Garance Doré

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you say party ! we say die !

Pour ceux qui n’étaient pas la ce week-end, nous traquons avec Géraldine et Yvan tous les faits et gestes de la mode au Festival des Inrocks, appareil photo au poing depuis jeudi.

Comment dire… Il y a des jours où c’est dimanche. Tout est plus calme, le temps prend un rythme cadencé et à Paris, la mode fait une pause. Enfin. Plus précisémment à la Cigale.

Peu de looks aujourd’hui à vous montrer, on se concentre donc sur les yeux de chat de Becky, la chanteuse de You say Party ! We say Die ! (exactement ce que je me suis dit en me regardant dans mon miroir ce matin). Plongée directe dans les années 80, à la ville comme à la scène.

Parce que s’il est vrai que le public ne se sape pas trop dans les concerts de rock, chez les artistes, la tenue de scène a fait un vrai come back, c’est assez génial. Je me souviens, il y a quelques années de ça, j’organisait des concerts, et quand Blonde Redhead m’avaient appris qu’ils avaient des changements de tenue, j’avais été complètement mystifiée tellement ça n’arrivait jamais. (Déjà que j’étais complètement mystifiée par Simone le batteur, imaginez ma tête, on aurait dit Beth Ditto avec son make up).

Là, très peu de groupes n’ont pas étudié leurs tenues, et c’est un vrai régal. Avec une mention spéciale pour Yelle, Beth et notre découverte d’hier soir, la sculpturale et fascinante Shingai des Noisettes (et pourquoi pas les noix de cajou tant qu’on y est) avec une majestueuse coiffe d’immenses plumes noires et lustrées.


Becky Ninkovic, You Say Party ! We Say Die ! , à la scène.


Becky à la ville, plus 80′s tu die.


Tom Smith, Editors.
Déchirant de beauté sur scène. Une vraie révélation.


Chris Urbanowicz, Editors.


L’incroyable homme-orchestre d’Elvis Perkins.


Tiens, un look sympa ! Une fille sympa ! Une robe Sandro !


Pour finir, la géniale Shingai Shoniwa, après le concert, dans sa loge, entourée de ses accessoires. Pour voir ce que donne la coiffe portée, courez chez Géraldine.

 

rock on !

Trop de chance !
Il y a quelques temps, je suis contactée par l’adorable équipe d’Anolis. Ils bossent sur le festival des Inrocks et voudraient faire quelque chose de nouveau. Ils nous proposent, à Géraldine, Yvan et moi de venir y faire des photos. Je hurle que oui, quand ils veulent.

Trop de stress !
Au même moment descend sur moi un magma de stress qui ne va plus me lâcher. Je suis folle. J’ai dit oui, alors que je ne sais absolument pas prendre de photos la nuit. La flash me hait, je hais le flash. Je téléphone à tous mes copains photographes. Je n’en ai qu’un. Qui est parfaitement d’accord avec moi, pas de flash. Ca commence bien.

Trop de tests !
Pendant deux semaines, je prends des photos de Chatou* dans mon placard pour faire des tests lumière. Je finis par en déduire que la meilleure chose que j’ai à faire, c’est d’aller derechef m’acheter le canon 5D avec une une top optique à 5000€. Puis je redescend sur terre. 5000€ ? Allright boys, je garde mon 350D, c’est bon c’est bon, ça va.

Trop de pros !
Hier, jour j. Je commence par me réveiller à 6 heures du mat toute seule, c’est un signe. J’ai deux millions de choses à faire. Je fais tout de travers. Nous décidons avec Géraldine qu’il n’y a pas meilleure idée que d’aller demander des conseils dans un magasin de photos. Conclusion de la vendeuse : sans flash ? Ahahaha vous voulez rire ? Je sors de là dans la plus rigoureuse catalepsie.

Trop de monde !
Bon, ça y est, on est à la Cigale. On commence à shooter. C’est un travail et un public complètement différents des shows fashion, et même si c’est difficile de naviguer dans la foule, ça devient très vite grisant, sauf qu’on est jamais sûr du résultat. Et que du coup on mange des Carambars pour oublier.



mon éternel blocage sur la parka…


…Mon éternel blocage sur les lunettes, j’adore !
Trop people !
On est dans les backstages de la Cigale. J’aperçois Jean-Charles de Castelbajac, toujours là où il faut être jeune, et je me dis qu’il y a un truc à faire. Je me glisse dans son sillage. Il pousse la porte des loges, on est chez les New Young Pony Club, plus adorable c’est pas possible. Ils m’offrent du champagne dans la salle de bain et posent avec grâce, je fais ce que je peux niveau photo, mais c’est pas ça… Passe Mareva, je bavasse un peu avec toute la bande et puis je file.


