streetstyle photos

Pas de Côté

Il y a des détails qui nous font sortir de la simple mode. La tendance, je sais pas ce que vous en pensez, mais parfois ça me gonfle. Me dire que chacun de mes vêtements retrace une histoire bien précise, compréhensible, lisible par les gens comme moi.

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monday morning

Je sais, je sais, vous n’êtes pas là. Vous êtes tous en vacances à vous gaver de chocolat alors que je suis chez moi à faire du tri en buvant du thé vert assise en position du lotus au beau milieu de :

- Un Empire State Building de magazines à classer. Je suis incapable de jeter les magazines avant de les avoir relus/classés/dépecés, ce truc me rend dingue. J’ai même caché à des copains qui m’aidaient à déménager la dernière fois que les deux cartons méga-lourds, là, c’était pas DU TOUT du Nietzsche. C’était ma collection d’anciens The Face, I.D, 20 ans et Vogue qui me suivent partout depuis toujours. Sorry pour ton dos, Alex.

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une fille, mille styles

Le style de Mira, c’est sa fantaisie. Alors que je passe mon temps à chercher mon identité mode, essayant de définir ce qui est moi, pas moi, ce qui me va, ce qui me raconte, ce qui me trahit, et où je vais bien pouvoir trouver le budget pour ces bottines à clous Alaïa, Mira s’invente différente chaque jour.

Et on ne voit qu’elle.

Quand je pense aux femmes dont le style m’a marquée, comme Lauren Hutton, Lauren Bacall ou même plus récemment, quelqu’un comme Giovanna Battaglia, ce ne sont pas des vêtements précis qui me viennent à l’esprit.

C’est une façon d’être à la vie. D’y trouver son confort, que ce soit sur des talons hauts ou dans des derbies, avec une micro-pochette ou un grand cabas. Mais c’est surtout une posture, un sourire, un regard, une manière d’enfoncer ses mains dans ses poches, une allure qui disent qu’on est là, avec ses coups d’éclat et ses contradictions. Et qu’on est soi, et personne d’autre.

black and white rainbows

Donc voilà New York. Comme un grand bateau. Tu montes, tu descends, downtown, uptown, up, down, toujours à la vitesse de la lumière. C’est comme s’il n’y avait pas de demi mesure. Ils sont loin les cieux gris de Paris. Ici c’est blanc, ou c’est noir. Il pleut des cordes ou il fait grand soleil.

Je marchais donc sur la 8th Avenue, lentement, comme écrasée par la ville. Une tristesse venue je ne sais d’où m’étreignait. J’avais une blind date amicale, un concept très local, le genre de truc un peu angoissant que d’habitude j’annule à la dernière minute, par lâcheté.

Ce coup là, j’avais décidé d’y aller.

Arrivée a destination, j’ai eu un mal fou à trouver. Un endroit caché. Un nom sur une porte, à peine visible. Un escalier, l’impression de descendre dans les entrailles de la ville. Brrr.

Voilà comment j’ai posé ma mélancolie dans un speakeasy, et voilà comment j’ai vu mon nouvel ami que je ne connaissais pas arriver.

Un quart d’heure après, on était morts de rire à parler de milliards de trucs en buvant des cocktails au concombre et en écoutant du jazz. On a parlé de mode aussi. On a parlé de rêves, on a parlé de voyages, et on a beaucoup parlé de la personne qui nous avait réunis. On a trouvé qu’en fait c’était vachement bien les blind dates amicales. J’en ferais plus souvent.

Tous ceux qui vivent à New York City disent la même chose. C’est une ville dure, qui t’attrappe, te jette, t’étreins et t’épuise. Beaucoup y ont passé leurs premières années à pleurer.

Mais la plupart ne pourraient plus en partir. L’énergie y est trop entêtante, les fêtes trop folles, le travail trop dur. Et les rêves n’y ont aucune mesure.

Je me demande si un jour la ville m’adoptera. J’essaie de faire avec elle comme avec un enfant. Je ne lui demande pas de m’aimer, je ne lui demande pas de m’accueillir, je ne lui demande pas d’être belle, je ne lui demande pas d’être douce. J’essaie de ne rien lui demander. Quand ça lui chantera, elle viendra jouer avec moi.

Saturday Night, Live !

« What ? Tu vas au Saturday Night Live ! Voir Phoenix ? Wow. Mais c’est carrément mythique ! »

Ce qui m’est arrivé, c’est un peu un hasard. Une invitation lancée entre deux verres de vin et un morceau de Dalida. Pierre devait suivre le groupe pour les Inrocks. On serait à New York en même temps. Pourquoi pas ?

C’est en arrivant au Rockefeller Center, samedi aprèm, que j’ai pris la mesure du phénomène. Aussitôt arrivé au 8éme étage, tu rentres pas dans des studios télé, tu rentres dans la légende.

Tout est mythique. De la scène en passant par les loges, jusqu’aux aux toilettes où quelques heures plus tard, j’allais tomber nez à nez avec Ed Norton.

Le big hug by Phoenix

Je pense que je ne mesurerais jamais le vertige qu’ont dû ressentir les membres de Phoenix. Le SNL, c’est l’une des choses les plus importantes qui peut arriver à un groupe. Plus de 10 millions de téléspectateurs, l’Amérique en face, un rêve à la Johnny Hallyday, en vachement plus vrai.

