Nejma







Les filles, en Australie, elles prennent l’automne avec philosophie. De toutes façons il ne fait jamais vraiment froid. Dans les boutiques les pulls côtoient les maillots & les nu-pieds. On pique quelques pièces chaudes au vestiaire de l’hiver, mais on les porte jambes nues et avec une peau caramel.
On joue à l’hiver, quoi.

J’adore ce mix intersaison, mais ça me rend dingue : je suis hyper jalouse ! Moi qui croyais rentrer et trouver le printemps !!!
Pfff. Rendez-moi mon automne australien !!!

J’aime beaucoup la manière qu’ont les australiennes de réinterpréter le grunge.


… Aaarrgh mais je dois filer ! Bisou, bonne journée !!!
… Aaaaah mais attendez, j’ai oublié de vous remercier pour tous les adorables messages que vous m’avez laissé pour mon anniv ! Allez hop, encore une occasion de vous embrasser ! Bonne journée !

La seule fois où j’ai essayé de surfer, c’était en Californie. J’avais été à l’époque assez casse-cou pour me jeter du haut de mon néophytisme, la tête la première dans une horde de surfeurs tatoués jusqu’aux dents, assoiffés de vagues, et prêts à bouffer tout cru n’importe quel intrus.
Ouaip. Cuisant.
J’avais été sortie de la plage par le haut de la combi, et j’avais à compter de ce jour-là dit adieu à mes rêves de vagues, de romance salée avec Keanu Reeves (Pointbreak, vous vous souvenez ?), de corps de rêve et de fartage intensif au coucher du soleil.
Depuis, les surfeurs, je préfère les regarder. Hahum.

Je me suis amusée comme une gamine à Bondi Beach. Pas mis les fesses dans l’eau, faut pas dèc, je ne me me baigne qu’entre le 13 et le 17 août, dans la Méditerranée, les étés de canicule, mais l’atmosphère sur cette plage est tellement chouette, les couleurs tellement vives et l’énergie cosmique (Oh bah quoi, ça vous arrive jamais de sentir qu’un endroit est plein de bonnes vibrations ?) tellement palpable que je me suis mise à courir partout. Et vu que j’avais mon appareil photo, ça m’a donné une bonne excuse pour aller parler à n’importe qui, même à un sac vert.

Faut me comprendre aussi. J’étais déchaînée de bonheur, et lui il était tout seul, regardant au loin si son maître masterisait le swell (là perso je ne comprends rien à ce que je raconte hein, moi non plus, je vous rassure).

J’ai trouvé archi cool de voir plein de filles surfer, et puis, juste avant de partir manger un John Dory grillé en regardant la mer [Ça c'est le truc que je comprends pas. NON MAIS CA VA PAS DE DONNER DES NOMS DE GENS À DES ANIMAUX COMESTIBLES (et grillés à point) ? À chaque fois que j'avalais une bouchée de mon (délicieux) poisson grillé, j'envoyais en pensée des excuses à toute sa famille imaginaire, je sais pas moi, à... Walter Dory, à Donald Dory, à euuuh... Garance Dory ? Là, un dauphin à fait un salto arrière au loin et la culpabilité a rejailli sur ma famille, au moins sur quatre générations.]
BREF. Quand même, c’était bon, même si à relire mon texte je me demande bien ce qu’ils y mettent, dans leurs poissons.
ET DONC… Et juste avant de filer retrouver mon John Dory grillé, j’ai rencontré Margot.

Margot est française, et non seulement elle m’a fait exploser de rire, « bon, ok, tu peux me prendre en photo, c’est cool, tout le monde va croire que je suis une star internationale du surf, et ils vont hurler de rire quand je vais couler à la première vague, mais ça va, ça va ! », mais en plus elle m’a direct invitée à une soirée de rêve, où elle m’a dit « Il y aura plein de surfeurs si tu veux faire de la photo ».
Damned !!! J’ai pas pu y aller. Bah, faut croire que le fartage au coucher du soleil c’est vraiment pas pour moi, sur quatre générations.
Même si en vrai, le surf… J’ai vachement envie de reéssayer. Qui m’accompagne ?
Bisou, bonne journée ! Et encore pardon, John Dory. Vraiment, hein. Désolée.

Un chignon fait à la va-vite, une paire de lunettes strassées, une allure sexy et décontractée : voilà exactement ce que je voudrais pour mon birthday !
Allez hop, je vous embrasse super fort, je file mater les surfeurs à Bondi Beach. Bonne journée !

