Légèrement grisée par l’alcool, C me confiait son amour pour Nicolas Sarkozy et les costards cravate quand, par un subtil glissement sémantique, elle commence à s’attarder sur son célibat, ô combien subi.

Grisée moi aussi, j’ai soudain l’idée du siècle. J’ai un ami, O, bien de sa personne, célibataire, costard cravaté et encarté à l’UMP. Connexion facile : deux amis unis par le bleu de leurs idéaux, quel beau début pour une histoire, n’est ce pas?

Je donne donc mon téléphone à C qui fait une entrée fracassante dans la vie de O : “Allô, je suis la femme de ta vie, rejoins nous tout de suite” avec une voix archi torride je vous raconte que ça.

Bref, ils passent une nuit endiablée à s’envoyer du champ’ à la gloire de Bolloré au Mathis, et j’ai droit le lendemain à deux rapport circonstanciés, totalement enthousiaste pour O, légèrement plus pointilleux du côté de C.

“Il est génial, mais je sais pas, c’est pas tout a fait ça, tu comprends, je suis emmerdée maintenant il est a fond il arrête pas de m’envoyer des textos tu ne veut pas l’appeler pour lui expliquer?”

Soit. J’appelle O, je prends des méga pincettes pour lui dire que C n’est pas intéressée mais qu’elle aimerait bien le garder comme ami. Plus malin qu’un Borloo, il me voit arriver comme une législative au moi de mai.

Légèrement déçu mais fair-play, il décide d’honorer le deuxième rendez-vous qu’il a proposé à C, mais de la ramener sans lui proposer l’ouverture et de téléphoner dans la foulée à un second couteau qui semble être bien plus docile que C. Le dîner se déroule néanmoins dans une ambiance des plus détendues si vous voyez ce que je veux dire.

Je sens le vent tourner. Quelques jours après ce rendez-vous, C m’appelle. Elle n’a plus ne nouvelles de O, et elle désespère. Je suis dans une position délicate. J’ai bafoué mes principes. J’aurais dû refuser ce poste de ministre de la communication. Elle veut le revoir.

Mais c’est trop tard. O a retourné sa veste. Dans un geste désespéré, C passe un dernier coup de fil, mais n’arrive pas du tout à suivre mes conseils. C’est la catastrophe, elle est pleine de revendications, lui pense déjà à ses prochaines campagnes. L’histoire à peine ébauchée est bel et bien finie.

Conclusion : En amour, bien souvent, celui qui désire le plus peut le moins. Alors qu’en politique…

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