Le métro, station Hôtel de Ville, il y a quelques semaines. Je suis, comme à l’accoutumée, hors de moi, en train de courir comme une possédée montée sur échasses pour arriver en avance à un rendez vous, quand soudain, dans un grand flash de lumière, j’aperçois l’amour de ma vie.

Il se tient là, devant moi. Accroché à l’épaule d’une jeune femme, ses boucles dorées, sa noblesse et sa pureté arrêtent le temps. Il ressemble un peu à un Speedy. Plus grand, plus souple, en cuir naturel, il sent la marque confidentielle à plein nez. Mon parfum préféré.

Le temps que je me remette de ce flash, la demoiselle et mon amour ont disparu. Je m’élance à leur recherche.

J’ai tôt fait de la retrouver. Grande, blonde, aristocratique et certainement perdue sous terre par des aléas hyperboliques, elle a un effet kiss pas cool du tout. Je n’ose pas aller lui poser LA question, et le métro arrive. Soit. Je joue le tout pour le tout. Je me glisse dans le métro, à côté d’elle. Pétrifiée mais comme si ma vie en dépendait, j’ose.

Vous connaissez la ligne 11? On va dire qu’un Garou amoureux et deux dynamitages de barres HLM font moins de bruit. Elle n’entend rien et hausse un sourcil arrogant.

Je me redresse et je reprends :

“VOUS L’AVEZ TROUVÉ OU VOTRE SAC??!!?”

Elle approche son visage du mien et me souffle :

“Chez #@1/%”

“PARDON, VOUS POUVEZ RÉPÉTER?”

“Chez #@1/%, rond point des Champs Elysées”

“AHHH LA LA, JE SUIS DÉSOLÉE, VOUS POURRIEZ RÉPETER, JE N’ENTENDS VRAIMENT RIEN! Métro de merde!

“Ffffff, chez #@ine R@$net, rond point des Champs Élysées!”

Je sais que j’ai atteint les limites de la bienséance. Tout le métro me regarde, je me pique un fard, je la remercie et je me tais. Si seulement Je l’avais rencontrée sur la ligne 14! Si seulement j’avais eu l’ouïe de Peter Petrelli! Si seulement j’avais trois gênes de Sherlock Holmes!

Je pourrais retrouver le sublime, reconstituer la scène, dépêcher un fin limier, élémenter mon cher Watson!

Mais non, rien. J’ai reconstitué un nom à partir de bribes , but it’s a Google dead end*. Enfin, je vous le donne, de toute façons je ne peux pas être plus ridicule que ce jour là dans le métro. Gastine Rainet, ça vous dit quelque chose ou la grande blonde on the rocks s’est drôlement foutu de ma gueule?

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* Oh my God! Entre le moment ou j’ai lancé mes recherches googlelistiques et maintenant, un sac de la marque Gastine Renette est miraculeusement apparu sur Price minister!!! Bon, c’est pas flamboyant flamboyant, mais j’ai la preuve que ça existe! Dans mes bras la blonde!!!