J’étais pas sure de la Moncler, maintenant si.


J’étais pas sure des épaulettes, maintenant non plus, mais ça lui va très bien.

Trop jolie !
Dans les couloirs, je croise Toupie du groupe Koko Von Napoo. Elle est trop chic, trop patiente, prend la pose pendant une heure pendant que je m’énerve sur mon Canon et m’explique que ce petit combi-short que je veux vient de la collec printemps été 2008 d’APC. Penser à re-monter un groupe de rock.

Trop de fatigue !
Bon j’arrête le roman, surtout que j’espère avoir encore plein d’autres choses à vous raconter demain. Et surtout qu’après Second Sex à la Boule Noire, on est rentrées, mortes. Alors qu’on avait prévu d’aller fêter les 20 ans du festival des Inrocks à la Loco, comme tout Paris paraît-il. Vous y étiez, vous ? Pas nous.

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* Chatou, mon chat, pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?

Forever Hyères (à défaut d’être forever young)

Sabots Dansko Julie Gayet

Hyères, c’était tellement bien que je ça m’a rendue un peu shizo. D’autant plus qu’être entourée de deux Géraldine (Café Mode et Punky b), si délicieuses soient elles, ne m’a pas aidé à avoir les idées claires. Voici comme promis le compte-rendu, mon dieu c’est long oui je sais, mais après, juré, plus un mot sur Hyères. Comment ça croiser les doigts ne compte pas?

Vendredi :

- Mon dressing : Je dois être la dernière fille sur terre à ne pas avoir de valise à roulettes. Ce qui ne m’a pas empêché de partir, pour ces trois jours à Hyères, avec 3 jeans, 2 larges 1 slim, 4 tee-shirts loose en coton blanc et 1 noir, 3 robes, 4 blouses, 4 paires de ballerines, 3 paires de nus-pieds et 2 de talons, 2 jupes, 3 shorts et aucune stratégie, la preuve : ce soir, je suis en jean et marinière tout simple, et croyez-moi, ceci n’est que le début de mon fashion crash.

- Le festival : Il fait beau. La Villa Noailles est toujours aussi cubique, et son gazon, toujours aussi vert fluo, j’adore. La fashionista afflue, complètement détendue en ces terres éloignées de tout tribunal fashion, et va et vient un verre à la main. Ses talons s’enfoncent dans le gazon mais elle rit avec ostentation du bonheur de se retrouver entre soi. Je retrouve mon équipe de choc, et on file tous au défilés.

- La fête : La fêtarde que je suis va avoir droit ce soir à sa leçon n°1 : Si tu veux sortir faire la fête, ne suis pas les Géraldine et leurs charmants compagnons aux restaurant. Leur compagnie si agréable et leur appétit de la frite vie débordant auront raison de toute vélleité d’aller montrer aux locaux qui est la chef sur le dance floor. A défaut, nous entonnons avec passion des hits 80′s dans ma Yaris qui n’en demandait pas tant.

Samedi :

- Mon dressing : Je sors enfin ma robe-combinaison Cacharel rose pale. Une paire de talons, un coup de blush, je me noie dans ma vanité. C’est là que Raisonna, l’une des facettes de ma personnalité qui fait toujours surface au mauvais moment, fait affleurer à mon cerveau des images choc : le chemin accidenté du parking de la villa Noailles à la Villa noailles, les positions smurfisantes que sous-entend mon reflex en action, le gazon… je descends de mes talons et reviens à du plat. Super. Ma robe-combinaison mérite mieux. Je la mettrais ce soir.

- Le festival : Gros coup de coeur au défilé d’hier soir : Peter Berstch, dont les silhouettes étranges et organiques le mettent direct en orbite sur mon palmares perso. Il faut que je le rencontre, mais c’est l’irrésistible Sandra Backlund qui nous tombe dans les bras. Ses variations en volume sur la maille ont conquis tout le festival, et son charme finit de me convaincre qu’elle a définitivement une carte à jouer ici. A la villa, le people commence à arriver, et notamment Julie Gayet, l’une de mes idoles de style, avec sa beauté et ses sabots, des Dansko, qui sont en passe de devenir le fashion frisson de ce festival.