Quand on a débarqué avec Pierre, on était comme des mômes. On s’est mis à explorer tous les recoins pour en voir le plus possible. Le studio, les costumes, les acteurs, les équipes, les cantines. Un monde fou, des studios minuscules, apparemment personne pour diriger tout ça. Juste la sensation d’une mécanique huilée au sourire, à l’humour et à la fierté de bosser là.

Et Phoenix ?  Et bien… C’est très simple : après 10 minutes, j’avais l’impression de faire partie du groupe. C’est des anges.

Ce n’est qu’au moment où, un verre dans une main, un cookie dans l’autre, totalement à l’aise dans la vie à blaguer avec je ne sais qui, j’ai vu Thomas commencer à enlever son tee-shirt pour mettre son habit de scène que je me suis dit que j’étais peut-être en trop. Quand même.

Dans les loges, ça commence à devenir surréaliste. On dirait une ruche. La plupart des gens bossent. D’autres sont là pour faire la fête. D’autres comme… Edward Norton. Oh merde. Pierre ! Edward Harrison Norton. Je vais faire une attaque. Choquée, je fais volte-face.

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postcard

Juste un tout petit truc et après je vais me coucher… Vive les mélanges d’imprimés !

Et vive New York, et vive le printemps, et vivement que je vous raconte, et, et, et… Je vous embrasse bien fort !

Le Sortilège du Turban de Soie

Ce que j’aime dans les foulards, les turbans et les bandeaux, c’est l’atmosphère délicatement rétro qu’ils dégagent. J’aime aussi qu’ils donnent un côté extraordinaire et cinématographique à la plus simple des tenues.

Et puis j’aime aussi, parfois, quand je me réveille avec sur la tête un objet capillaire non identifié de type 5, « Amy Whinehouse sors de ce corps », c’est à dire beaucoup plus souvent que j’aimerais, pouvoir attraper un foulard, le nouer, et hop, go.

Mais ce que j’adore, à part parler de fringues et faire comme si j’étais capable de nouer un turban en trois secondes, ce qui est un mensonge éhonté, c’est que je viens juste de débarquer à New York. Yeah ! Je suis ici en mission de type ultra-secret, donc je ne sais absolument pas ce que les posts vont donner dans les prochains jours, mais OSS 117 à côté c’est rien vu que ce coup ci c’est moi, le nid d’espions.

Du coup bon, allez, c’est parti pour l’aventuuuuuuure ! Oh merde. Je dois me lever à 5 heures du mat’. Hey, mais je vous donne des indices là !!! Oh la la ! Ça craint ! Allez viiiite ! Il est où mon foulaaaaaaard ! Allez hop ! Hop ! Hop ! Bisou !

Première !

Mercredi 5 février. Il est très tôt et je marche dans les rues glaciales de Paris. Depuis quelques jours, je me sens nerveuse. Plus que quelques pas me séparent de mon shooting pour le Elle.

Je me souviens de la réunion, chez Elle au mois de janvier. On est assis autour d’une grande table dans une pièce lumineuse. Toute l’équipe créative est là, et ça fait du monde. Les idées fusent. L’ambiance est gaie et survoltée. Je bois mon café pour ne pas me pincer. Assister à la naissance d’une série de mode : un rêve éveillé. J’aurais jamais cru que ma première soit chez Elle. Et que je sois la photographe.

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une classe à part

Ça vous est déjà arrivé de mettre un tailleur-pantalon ? Moi, une seule fois, et j’ai bien l’intention de recommencer. C’est marrant comme sensation. Ça donne une assurance incroyable. C’est sexy, mais d’un sexy différent. Ni innocent, ni trash, surtout pas trop évident. Juste très… Femme.

Ce qui est fou, c’est à quel point les hommes adorent. C’est Saint Laurent qui avait raison. Je ne sais pas exactement ce que ça dégage pour eux, mais mettez un tailleur-pantalon et une paire de talons, et ils se tordent le cou sur votre passage. Je crois que c’est ce mélange de charme classique et intemporel, cet espace laissé à l’imaginaire, ce corps non dévoilé qui laisse toute sa place à l’allure…

Comme un mystère que l’on a soudain très envie de percer.

 

Prêt à Porter

J’ai bien essayé la vie sans sac. J’en fais encore des cauchemars. Et pourtant, s’il y a un tueur en série de de silhouettes, c’est bien le sac.

Et de ma silhouette en premier : le mien est immense. Et ça m’énerve ! Mais je l’adore ! Mais ça m’énerve ! Mais je l’adore ! Mais ça m’énerve ! Mais je l’a…

Tant et si bien que, souvent, quand je prends des photos, je demande aux filles d’enlever leur sac.

Sauf de temps en temps ou, miracle, je trouve que le sac, au lieu d’alourdir la silhouette, l’accompagne gracieusement et ajoute une touche qui finit la tenue.

D’ailleurs je sais pas si plein de filles sont aussi énervées que moi d’avoir à porter de grands sacs qu’elles adorent, mais j’en vois de plus en plus avec de petites pochettes, en bandoulière, légères comme le printemps.

Et puis il y a celles qui bossent, comme ma copine Carole en plein achats pour Département Féminin. Et là, franchement, je trouve ça trop chouette d’opter carrément pour le porte-documents en cuir, et d’ailleurs ça me rappelle quelqu’un.

Ouais, tiens, c’est élégant tout ça.

Wow. Je suis vachement moins énervée moi. Allez mon grand sac, viens on y va ! Bonne journée !