un oeil sur la mode

L’air de ma Chanson

Quand je veux me faire de vrais cadeaux, je m’offre des magazines anciens. J’aime tout. La mode, les photos, l’odeur du vieux papier, la folle créativité, l’absence de cynisme. La période que je préfère, ce sont les années 70. À cette époque là, la femme se redéfinissait. Avec maladresse, avec sérieux et avec beaucoup de joie.

Continuer »

rebel rebel

Le jour de l’inauguration du premier TopShop new-yorkais sur Broadway, une drôle de coïncidence a voulu que je sois dans le coin dès 8h du matin pour travailler.

J’ai donc été aux premières loges pour voir se former une agrégation de fashion kids à l’hystérie très flegmatique, portant des tee-shirts Black Sabbath, rebel, Never look Back, et motherf***er, rangés bien sagement les uns derrières les autres en attendant leur tour pour passer à la moulinette du mass shopping.

Oh oui. Ça m’a rendue très snob, cette histoire.

Continuer »

Out of Fashion

Ce que j’aime par-dessus tout, c’est le changement. Et ce qui se passe en ce moment dans la mode est assez fascinant, de ce point de vue.

Samedi, premier jour de fashion week londonienne, une copine décide de s’amuser un peu et de d’emmener promener ses toutes nouvelles Vuitton qu’elle n’a jamais mises. Les souliers sont sublimes. Leur beauté crée l’émoi, toute la fashion crowd a les yeux rivés sur ses pieds.

Je vous avais raconté que déjà à New York on sentait que les it-bags, les it-shoes étaient out. Que la nouvelle tendance c’était un look plus cool, gris, noir, genre, la mode ne me la fait plus. J’avais regardé ça avec curiosité. Un peu triste car j’aime le théâtre de la mode jusque dans ses extrêmes, mais aussi rassérénée. Car c’est vrai que les dernières années avaient poussé l’exagération un peu loin.

Dimanche matin, je débarque à Londres, et j’ouvre le Daily, un petit quotidien qui sort les jours de fashion week et qui recense tous les faits et gestes de la mode.

Dedans, un papier sur les fameuses chaussures. Je vous résume, on y disait à quel point c’était une erreur ['utterly wrong'], un crime de porter de telles chaussures, sous entendu, dans la période dans laquelle on vit. Que maintenant, le top, c’est no-heels, jeans, Converse et parka pour aller aux shows. Ils appellent ça la ‘new humility’.

J’ai complètement halluciné. C’est quoi ce truc ? Cette hypocrisie ? Ce retournement soudain ? Sur-exagéré ? Vous y comprenez quelque chose vous ?

Moi j’adore que la mode change, s’adapte, que l’on essaie de remettre tout à plat, qu’on dise stop au shopping éffréné, qu’on ressorte ses « vieilleries » d’il y a six mois. Pourquoi pas, si ça répond à un feeling. Si ça casse le rythme des tendances jetables. Des imitations pourries, des looks dupliqués à l’infini.

D’ailleurs si vous vous demandez pourquoi je vous fais un flash spécial Erin O’Connor aujourd’hui, et bien c’est parce que cette fille, en plus d’être super drôle et sublime, réunit tout ce que j’aimerais voir plus dans les mois à venir. Un style hors mode, sans tendance identifiable, sans marque reconnaissable, plein d’énergie, de mélanges, de couleurs… Simple et perso.

Mais si demain l’envie lui prenait de porter des chaussures hors de prix, des talons vertigineux, une tenue outrageuse, d’être au top de la crête de la tendance à en faire stratifier de rage Victoria Beckham [qui soit dit en passant, est en train de se racheter une crédibilité fashion en osant porter 2 FOIS le même sac. Ah ouais non mais vraiment, les temps changent, la 'new humility' frappe fort]… Je serais la première à admirer. À rêver et à applaudir. J’aime la simplicité, et j’aime aussi les excès. Leur beauté.

Cultiver l’humilité revient à cultiver l’hypocrisie. L’humble n’a pas conscience de son humilité. C’est pas moi qui le dit, c’est Gandhi.

Ah, je vous avais prévenu qu’aujourd’hui on allait non-tendancer et philosopher comme des malades. Héhé. Bonne journée !

