! J’ai trouvé une forme de smoky adaptée à mes yeux en amande et ça me plaît beaucoup plus que la bouche, c’est plus mystérieux, plus doux, plus tout.
Et puis j’en avais marre d’avoir des traces de rouge partout. Le maquillage des yeux est tellement plus stable que celui de la bouche – ça m’a changé la vie. Plus besoin de retouches!!!

Oh et dernière chose – le rouge en photo, c’est très casse-gueule.
Une fois sur 2, ça fait la lèvre pincée. Et je suis contre la lèvre pincée.

Par contre, là, ça va pas être possible.

Ma tronche à quatre heures du matin après avoir dansé toute la nuit. Le mascara sur les joues et le smoky sur les tempes – même si parfois, sur un malentendu, c’est arrivé que tout ce bordel coulant donne un résultat carrément sexy.

Ma montre.

Avant, je ne pouvais pas vivre sans ma montre, ma Rolex en acier adorée que ma mère m’avait offerte solennellement à mes 18 ans.

Qu’est-ce qui s’est passé ?

Entre mon téléphone qui donne l’heure et sur lequel j’ai les yeux rivés en permanence et le fait que la Rolex est devenue l’un des accessoires les plus vus et revus et rerevus et trop vus et parfois même un peu vulgaires (la grosse Rolex en or, on va dire qu’il faut savoir la porter, hein) j’ai petit à petit commencé à laisser ma Rolex dans ma boîte à bijoux, la couvrant d’un regard plein d’affection en pensant à ma mère à chaque fois que je change mes bijoux.

Par quoi je l’ai remplacée ?

Par des bijoux ! La mode des bijoux est passée par là et j’y ai plongé avec passion – et comme je n’aime pas trop les accumulations, je trouvais que ma montre était toujours de trop.

Par contre, là, ça va pas être possible.

Sur moi, les accumulations. Je les aime, je les envie même sur les autres, mais pour moi, c’est un bijou à la fois, et j’en change tous les jours.

Mon chignon !

C’était la bouée de sauvetage de mes cheveux indomptables.

Qu’est-ce qui s’est passé?

Ben, j’ai tout coupé.

Par quoi je l’ai remplacé ?

Les jours de crise des cheveux, ma nouvelle bouée de sauvetage, c’est le placage intensif au gel Vivelle Dop extra violent orange qui sent le synthétique à trois kilomètres. Heureusement ça arrive rarement, seulement cas extrêmes.

Par contre, là, ça va pas être possible.

Me passer la main dans les cheveux.

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Voilà, je crois que c’est tout, sinon pour le reste, j’ai toujours un réel amour pour les chemises d’homme, les jeans blancs, les ongles rouges, les ballerines, les manteaux, les parkas, les chemises

Et vous, ça vous est déjà arrivé ? Est-ce qu’il y a des trucs comme ça, auxquels vous croyiez dur comme fer et que vous avez tout doucement laissé tomber ?