Les filles, c’est un drame. Je n’étais pourtant allée en Corse que dans un but, la mode prévalant chez moi comme chez Karl Lagerfeld à tout amour filial, je n’étais allée en Corse que dans un seul but donc : celui de chasser la Moncler, espèce menacée de disparition il y a peu et qui, grâce à un sauvetage à coups de créateurs hypissimes, est devenue en l’espace de deux ans une espèce en voie de prolifération. Inquiétante.

J’avais donc débarqué chez ma mère avec des doudounes satinées dans les yeux.

Ma mère qui, légèrement exaspérée de mes moqueries et de mes revirements fashion intempestifs, à lâché avec malice : “La Moncler ma chérie ? Mais voyons, Martine me l’a empruntée il y a deux ans. La Moncler se balade sur la Côte d’azur ma chérie. Tu fêtes quand même Noël avec nous ou je te dépose à l’aéroport ?”

Arf. Même en famille, je vous le dis. There are no teams.

Martine m’a donc grillé la priorité, et elle a eu bien raison parce que :

1 – Cela prouve qu’en mode, l’expérience n’a pas de prix (en fait, si, elle en a un, 750€ selon le modèle.)

2 – Il faut équilibrer. Je ne peux pas être la seule à piller la garde-robe de ma mère.

3 – La Côte d’Azur, c’est loin. Martine sait parfaitement qu’à Saint Jean Cap Ferrat elle est à l’abri de mes foudres.

4 – Il est bien connu qu’il fait beaucoup plus froid sur la Côte d’Azur qu’à Paris ! N’est-ce pas la raison pour laquelle les fourrures y pullulent depuis des années ?

5 – La Moncler, c’est moche en fait. C’est typiquement de la mode de filles qui ne plaît pas au garçons.

Même si c’est bien connu que les dernières personnes pour qui les filles s’habillent, ce sont les garçons.

C’est donc la raison pour laquelle je dis : les filles, c’est un drame. Parce que les garçons, vous, les filles en Moncler, vous vous en fichez hein ?

Comment ça je dis ça pour me rassurer ?

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