Trois semaines depuis je me suis dit que j’allais faire une petite note plus perso, sur un rythme hebdomadaire. Pourquoi ai-je ressenti le besoin de me cadrer de la sorte? S’il y a un endroit ou je veux me sentir libre, c’est bien ici. Et pourtant…

Aujourd’hui, je me souviens pourquoi j’ai voulu faire ça : parce que les dimanches ont pour moi un le goût divin de la mélancolie. Ils sont comme un voyage, un endroit ou personne ne peut vous joindre, vous atteindre. Où le silence se fait, ou l’on peut enfin mettre les choses en perspective.

En voiture, j’ai toujours aimé être assise à l’arrière. Coller ma joue contre la vitre et et m’oublier dans le paysage.

J’y retrouve cette sensation d’absolu, la solitude. Elle, je l’ai rencontrée alors que j’habitais sous les toits, vers 20 ans, seule dans une ville qui m’était inconnue. J’y ai occupé mes premiers jours à pleurer tout ce que j’avais quitté. Puis j’ai continué à pleurer. D’ennui. Aux confins de ces larmes j’ai trouvé cette amie, moi. Je ne me connaissais pas. Je n’avais jamais passé une seconde seule avec moi. Je me suis emmenée au ciné, boire un café, marcher dans la ville. Nous nous sommes pris la main. Au fil des semaines, nous n’avons fait plus qu’un.

Puis j’ai fait des rencontres, puis le tourbillon a recommencé.

On a vraiment dansé comme des folles hier soir. J’ai, il y quelques temps, tourné les talons à toutes sortes d’emmerdeurs, d’angoissés et de suceurs. Ce genre de choses, pour moi, n’est jamais facile. Je suis une incorrigible sentimentale et sous mes airs grinçants, je suis bien douce.
On me dit souvent : mais qu’est ce que tu fais, là? arrête! Cette personne ne t’apporte rien de bon…

Et bien, je l’ai fait. Et hier soir, j’ai passé la plus douce, la plus drôle, la plus précieuse des soirées. Autour de moi des visages clairs. Pas une fausse note. Des rencontres. Et puis rentrer, à l’arrière du scooter, collée contre mon amour, sous le ciel menaçant.