Nuit Blanche

Ce matin, à 4h30*, pendant que vous dormiez tous** moi j’étais assise devant ma valise, tel le penseur de Rodin, mais en shorty léopard et avec un café à la main.

Ce matin, à 4h30*, pendant que vous dormiez tous** moi j’étais assise devant ma valise, tel le penseur de Rodin, mais en shorty léopard et avec un café à la main.

Garance : « Bon maintenant Mélinda dis-moi. T’es l’une des filles les mieux sapées que je connaisse. Tu connais TOUS les bons plans de Paris. On les trouve où ces foutues bottines cloutées Chloé de l’année dernière ? Où !?!! Je suis désespéree. Deux mojito s’il vous plait ! »
Mélinda : « Ah non mais tais-toi. Interdiction d’en parler. JE SAIS PAS. Je les ai loupées aussi. Je cherche. JE TROUVE PAS. »

De : Sophie Fontanel
Objet : garrrrrrrrrannnnnnnce!
Date : 11 juin 2009 11:00:45 HAEC
À : Garance Doré
Bon je suis ta vie jour par jour mais tu me mannnnnnques!
Tu rentres quand?
Sinon, je voudrais savoir si tu crois que tu pourrais me rapporter de New-York une paire de baskets MBT. Taille 37. Je te fais absolument confiance pour prendre les moins moches, elles sont affreuses. Mais bon t’es au courant que c’est la seule basket qui muscle le cul, hein?

Telle que vous ne voyez pas, je suis en train de développer une obsession scandaleusement tardive pour l’imprimé léopard.

Samedi après-midi, j’étais comme un Paris-Brest écrasé par la chaleur. Les jambes en l’air sur mon canapé. Mon ventilateur en position 3, vent d’arctique, tu parles. Un jus d’orange glacé en intraveneuse…. J’essayais de bosser.
La vérité c’est que dans une tentative désespérée de trouver une étincelle d’inspiration, j’avais mis sur ON un slideshow sur la collection Chloé. Affalée, la bouche ouverte, je rêvais de la nouvelle moi que je serais à la rentrée.

La première fois que j’ai vu Anna avec ses lunettes, j’ai poussé un cri : « Anna mais ces lunettes, c’est quoi ? Tu les as trouvées où ? C’est vintage ? C’est nouveau ? Je peux essayer ? Tu mes les donne ? »
Anna a explosé de rire et m’a dit non, c’est moi qui les ai créées, je lance une ligne de lunettes. Elles ne sont pas encore fabriquées, mais promis, dès que je les ai, je t’en file une paire.
Aaaaaaah. Joie.

Puis après le bonheur de la promesse de la possession future, je réalise.
« Comment ça, tu crées ta marque ? Comme ça, là, tu te lance ? Wow ! »
« Bah oui. J’ai toujours porté des lunettes, alors l’idée m’est venue naturellement. Je continue mon boulot (Anna est journaliste pour WGSN), mais j’avais envie de faire mon truc à moi. J’ai un nom, Prism, un packaging, un logo, un site internet, et ça va bientôt sortir ! »
J’adore quand les gens se lancent dans des aventures comme ça. Surtout quand c’est des copines, de la mode, et quand c’est fait avec autant de classe et de simplicité.

Et voilà ! Ce week-end, elle a débarqué à Paris avec des boîtes entières de lunettes, on est allées prendre un café à la place Colette, et elle m’a demandé d’en choisir une paire. Le seul truc que je peux vous dire, c’est que j’ai eu du mal : elles sont toutes géniales.
J’ai fini par me décider pour le modèle en écaille que vous voyez plus haut, je me suis baladée toute la journée avec (ouaaaaais, les verres étaient blancs, ridicule la fille !) et j’ai eu plein plein, plein de compliments.

Allô ? Sexy secretary ? Yes ! It’s me ! … Je les adore ! Merci Anna !
———–
Ah ! Et j’ai été suivie par France Inter au défilé Dries Van Noten, ça passe ce matin dans l’émission de Guillaume Erner, « Esprit Critique », entre 9h10 et 9h30. Vous saurez tout sur mon passe photo, mes mojitos glacés, et vous entendrez le tonerre qui a éclaté juste à la fin du défilé pour saluer la superbe collection de Dries ! Merci à Guillaume et à Baptiste, ce fut un plaisir, et j’espère que je ne raconte pas trop n’importe quoi ! Vous me direz ? Bisou !
Edit : Si vous l’avez loupée, voici le lien du podcast (une fois là-bas, regardez en haut à droite). Bonne journée !

Assise devant mon café, je lisais le Vogue anglais. Dans un article, Alexa Chung parlait de son style. Disait qu’elle serait toujours un garçon manqué et citait Valentine Fillol-Cordier : « S’habiller comme un garçon, ça t’amène beaucoup plus loin avec les garçons… »
Je ferme mon magazine, avale une dernière gorgée de café et je me prépare pour un shooting. Ce coup-ci, c’est moi qu’on shoote. Tiens, l’occas de mettre ma jupe en plumes vieux rose. Avec des talons hyper hauts qui projettent mon corps en avant et une petite veste en jean, le résultat est assez spectaculaire : je pense que de loin, dans la jungle urbaine, on aura aisément pu me confondre avec une autruche.

Tout a commencé à cause du jog Marant qui est une catastrophe internationale. From Paris to New York en passant par le siège 456A d’Air France coincée entre deux bébés qui me bavent dessus, je ne le quitte plus, et toutes mes copines me disent que ça fait une super dégaine, donc, je le quitte encore moins. Je suis dingue du confort et de la cool attitude qu’il procure. Et quel est mon but dans la vie ? Être cool, qu’est ce que vous croyez ?

J’adore m’assoir sur les marches et prendre un café avec elle. J’aime ses cheveux tout courts, sa grâce naturelle et son côté bonne élève qui n’attend qu’une étincelle pour se mettre à déconner.
Tracy est l’assistante de Scott, et ce n’est pas un hasard. Avant chaque fashion week, elle prépare ses tenues, me demande mon avis et me montre ses sources d’inspiration. À tous les coups, je suis vachement impressionnée. D’abord par la joyeuse application qu’elle y met. Ensuite, parce qu’elle tombe souvent juste. Et enfin, parce qu’elle trouve la plupart de ses vêtements dans les vintage shops.

J’aime aussi un truc un peu particulier, c’est que Tracy se fait une garde-robe de son âge. C’est complètement con de dire ça, puisque je suis la première à penser qu’en mode, il faut surtout faire ce qu’on veut. Mais c’est peut-être tout simplement parce que ça me fait penser à… Moi !
J’ai commencé à mettre des talons très hauts très tard, à assumer pleinement ma féminité il n’y a pas si longtemps. Et si je prends aujourd’hui un vrai plaisir à être soignée jusqu’au bout des ongles, à ne pas hésiter à sortir le grand jeu et à me faire de temps en temps un cadeau luxueux, à 20 ans, j’avais juste envie d’être cool.
Cool, cool, cool, fraîche et stylée à la fois. Bonne journée !

Toutes les lunettes me vont. Si je vous assure ! Vous pouvez essayer. Toutes, sans exception.
Quand j’essaye des lunettes, j’entends souvent : « Ah mademoiselle ! C’est merveilleux comme elles vous vont. » Là, je lève un sourcil fier, et je dis :
« Alors, bon. Je vous arrête tout de suite : toutes les lunettes me vont. Arrêtons de nous extasier sur mon ovale parfait s’il vous plaît et concentrons-nous sur le modèle. Dites : qu’est ce que vous avez de nouveau ? »