Garance Doré

Fashion Week Diary

it takes so much effort to be effortless!

Les enfants, le fashion month is over ! Juste avant que je n’aille m’écrouler sur mon canapé pour les 72 heures à venir (oui, maman, je t’appelle dès que j’ouvre un oeil) voyons les 5 choses capitales que la mode m’a appris ces dernières semaines.

CONTINUER

Chanel, l’hypershow

Hier, c’était le jour du défilé Chanel. Le défilé Chanel ? Le show des shows des shows. Des shows. Taaadaaaaa… Musique !!!

Le Grand Palais avait été transformé en une grange, une espèce de décor à la Disneyland mais en mieux, carrément hallucinant. Les estrades étaient en bois, il y avait du foin partout et un monde fou. L’hystérie était palpable.

Les filles ont commencer à défiler, sautillantes, belles et gaies. Quand vers la fin…

Lily Allen est sortie de la terre (si, je vous jure) pour donner un concert… Yiiaaaah !

Puis Freja, Baptiste et Lara on décidé de faire ménage à trois… Yuuumy !

… Avec la bénédiction de Karl Lagerfeld, of course, en plein salut triomphal. Le plus gros show, c’est bien le sien, tous les autres, vous pouvez toujours vous accrocher.

Juste après, bien sûr, ce fut l’émeute.

Carine, enchantée. Prince (oui, Prince !)(Non, je l’ai pas pris en photo, vous voulez ma mort ? Ses gardes du corps faisaient un mur compact tellement compact, je sais même pas s’il a pu voir le défilé)(d’ailleurs en fait je l’ai pas vu, Prince) Prince, donc, ébloui. Enfin je crois, c’est Agnès qui me l’a dit. Agnès, émerveillée. Tout le monde avait l’impression qu’il venait d’assister à la fois à un concert de rock, à une messe, à une pièce de théâtre, à une fête et… Ah tiens ! Aussi à un défilé.

Émeute ! Hystérie ! Chanel ! Folie ! Génie ! Karl ! Encore ! Avec Scott, on s’est dit qu’on était plus très loin du moment où on ferait tout simplement payer l’entrée des shows. On prendrait son billet six mois avant. Il y aurait du marché noir, les prix des billets s’envoleraient. On dormirait devant le show pendant trois jours pour avoir un front row. Anna Wintour serait surprotégée dans un carré VIP en verre qui aurait la forme de ses cheveux. Ce serait comme d’aller voir Madonna, quoi.

Enfin, c’est Scott qui disait ça. Moi je lui disais, mais non enfin, n’importe quoi. Mais finalement…

La foule ! Tellement de monde, je ne savais plus trop où j’étais. C’est que niveau style, comme pour les défilés, Chanel parle un niveau de langage à part. L’alphabet Chanel, vous connaissez ?

Mais si, voyons, vous connaissez :

Chanel ! Hystérie ! 2.55 ! Folie ! Luxe ! Mode ! Chanel ! Chanel !!! Génie commercial.

Certaines, comme la douce Caroline Sieber, savent s’amuser avec l’alphabet Chanel.

Et voilà !

Hey, attendez, vous croyez avoir tout vu ? Mais non, c’est pas fini ! Chanel, en langage Chanel, ça veut tout simplement dire… Le recommencement éternel.

Chanel ! Hystérie ! 2.55 ! Folie ! Luxe ! Crise économique ? Mais qu’est ce que vous racontez ? Chanel ! Chanel ! Chanel !

Bonne journée !

All the real girls

Attention, attention ! Découverte de l’année : les filles qui font la mode sont comme nous ! C’est pas du scoop en barre, ça ?! Ouais, non non, je sais, ne me remerciez pas. Bon, en fait, je crois surtout que la récession a frappé fort, et qu’on fait moins de cinéma. Mais j’ai été super contente d’apprendre que…

- Elles aiment être à l’aise. Grand pantalons, longues jupes, sweatshirts et coton, même les robes très body-con dont on parlait vendredi dernier sont d’un confort incroyable. Sculpter le corps sans le contraindre… Même si il ne défile pas, l’esprit d’Alaïa est bien là.

- Elles galèrent à mort le matin pour s’habiller. D’ailleurs, être prises en photo devant les défilés les fait vachement stresser. Héhé.

- Elles n’ont pas des pieds en plastique ! Même que des fois, elles ont mal. Ouais. Une copine en Louboutin Pigalle à clous (les plus hauts, les plus pointus, les plus surnaturels, les plus beaux de tous les stilletos) me disait la dernière fois qu’elle ne les mettait que quand elle avait maximum deux défilés. Et non sans avoir fait provision juste avant de semelles Shopping & Dancing + de pansements. Elle en avait plein son 2.55. Mais aïe !