- La fête : Ce coup ci j’ai compris, je laisse ma fine équipe à ses ambitions fritesques et je file à la fête. En chemin, j’ai une pensée émue pour ma petite robe-combinaison rose que je n’ai pas eu le temps d’enfiler ce soir. Arrivée là-bas, c’est plutôt calme. On met un verre de vodka pomme entre mes mains et on me demande où est le dealer. Je file aux toilettes voir quelle tête j’ai pour être accostée comme ça, mais rien de spécial. Aux toilettes, rebelotte “tu sais pas ou je pourrais trouver de la c?” oui ben non mais qu’est ce que j’ai moi oh?
“Rien”, me dit le dealer. “Tout le monde en cherche et j’étais en retard. Si on te repose la question, tu dis que je suis là”. Une petite demi-heure plus tard, curieusement, la fête bat son plein.

Dimanche

- Mon dressing : Suite à la soirée d’hier, j’ai disons-le franchement, un teint aux coloris changeants entre la teinte n°12 : “Sojasun à la pistache” et n°31 “Riz au lait Bonne Maman”. Mes boucles ont décidé de rentrer à Paris avant moi, j’ai le cheveu déprimé. Je pars en quête d’un expresso. Seule dans les jolies rues de Hyères au petit matin, je me sens aussi déplacée qu’on Pete Doherty dans un goûter Sweets, et pourtant j’ai été d’une sobriété exemplaire hier soir. Tous mes efforts pour faire honneur à ce festival de mode sont tombés à plat, j’ai finalement sorti mon 3è tee-shirt loose Gap, et en avant.

- Le Festival : Je rencontre Peter Bertsch, enfin. Il est sublime. Je tombe follement amoureuse de lui. Nous tournons le dos à la mode et courons main dans la main vers notre avenir. Mais en chemin, je tombe sur Julie (Gayet). Finalement, je préfère bavasser dix minutes avec elle que passer le restant de ma vie avec un designer qui va bientôt faire le tour de la planète en jet pour honorer les commandes de marques prestigieuses. C’est que c’est l’heure du palmares. Et il vient de recevoir le prix 1.2.3, ce qui est un début très prometteur. Sandra remporte tous les suffrages. Elle est la grande gagnante. Amour, Gloire et Beauté, la fashion industrie sait reconnaître les siens.

- La fête : Après un drink on the beach à côté de Sophie Fontanel et de son irrepressible jean bleu délavé Chloé, je suis stratifiée de fatigue. La mode La mode La mode me court après* pour avoir mon avis de pro sur Kate Moss. J’ai un peu peur de m’être survendue en leur disant que j’avais un point de vue fascinant sur la question. Mais bon. J’entraîne mes Géraldine dans l’aventure. Je ne coulerais pas toute seule sur Paris Première. Ce soir, dîner à la Villa. Je serai chic ou je ne serai pas. Le dieu de la mode rit tout seul en entendant ça et il me joue encore un de ses tours. J’arrive donc à la Villa en tee-shirt blanc loose Gap et irrémédiablement à plat, au sens propre comme au figuré. Pour me rassurer, je me dis que je suis la Sophie Fontanel du tee shirt blanc loose Gap. Quelques verres de champagne plus tard, je me souviens que j’ai un train à neuf heures le lendemain matin, et toujours pas de valise à roulettes. Tant pis pour La mode La mode La mode, pourtant notre avis sur Kate valait son pesant de talonettes.

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*Cette note est un véritable festival international de je me la pète, je m’en rends bien compte rassurez vous. Si, malgré toutes mes excuses, ce name dropping poussif vous énerve, laissez moi vous dire que Christian Lacroix, après qui j’ai couru pendant trois jours, m’a ouvertement ignorée, que Maïda, la DA du festival, m’a officiellement dit que je la soûlais, et que le JRI de La mode Lamode la Mode m’a publiquement communiqué son mail poubelle, que j’ai failli vous livrer ici par vengeance, mais non, je ne suis pas une fille comme ça (retenez moi).

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Garance Doré

I began my blog in June, 2006. I was an illustrator and growing frustrated – with the type of work I was getting, yes, but mostly frustrated because I wasn’t really connecting with the readers of the magazines I was working for. I wanted to do something a little more free, more spontaneous. I had ...

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