J’ai toujours adoré Sonia Rykiel. Euh, non. En fait je n’ai pas toujours adoré Sonia Rykiel. Quand j’étais petite, dans ma petite ville de province archi-prétentieuse, le symbole de la poule parvenue et de sa fille à mèches dorées, c’était le sac avec inscription en strass, et le sarouel Sonia Rykiel en molleton, ultra accessoirisé. Je me demande si mon angoisse de l’accessoire ne vient pas de là.

Puis je me suis intéressée à la mode, puis j’ai eu Fashion tv. A l’époque, j’aimais bien les mannequins. Et je me souviens que si je voulais avoir la chance de les voir sourire, fallait que je regarde les défilés de Sonia. Petit à petit, je suis sortie du prisme de ma jeunesse, et j’ai commencé comprendre le style Rykiel. Le mouvement, la couleur, l’intemporalité. Le personnage.

Et puis j’ai toujours eu un faible pour les vêtements dessinés par les femmes.

Autant vous dire que quand j’ai su que j’aurais la chance de me faire prêter une tenue pour une soirée habillée, j’ai sauté au plafond. En moins de temps qu’il ne le faut pour hurler à la face du monde qu’à partir de maintenant, s’ils voulaient me contacter, fallait qu’ils passent par mon agent, je me suis retrouvée parachutée dans Sex & the City.

Le moment ou elle est chez Vogue, là, le showroom. L’endroit ou des tas de fringues, sur des tas de portants, des tas de chaussures, de sacs, de pulls, des saisons précédentes et des saisons à venir m’attendaient depuis toujours. J’y serais encore si je n’avais pas en plus été accompagnée pour choisir. J’ai tout de suite fondu pour une robe. Je l’ai enfilée et j’ai su qu’elle était parfaite.

Puis j’ai vu une paire de chaussures arriver “ça va réhausser”. Oui. 13 centimètres de talons en plexi, c’est sur. En même temps moi dans ce genre d’occas, allez savoir pourquoi, je suis archi docile. Et puis le plexi en fait, c’est très confortable. C’est là que dans un élan d’extravagance, je me dis qu’il fait frais, que j’aurais bien besoin d’un petit quelque chose pour couvrir tout ça. Je dois penser tout haut.

On me fait passer une veste manches courtes noires, en plumes. Immense. Intense. Impressionante. Chaude et douce, aérienne. Je me regarde. Bon, ben ça y est, je sais ce que ça fait d’être en Sonia Rykiel des pieds à la tête. Et c’est comme je l’imaginais. Sublime et naturel.
Je repars avec ma tenue sur le bras, hyper précautionneuse. C’est que je dois tout rendre le lendemain.

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