- Elles n’hésitent plus à ressortir les it-trucs des années d’avant. Un sac YSL de l’année dernière qui finalement, n’a pas pris une ride. Des Tribute, de gros bijoux Lanvin, des Spicy de Vuitton… La bonne occasion pour réinventer ses « vieux trucs »… La seule chose qui a disparu, ce sont les fameuses vestes Balmain de la saison dernière. Trop vues ? Pas sûr. Ça ne m’étonnerait pas qu’elles ressortent la saison prochaine.

- Elles font des bébés. C’est sympa une fashionista enceinte ! Il y en a plein partout, et j’ai trop hâte de vous les montrer !

- Elles shoppent chez H&M, chez Zara et chez Topshop. Les petites vestes épaulées Zara sont sur toutes les épaules et la collec Christopher Kane pour Topshop a mis le feu : franchement tout ce que je vois est tellement bien que je regrette à mort de ne pas avoir eu une seconde à Londres pour aller tout essayer.

- Elles savent miser sur de l’intemporel. D’ailleurs on frôle presque l’overdose de 2.55. Sauf quand il a quelque chose de spécial. Qu’il est vintage. Qu’il est dédicacé par ses copines. Qu’il est vert, bleu, ou rouge.

- Quand elles perdent leur valise, elles aussi, elle pleurent.

- Elles s’achètent un ou deux accessoires super tendance et n’hésitent pas à les arranger à toutes les sauces. Au choix cette saison, une paire de cuissardes, un sac seau, ou n’importe quel accessoire à clous.

Bon. J’ai toujours pas percé le mystère de leurs cheveux parfaits, de leur teint frais après trois semaines de marathon (il faut que je vous raconte la vraie journée de fashion week d’une styliste, je vous jure, la mode c’est un métier de passionnés) et de comment elles font pour, en plus de tout ça, aller aux soirées. Moi j’en ai fait une samedi, je me suis régalée. Résultat : je suis malade. Non mais vraiment : comment elles font ?

Oh, et puis après tout, c’est pas mal de laisser un peu de mystère, vous trouvez pas ? Allez hop, je file chez Stella McCartney. Mrs Doré wishes you a nice day !

———

PS : Merci à tous pour samedi chez Colette. J’ai été drôlement impressionnée de vous rencontrer. Vous êtes beaux ! Merci d’être venus, d’avoir été aussi patients et aussi gentils. Merci aussi à toi, ado qui attendu juste pour me dire : « Je ne sais pas du tout qui vous êtes, mais je me dis que si les gens font la queue c’est que ça vaut le coup d’avoir votre autographe. Vous pouvez signer là ? » Huuum… Mon petit, je sais pas si tu m’as googlisé depuis et si tu me lis, mais merci. Tu m’as fait exploser de rire !

Glamorama

La mode est un petit monde très organisé. Il y a des us, des coutumes, des rois, des reines, des fous, des princesses, une étiquette, des codes, on a jamais fini d’apprendre, et c’est particulièrement fascinant. Contrairement à ce que l’on pense, la plupart des gens sont délicats et distingués. Il est de bon ton d’être détaché. Mais tout se voit, tout se sait.

Le front row d’un défilé est avant tout l’endroit duquel on voit le mieux les vêtements. À partir du troisième rang on ne voit plus les chaussures et au cinquième, si on a de la chance, on peut apercevoir les coiffures. Les places au front row sont chères. Parce que c’est aussi celles où l’on est le mieux vu. On les gagne par la célébrité, l’expérience, ou le pouvoir. Elles cristallisent beaucoup de drames et donnent matière à de jolies crises d’égo.

Cette saison, les créateurs de Dolce & Gabbana ont eu une révélation. En parlant avec leurs clientes, ils se sont rendus compte qu’elles passaient leur temps sur internet. Qu’elles étaient hyper informées, qu’elles voulaient que ça aille vite, qu’elles étaient prêtes à acheter tout de suite. Ils ont se sont dit que c’était un âge nouveau, qu’il fallait avancer avec son temps.

Ils ont décidé d’ouvrir grand leurs portes à quatre bloggeurs.

Voilà comment Tommy, Brian, Scott et moi on s’est retrouvés sur les très prisés front row des shows D&G et Dolce & Gabbana.

Une impression très étrange, d’autant que ça a été fait en grande pompe. Au premier show, on nous avait mis quatre laptops, bien alignés devant nos sièges. Nous étions les seuls, de toutes les personnes présentes au défilé, à avoir droit à ce traitement de faveur. Alors que perso, je ne commente jamais en direct des shows. Et en plus vous le savez, je ne Twitte plus qu’oralement, héhé.