Hier, il a plu à Sydney. Une pluie vive et piquante, faite d’averses grandioses et d’éclaircies fulgurantes.
Allez savoir pourquoi, ça m’a donné envie de me balader. J’en avais un peu marre de la mode, donc j’ai décidé d’aller faire un tour à Paddington. Je me suis assise sur les bancs d’un microscopique café et j’ai regardé les gens passer. Puis un chirurgien transplantateur de coeurs est venu s’asseoir à côté de moi et on a discuté.
Il m’a dit qu’il avait passé un mois à Paris, à Necker, et qu’il n’avait pas eu envie de rester. Il avait trouvé les parisiens beaucoup trop arrogants. Ça m’a fait bien marrer.

J’ai fini mon café et je suis repartie. Je suis allée chez Sass&Bide, j’ai failli faire un cambriolage chez Ksubi, et j’ai croisé Emily (première photo) chez Scanlan & Theodore. J’ai vachement aimé sa façon de porter le jean / tee-shirt blanc. Le jean tout simple et le détail du tee-shirt à manches asymétriques. Et les shoes. Bien sûr. De chez les géniaux Surface to Air.
J’ai trouvé en repartant que devrais faire un blog rien que pour le jean / tee-shirt blanc. C’est une idée de la tenue idéale. Et il y a tellement de façon de le porter, je me disais en levant les yeux vers le ciel.
C’est le moment que la pluie a choisi pour me dessus. J’ai couru sous un porche. Et là, j’ai entendu parler français.
Linlee est un rayon de soleil et elle porte des bijoux en peau de kangourou (si, si !)
Celle qui parlait, c’était Laura. Je n’ai pas pu la prendre en photo, mais le temps de l’averse, elle m’a tout raconté. En fait, ça tient en deux mots. Un jour, elle était venue passer des vacances à Sydney. Et elle avait décidé d’y rester.
Ce qui est beau en Australie, c’est que l’on se sent chez soi, et en même temps, tout au bout du monde. La distance est comme un imperceptible voile de brume. Il y a cette impression d’être si loin des bruits stridents du monde. Et pourtant, d’être tellement dedans, connecté. C’est particulièrement enivrant.

J’ai fini par retourner à Circular Quay. Après la pluie, les nuages s’accrochaient aux sommets des palmiers. C’était gris et bleu. Puis soudain, j’ai levé le visage, et m’est apparu le plus bel arc-en-ciel que j’ai jamais vu. Entier, du début à la fin, et tellement grand et précis que mon objectif n’a pas pu le contenir.
Sydney est une ville au coeur d’or. Comme ses habitants, elle est tellement confuse quand le temps n’est pas clément, qu’elle se sent obligée de te donner un arc-enc-ciel.

Sydney est une ville radieuse, et je crois que je suis en train d’en tomber raide dingue amoureuse. Il faudra que je m’enfonce dans ses rues, que je m’accorde un instant à son rythme souple et gai, et que me perde enfin dans la contemplation d’un coucher de soleil + plage + surf + palmiers pour vous mieux vous raconter.
En attendant, et comme si ça ne suffisait pas, me voilà soufflée par la qualité de sa fashion week.

D’accord, on est sur Circular Quay, avec l’Opera House juste en face et on peut passer la journée à siffler du blanc allongés sur de grands canapés. Mais ça on s’en fout (genre). Le plus important c’est qu’on rentre dans un show et qu’on voit de vrais vêtements, bien portés, avec des idées, et une impression générale de vraie qualité. Je suis vachement impressionnée !

Moi qui avait le coeur tout serré de ne pas pouvoir aller au Festival de la mode de Hyères (alors alors, c’était comment ?), je suis ravie de retrouver une atmosphère que j’ai toujours adoré là-bas : on prend son temps, on se croise, on bavarde, on échange…
Non.
Mais non c’est pas possible ! Mais qu’est ce que je suis chiante quand je parle de quelque chose que j’aime ! Au secours !
Ah tiens d’ailleurs, j’ai une réclamation. L’Australie, c’est merveilleux, tout ça. Mais s’il vous plaît, quelqu’un voudrait bien me dire où je pourrais trouver un kangourou ?

Quel voyage extraordinaire l’Australie. J’ai vraiment l’impression de marcher la tête en bas. Ici c’est l’automne, vous savez ? Comme recommencer un cycle que l’on n’a pas encore fini. Et puis il y a l’incroyable jetlag, et le voyage, si loin, si long, qu’on a beau vouloir rester toujours connecté, on laisse un peu de soi dans les airs. Et en fait, ça fait un bien fou.
Je suis partie mardi, j’ai atterri jeudi, et j’ai mis encore deux jours à raccrocher les wagons, les yeux grands ouverts sur tout ce qui se passait autour de moi. Les rues cinématographiques de Melbourne. Les vieilles voitures qui te font oublier ton époque. Les nuits sans sommeil à refaire le monde en écoutant le vent dans les arbres. Et les fringues. Un centre ville sans Zara, sans H&M. Et des tas de créateurs que je ne connaissais pas.