The Young and the Restless

Quand je vous parlais de faire s’entrechoquer les cultures vendredi, croyez moi je n’imaginais pas que ce serait à ce point là.

Ça a commencé à l’aéroport. Quitter le ciel gris et froid de Stockholm, s’endormir… Et se réveiller en plein été.

Rome est une ville éclatante. Tellement sublime qu’elle est intimidante. Tout est beau, tout est bon, tout est éternel. C’est légèrement étourdissant, presque écrasant. On veut goûter à chaque chose, on s’enivre, on en perd la tête.

Continuer »

Kids Of Tomorrow

Ta daaaaaam ! Stockholm, c’est frais. Frais comme un granité, un cocktail crépitant de créativité, d’enthousiasme, de jeunesse. C’est à se demander ce qui se passe. Ils sont où les grands ? Partout où je vais, je me retrouve entourée de jeunes plus inventifs et curieux les uns que les autres. J’adore.

À Stockholm, la mode est jeune aussi. J’adorais déjà Acne, une mode edgy et portable dont toutes les filles sont dingues, et ici encore plus qu’ailleurs, et j’ai craqué hier pour Fith Avenue Shoe Repair, une petite marque chic, cool et pleine d’avenir. D’ailleurs ça m’a tellement plu que je suis allée féliciter la créatrice, avec qui on a parlé de couleurs, d’énergie, et de la joie bouillonante qu’elle veut opposer à la morosité ambiante.

Bon parce que sinon, la mode suédoise est portable, certes, mais aussi parfois légèrement répétitive. Du noir, du blanc, du gris, et cette sensualité toute décalée que j’ai parfois du mal à appréhender. Est-ce parce que les filles sont si belles qu’elles aiment se cacher dans des fringues un peu trop … Bizarres ? Des chaussures à la limite de l’orthopédique ? Je ne sais pas, mais ça m’intéresse vraiment beaucoup.

De nouveaux chemins pour évoquer la sensualité, ça m’intéresse vraiment beaucoup.

Si je suis venue à Stockholm c’est parce que je trouve qu’il se passe quelque chose ici dont la mode va se rappeler. C’est tout jeune, c’est en chemin. On est à des années lumières de Paris, de Milan et de New York. Mais c’est justement ça qui me plaît. M’ouvrir à un nouvel univers, découvrir petit à petit la nouvelle planète mode que sont les pays scandinaves.

Boire des granités tout frais avec des kids qui m’apprennent des tas de choses. Trébucher sur la glace parce qu’on s’entête à porter des talons. Rêver devant des travaux d’étudiants et bailler devant un big défilé. Manger des desserts glacés en inventant un nouveau magazine. Se sentir calme, allègre et inspiré…

Ah, j’ai hâte d’être à demain. Bisou !

———–

PS1 : J’ai piqué le titre de ce post à l’agence de mannequins Kid Of Tomorrow. Tous les garçons et les filles pas du tout de mon âge que je croise viennent de chez eux. Comme Agnes et Clara. Mais tout le monde est mannequin ici ou quoi ? Ah ouais. Remarque. Finalement, ça ne m’étonne pas.

PS2 : On m’a signalé hier des fautes, et notamment de conjugaison. Je sais que ça m’arrive souvent, j’écris vite et je suis un peu nulle en conjugaisons (et pas que d’ailleurs), bah voilà, c’est comme ça. N’hésitez pas à me le dire (gentiment hein) je serais ravie de faire des corrections. Vraiment vraiment. Tack !

Short story

Je suis en retard. Je m’habille, j’attrape un chapeau. Je m’engouffre dans le métro, le vent s’engouffre dans mon chapeau. Il s’envole. Je me demande déjà pourquoi je l’ai mis, je suis en retard, je suis en talons et je n’ai pas envie de lui courir après.

Je vais le laisser s’envoler.

Mais on me le ramène. Voici ce truc à nouveau sur ma tête. Dans le métro, on me regarde. Je suis haut perchée, certes, mais surtout je porte un chapeau. Je ne pense plus qu’à ça, ça me saoule. Moi d’habitude, j’aime bien mettre un truc et l’oublier.

J’arrive à mon rendez-vous, mes copines sont là, je les embrasse. Pardon, je les éborgne avec mon chapeau. Trop sympa, me disent que ça ne fait rien, que ça me va bien. On rentre dans un café. Je n’aime pas garder mon chapeau à l’intérieur, je l’enlève.