Bref. Une mise en scène parfaite, et donc assez troublante.

Car si se retrouver soudain propulsé sur la A-list d’une maison aussi prestigieuse est très valorisant, le fait que ça arrive de cette manière là est aussi vraiment très embarrassant. Et dans cet univers aux codes et au tissage très soigneusement tiré, ça bouscule un peu tout le monde.

Après tout, pourquoi pas ? Sauf que pendant quelques secondes et à quelques regards croisés, je crois que j’aurais préféré ne pas être l’incarnation de ce nouvel âge. Rester discrète, et faire les choses à mon rythme à moi. Continuer à ne surtout pas m’inquiéter d’où je serais placée dans un défilé.

Mais c’est comme ça. Et quand on vous fait un cadeau, si compliqué à ouvrir soit-il, il faut savoir l’accepter.

J’ai donc pris le parti de me régaler à voir l’envers du décor depuis les backstage et la salle VIP, celle où sont chouchoutées les célébrités avant le show.

Au mur, une photo de Monica Vitti, signée, j’ai pas pu résister…

J’ai aussi voulu rencontrer Stefano et Domenico. Je voulais d’abord les remercier, puis avoir leur point de vue sur ce micro-événement. Puisqu’ils étaient les premiers à dérouler le tapis rouge pour des bloggeurs, savoir, vraiment, ce qu’ils en pensaient… Je voulais savoir si leur démarche était sincère.

C’était sans compter sur leur incroyable charisme. À la minute ou j’ai serré leurs mains, j’ai été conquise. Voilà pourquoi je ne serais jamais journaliste : je n’ai aucune objectivité. Je leur ai posé plein de questions, et j’ai beaucoup aimé leurs réponses, très nature. Comme je vous le disais plus haut, pour eux tout part de leur cliente. Si elle aime internet, alors c’est qu’il est temps de s’y intéresser.

Et leur but, c’est communiquer leur idée. Ce qu’ils disent, c’est qu’un défilé, pour eux, c’est une idée, une inspiration. Que si on ne peut pas s’acheter une robe chez Dolce mais qu’elle inspire l’achat d’une robe vintage, pour 2€ au marché, ça leur va très bien. Et pour eux, internet c’est le moyen le plus direct de communiquer leur idée.

Juste pour vous, donc, voici leur mur d’inspiration, attrapé backstage. Une très belle collection hommage à leurs origines et à leur « italianité ».

Oh, et un petit bout du catwalk géant vu depuis la VIP room,

Et puis moi en JOGGING avec Stefano et Domenico, heureusement que j’avais mes chaussures d’hystéro de la fashion pour compenser.

Un moment que j’ai bien aimé juste avant de partir, le moment où toute l’équipe se réunit pour regarder le défilé. Super ambiance, Scott a du me tirer par le col pour pas que je m’incruste.

Et voilà. Drôle d’aventure pour moi, jolie et très intéressante à la fois. Je me demande ce que vous pensez de tout ça. Mais ce que je retiens surtout ce sont ces murs laqués, ces dentelles noires et ces lèvres rouges, cette musique cinématographique… Et les yeux de Sofia.

Sports Illustrated

NON MAIS COMMENT LES GENS FONT-ILS POUR SURVIVRE À UNE FASHION WEEK ?

Je veux dire, ils font comment les gens sérieux qui font tous les défilés depuis 9h du mat, prennent des rendez-vous entre pour plannifier leurs prochains shootings, arrivent à trouver le temps pour écrire un ou deux articles, répondre à tous leurs emails, puis se préparent à ressortir pour le défilé du soir + la soirée ?

CONTINUER

Creatures of Comfort

Pour reprendre un concept, évoqué ici-même pas plus tard qu’hier, un concept très fort en cet instant palpitant qu’est la f_sh_n w__k, instant tellement palpitant qu’en ce dernier jour je ne supporte même plus de dire le mot fa__i_n, ça me donne des palpitashions, d’ailleurs je comprends même plus pourquoi je regarde des filles marcher sur des podiums toute la journée, ça me plonge dans des abîmes de réflecshion…

Mais où vont-elles toutes ces filles qui marchent, hein, où Garance, où ?!!? Ouh là.

Bref. Pour reprendre un concept évoqué ici-même pas plus tard qu’hier, en ce moment je parle en franglais je shoppe à mort dans mon closet. Et même, parfois, dans le closet de mon boyfriend, lui demandant de m’en extirper les trucs les plus oversize et les plus élimés qu’il puisse y trouver.

