J’étais tranquille chez Vogue en train de détailler les collections de l’été, quand soudain mon écran a été envahi par Kate Moss. Accroupie devant mes yeux, elle me regardait d’un air sensuello-absent (sa marque de fabrique) et portait une paire d’immondes bottes Dior, à mi chemin entre les tiags de Johnny et les platform de Marilyn Manson.

Indignée par tant de mauvais goût, je me suis mise à enguirlander mon ordi.

Kate, tu en fais trop. C’est quoi, ton délire? T’en mettre plein les poches pour ensuite pouvoir te planquer tranquille avec Pete en Colombie? Prouver au monde que tu vas bien et que Burberry, qui t’avais lâchée après que tu ai entrepris de passer l’aspirateur dans les studios de Pete, peut bien aller coudre des trenchs en chine? (et revenir ramper à tes pieds une fois l’orage transformé en poule aux oeufs d’or?)

Moi je t’ai connue à l’adolescence. Tu étais fraîche comme la rosée, à côté de toi, toutes ces super-models vulgaires et qu’on ne pouvait faire sortir de leur lit qu’à grands coups de millions de pétrodollars nous sont apparues comme échappées de Dallas, ton univers impitoyable.

The Face était mon Eden, tu étais Eve, naïve, neuve, scandaleuse.
Tu n’as pas fait de parfum en toc, ni de bio larmoyante, tu n’as pas ouvert de fashion macdo, ni fait de film d’action, tu n’as fait de jetski avec aucun footballeur.
Le temps est passé, tu es devenue une icône.

Alors, please, Kate, vire moi ces bottes tout de suite, jette ces sacs Longchamp, on y croit pas de toute façon, laisse Versace à Madonna, arrête ça tant qu’il est encore temps, fais-toi rare, sélective, pointue.

Ah, et puis souris des fois, j’adore ton sourire.