Et bravo, maintenant mes cheveux sont tout plats. Je le remets, avec la mine d’une condamnée.

Voilà, c’était quatre bonnes raisons pour lesquelles des chapeaux, j’aime bien les photographier, j’aime bien les dessiner, mais en vrai, je n’en mets jamais.

————-

magazine

Dans les temps irrémédiablement reculés de mon adolescence, dans mon île splendide et sauvage où, à 11ans, je m’ennuyais déjà ferme, où j’avais l’impression que la vie était ailleurs, où je regardais des cartes du monde en rêvant, Internet n’existait pas encore.

Ma seule fenêtre sur le monde, à l’époque, à part les voyages que j’ai fait assez vite et souvent seule, c’était la presse du centre ville. Celle qui avait la petite étagère « presse internationale ». Là, tous les mois, avec trois mois de retard, je retrouvais ma vie. Principalement The Face et iD.

Continuer »

carte postale

cartepostale.jpg

Il y a des comptes rendus que l’on ne fera jamais. Trop de kilomètres me séparent aujourd’hui d’Hyères pour que je m’amuse à réveiller cette fleur déjà presque fanée.

De retour à Paris, il me reste quelques snapshots, observations et chroniques des nouvelles coolitudes à adopter. Je vous les livre dans le vrac et après on pourra tourner la page et se diriger vers de nouvelles aventures, plus citadines je le crains.

+ On vous avait déjà dit que les it-shoes allaient remplacer les it-bags, la preuve éclatante en a été faite sur la plage à Hyères. Quand les galets menacent le cuir de vos talons, enlevez vos chaussures et portez-les aux poignets. Le dernier chic, c’est ça.

+ N’allez jamais plus à des fêtes organisées par l’équipe du Baron.

Continuer »

la mode est stone

lanvin2.jpg
Tee-shirt inspiré du fameux Lanvin.

Telle que je vous parle, je suis dans le TGV, assise en face de Géraldine qui est en train de rédiger son prochain billet. On est lundi, il est 16h37 et c’est pas pour cafter, mais elle a mangé tous les bonbons Haribo Polka et ne m’a même pas laissé un Cocobat.

Aujourd’hui, j’avais prévu de vous parler des seins du top Lara Stone. Lara et ses seins, c’est toute une histoire pour moi. C’est que, comme qui dirait, ça me rappelle quelqu’un. Moi. Oui, Lara me rappelle moi, que celle qui ne s’est jamais une fois dans sa vie identifiée à un top en couv’ du Vogue Paris me jette le premier carré coupe-faim.
Quoi ? Jamais ? Allez-y, jetez, jetez, je risque d’en avoir besoin.

Continuer »

La science des rêves

mcqueen3.jpg
Robe inspirée du défilé Alexander McQueen.

Ça m’arrive rarement de commenter les défilés, je préfère souvent vous faire le dessin d’une pièce que j’ai aimé. J’ai toujours peur de ne pas savoir en parler et je trouve que d’autres le font beaucoup mieux que moi.

Mais là, moi qui ne jure que par le casual, le masculin-féminin, moi qui cherche encore une robe dans mon placard, j’ai été vraiment soufflée par le défilé McQueen de cette année.

Pour une fois mon manque de culture mode ne m’a pas plus gênée que ça. Pas du tout encombrée par des références que l’on dit indiennes, victoriennes, Empire, j’ai pu me laisser emporter par la romance.

Et trouver enfin tous les costumes pour l’un de mes livres préférés, Les Brumes d’Avalon de Marion Zimmer Bradley. Je suis sûre que vous connaissez. Le Graal, Morgane, Guenièvre, Lancelot, Brocéliande. Les chevauchées, les châteaux, les mystères, l’amour fou, la magie, et les rêves et sortilèges qui se mêlent au fil que l’on tisse en attendant le retour des chevaliers.

Alors c’est clair, je me suis fait my own private délire. Mais, comment dire ? L’imaginaire n’a pas de limites. Et quand on vous donne un support aussi éblouissant pour vos rêves, ne faut-il pas se contenter de l’accueillir et d’applaudir ?

——————-