Comme Willow par exemple, (photo ci-dessus), ou comme Arnsdorf, dont j’ai croisé la créatrice, Jade (première photo) ce week-end.
Jade m’a frappée par l’enthousiasme hyper décontracté avec lequel elle m’a parlé de son travail. Merde, si jeune, avoir sa marque, être vendue bientôt jusqu’en Europe et défiler… C’est tout ce que ça te fait ?
… Yes, why ?
J’ai un faible pour cette souriante simplicité. Je crois que j’ai un gros faible pour l’Australie.
Hier on est arrivés à Sydney. Le soleil implacable, la beauté précieuse de la ville, de sa végétation. Son majestueux opéra sur l’eau, que j’ai juste en face de moi alors que je vous écris (mais que c’est beau !), ses surfeurs tout blonds, et cette chaleur indéfinissable dans le regard des gens. Ses oiseaux étranges. Ses bateaux. C’était tellement beau qu’on a été obligés de descendre une bouteille de blanc histoire de célébrer. Quoi, je ne vous ai pas parlé des vins australiens ?
Merci pour pour votre enthousiasme et pour tous vos bons plans. J’ai tellement de choses à vous montrer, j’ai tellement de choses à vous raconter qu’aujourd’hui je ne savais même pas par où commencer. J’ai préféré faire simple.
Comment ils disent ici ? Easy ? Huuuumm…
All right ! À demain !

Je suis tellement raide dingue de joie de vous annoncer ça que je ne sais pas du tout par où commencer.
Mes bagages ne sont pas du tout prêts, j’ai trop fait la fête hier soir, je suis complètement crevée et en même temps furieusement surexcitée parce que dans quelques heures je décolle pour… Oui bon ça va vous avez compris mais, aaaaaah !!!
L’Australie !
Yaahaaaa ! C’est comme un rêve qui se réalise. Je n’y ai jamais mis les pieds, je crois même que je n’ai jamais fait un voyage aussi long. On se retrouve là-bas avec Scott, on va faire Melbourne, Sydney, rencontrer plein de gens et surtout assister à la Fashion Week… Donc j’espère, faire plein de photos et vous raconter des millions de choses.
Voilà, rien de plus. Je déborde de joie, je ne sais pas quand je pourrais poster la prochaine fois, demain, après-demain, peut-être de Singapour où je fais escale, qui sait ?
Ah si ! Si vous connaissez des endroits, des trucs à faire, des gens ou des choses incroyables là-bas, dites-moi, je suis super curieuse ! En tout cas je vous embrasse et j’ai hâte de vous retrouver ici, le plus vite possible j’espère !!!
Bonne journée ! Et vive les points d’exclamation !!!

Ok. Le ciel de Paris a décidé de me faire regretter toute sortie en tenue légère, la pluie a décidé de jouer avec mes nerfs, alors tant pis : je ressors mes tenues d’hiver.
Puisque l’essentiel n’est pas là, et bien je me concentre sur l’accessoire.

… Les chaussures !!!
C’est le seul truc qui me console en ce moment. Je fais comme Julia et Vanessa. J’enfile un truc noir… Souvent c’est ma combi Mango d’ailleurs si ça vous intéresse, que je ne quitte plus vu comme ça règle d’un coup tout problème de mix ou de matchy-matchy, même que ça m’inquiète, vais-je finir ma vie en combi tellement c’est confortable, tellement c’est classe, tellement c’est facile à mettre, tellement ça rend jolie ?
Fin de la parenthèse. J’enfile un truc noir, et une paire de talons qui tranche.

Quoi ? Mais bien sûr que les couleurs cuir naturel et nude ça tranche !!!
Bon, et maintenant, vous allez me poser LA question. Je le sais, vous allez me la poser. Allez-y, posez-là !
LA question : Et tu fais comment quand il pleut avec tes belles chaussures couleur nude qui tranchent ?
Ben… Hum. OK.
JE LES BOUSILLE. Ouais, j’ai bousillé ma paire de Céline préférées. Non mais quelle conne. Maintenant je le sais. Je ne suis pas waterproof. Rien chez moi ne résiste à la pluie. Ni mes cheveux, ni mes smoky yeux, et pas non plus mes shoes. Et encore moins mes smoky yeux quand je pleure mes shoes.
Donc c’est décidé. Je ne sors plus tant qu’il ne fait pas un impassible grand ciel bleu. C’est compris, ciel de Paris ?