C’est bien connu, dans la vie, il y quatre types de secrets :

Le secret de polichinelle
ex : “Arielle D. s’est offert un lifting des seins.”

L’exemple même de la révélation pas excitante du tout. De toutes façons, la rumeur court depuis trop longtemps pour qu’il y ait un quelconque agrément à être le détenteur de ce secret. La pire situation étant : On vous raconte quelque chose que vous connaissez déjà, et vous devez feindre la surprise.

Le “ne le dites à personne”
ex : “Élodie B. est complètement accro à la c.”

Se délester d’un secret devant plusieurs personnes est le plus souvent d’une mauvaise foi patente. Si l’on ressent un petit pincement en le colportant, c’est que l’on sait que le bruit sera immanquablement répandu, mais qu’en plus on ne saura jamais à qui reprocher une quelconque fuite. S’interroger sur ses motivations profondes peut-être intéressant, mais c’est déjà trop tard, vous êtes une balance.

Le “il faut que je te dise”
ex : “j’ai passé la nuit avec Romain D.”

Là, nous touchons un forme délicate. Il est bien connu qu’un secret de ce type est une chose très protégée que l’on ne dit qu’à une seule personne à la fois. Il a un goût incomparable. On sait que d’autres personnes sont au courant, mais on ne sait pas qui. L’exquise brûlure de tenir sa langue donne toute sa saveur à ce secret. La confiance que l’on a placé en nous nous enchante et on ne se lasse pas d’essayer de deviner qui d’autre est au courant.

Le “j’ai quelque chose à te dire”
ex : “je suis la fille cachée de James B.”

Ce secret là est le signe d’une grande intimité avec la personne qui le délivre. Il s’agit à ce moment là d’arborer un air des plus dignes. L’oeil doit être mouillé, mais il ne faut surtout pas se déparer de son sens de l’humour pour ne pas tomber dans le mélo ou pire, le pathétique. C’est par excellence le secret que l’on va garder pour soi toute la vie. C’est un secret qu’on va presque oublier tellement on va se taire. Selon les cas, attention tout de même à des expressions telles que ‘ne t’inquiète pas, je suis une tombe’.

Et oui, ce n’est parce qu’on est cynique qu’on peut tout se permettre, non mais alors!