La petite fille de 10 ans que j’ai été me regarde d’un air perplexe. C’est donc ça, avoir 30 ans?
Une image que je m’étais faite à cette époque me reste en tête : Moi, à 25 ans, en tailleur ajusté et attaché-case, Le Figaro sous le bras (pourquoi?), traversant les boulevards d’une capitale pour amener mes deux enfants à l’école.
Mais oui bien sûr.

C’est vers 29 ans, hurlant les bras levés dans une fête vers quatre heure du matin que l’alarme a retentit. Mon avenir incertain me regardait du coin de l’oeil et mes mes lendemains de fête commençaient à éviter soigneusement le miroir. Aucun enfant ne m’avait encore vomi dessus et je mettais encore des mini-jupes. Et je lisais toujours pas le Figaro.

S’en est suivie une période de flottement durant laquelle j’ai fait tourner mon cerveau à plein régime (Eve Angeli, sors de ce corps). Mais qu’avais-je fait de mes 20 ans, à part les fêter? Et que me restait-t-il à faire avant la date fatidique? Tout, d’après ma mère. Tout, d’après la petite fille de 10 ans. Tout, quoi. 150 stratégies d’attaque dans le plus pur style développement personnel plus tard, j’était pas beaucoup plus avancée.

Comme j’aime bien les résolutions stériles, j’ai décidé que cette fête d’anniversaire serait la dernière. J’ai donc fêté mes 30 ans en grande, grande pompe. On s’est beaucoup amusés. Et à un moment ou j’étais en train d’hurler, les bras levés à quatre heure du matin, j’ai envoyé à la petite fille de 10 ans : on verra bien.

Je signale que passé ce titre de post théâtral et ces considérations dignes de la fine fleur des éditions Marabout, le fait d’avoir trente ans renferme toutes sortes de contrariétés secondaires et de petites blessures psychologiques bien plus amusantes à raconter.
Ce que je ferais ici au plus tôt.

p.s : les jeunettes, là, arrêtez de fanfaronner : je vous aurais prévenu, vieillir, ça arrive à tous le monde, même aux plus immatures. Et en plus, ça sert vraiment à rien :-)