Le boyfriend jean élimé, wow, ça me plaît.

C’est bien. C’est beau, c’est trop beau. Ça rend les filles cool et sexy, donc en un mot, sublimes. Et en plus, c’est confort.

Confort. Voilà tout mon problème.

À force de passer mon temps à moitié pas chez moi, à boulotter absolument n’importe quoi entre deux défilés [ça y est, je sens que vous voyez où je veux en venir] et à être confort dans mes boyfriend jeans, mes boyfriend pants et tous ces trucs qui nous rendent la vie cool, classe et coolasse, je me demande si un jour je pourrais encore rentrer dans ça :

Ça, c’est un jean magnifiquement slim ET élimé. J’en ai vu quelques uns, portés courts et avec des escarpins comme dans les années 80, et ça m’a un peu donné envie, QUAND MÊME. J’ai donc décrété ce matin à mon miroir, ambiance Rocky III, qu’à partir de ce week-end je commençais ma fa__h_n rehab. Ça va commencer vendredi par un massage, faut toujours garder le meilleur pour le début (D’ailleurs si vous connaissez un bon endroit pour un massage à Paris, je prend !). Puis après on passera aux crudités et au blanc d’oeuf cru et puis on chaussera des baskets SANS talons, et on montera les marches du Sacré Coeur en courant très tôt le matin en hurlant Adrieeeeen !!!

Avant de m’enfuir en sautant à la corde à sauter de ce billet radicalement sans objet, si ce n’est comme d’hab, parler de moi-même, je voulais quand même vous faire noter un truc. Vous avez vu cette veste, ci-dessus ? C’est mon manteau !!! Je veux dire, cette veste au départ c’est un manteau Zara, et j’ai le même dans mon closet. Susan a eu la géniale idée de le faire couper. Et ça donne une veste double boutonnage oversize absolument trop bien.

Voilà, c’était juste une idée shoppage de closet au passage, parce que bon, quand on lance des concepts de la mort après faut assumer, hein. Surtout que c’est absolument pas moi qui l’ai lancé. Bonne journée !

Cosi fan Tutte

C’est une Garance toute béate de joie que vous retrouvez ce lundi matin. Wouhou ! Vive Milan ! Vive la mode !!! Ciao bella ! E pericoloso sporgersi !! Dove la sfilata ?!

Ouais, je suis mainstream. Je me régale aux shows Burberry, Bottega Veneta, Marni, Prada. Jil Sander ? Je ne sais pas. Je m’intéresse à tout, mais je m’ennuie d’un rien. Je vous promets dans les saisons à venir de tenter de regarder de plus près la jeune garde anglaise. Mais je vous avoue aussi qu’ici à Milan, la mode me parle, m’inspire, me touche.

Côté public, on s’y croirait. C’est comme si l’énergie était de retour. J’ai envie de photographier plein de gens, de me dédoubler, je parle très mal italien, je me marre, je cours dans tous les sens, je prends des taxis beaucoup trop chers et je me casse la gueule sur mes talons beaucoup trop hauts.

Il fait beau, il fait chaud, puis il pleut, il bruine, on s’en fiche. L’énergie est là.

J’ai plein de trucs colorés à vous montrer, mais j’ai voulu commencer par LA tendance saison de la fashion crowd, le monochrome, le foncé, le noir, le sans couleur. Parce qu’elles s’y sont toutes mises. En général, pour des photos ça ne m’inspire pas… Sauf si c’est aussi bien fait que ça.

Parenthèse. Ces talons sont absolument sublimes, ils méritent trois petits points à eux tous seuls.

Voilà voilà mes chéris, rien de plus, sauf que j’ai un bon pressentiment pour la suite, pour les jours qui s’allongent et pour Paris qui arrive à grand pas. Que la mode, la vraie, celle qu’on aime retrouver pendant les fashion weeks, celle qui est trop, trop luxe, trop haut perchée, trop tendance, trop noire, et trop cool, est de retour. Et que je ne m’en étais pas rendue compte… Mais qu’elle m’avait manqué. Pas à vous ?

Bonne journée !

  • Page Precedente
  • Page Suivante

Garance Doré

J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...

EN SAVOIR PLUS

Pour trouver des photos par style, mots-clés...
Utilisez la recherche avancée

Recherche avancée

English Version

Garance Doré FR / EN
Illustration FR / EN
Photo FR / EN
Video FR / EN
Comments

Follow me on

TwitterFacebookBloglovin

Partners

  • The Sartorialist
  • walter schupfer