Doit-on être sexy ?

Jupe et ceinture inspirées du défilé FW08 d’Isabel Marant, top inspiré d’un Aleeeeeeeeeeeex (!!!) Wang.
C’est nouveau. Le matin, j’enfile un top, un pantalon ou une jupe, j’ajoute quelques accessoires, et si l’ensemble se présente pas trop mal, je me pose une question :
“Où est le détail sexy ?”
Ce truc là, je vous assure, je ne sais pas d’où ça sort. Je n’avais jamais pensé comme ça. Pour moi, déjà, personne ne nous oblige à être sexy. Je m’en fichais bien de montrer mes jambes, de mettre en valeur telle ou telle partie de mon corps. J’ai même un peu ce truc de défi qui me fait dire : on peut séduire sans ça. On est même pas obligé de vouloir séduire, tiens, voilà.*
my one and only
Ah tiens c’est nouveau ça. Voilà que l’on me dit : tu as un style.
Attrapée comme ça, à la volée, l’observation a de quoi faire plaisir. Mince, je vous ai assez bassinés avec ma quête de sens mode pour pas venir râler.
Sauf que moi je sais ce qui s’est passé. Je l’ai compris samedi, en plein shopping de l’humour avec Superchic [ = on va dans les magasins très haute, on essaye les pires trucs et on se marre en testant le sens de l’humour des vendeuses. Les filles chez YSL sont très bien, passé le temps d'adaptation.]
Évidemment qu’on achète rien.
Ok. Évidemment que JE n’achète rien.
bling bling all in your face

Ce qui est bien avec mon amie Superchic, c’est qu’elle dégomme toutes les idées qu’on peut avoir sur le luxe avant même qu’on ait eu le temps de fantasmer dessus. Elle, elle est passée par là. Elle en est même revenue :
Voyager comme Catherine Deneuve avec son ensemble de bagages Vuitton.
C’est beau, de belles valises. C’est beau une belle nana avec de belles valises. C’est beau une belle nana avec de belles valises contenant des sapes somptueuses somptueusement disposées dans des compartiments sur mesure.
Mais c’est mieux quand on retrouve ses bagages à l’aéroport. Vous trouvez pas ? Parce que je vais pas vous faire un dessin, mais voyager en Vuitton, c’est un peu comme avoir marqué sur ses bagages “je renferme des trésors, tu n’as même pas idée”. Et on se les fait voler.
ben quoi ?
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Comment je me suis fait avoir (les ballerines de Superchic)
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sans façons
Coup de fil en direct de la Volvo de Superchic il y a quelques jours :
“Ecoute ça. Tu sais ce qui vient de se passer? Devant l’école, je vois ma belle-mère*. Elle entre dans la voiture pour se remaquiller, envoie un “sâluuut” sans me regarder, passe un coup de rouge sur ses lèvres en s’admirant dans le rétro, attrape mon sac, le tourne dans tous les sens et dit :
“Superbe. Il est magnifique. J’ai commandé exactement le même. J’en ai marre de mon Kelly. Le Birkin, c’est mieux pour l’été. Je le savais. Je l’avais dit. Et vlam’, elle claque la porte.”
“alors :
1/ Tu noteras que c’est moi qui ai un Birkin mais que c’est elle qui “l’avait dit”.
2/ En fait de Birkin, mon sac est un super rien du tout que j’ai ramené de je sais pas où l’année dernière. C’est vrai qu’il est réussi. Mais quand même, si ma belle-mère l’apprend, c’est le déshonneur sur elle et sur trois générations.
3/ Il faut que je te dise un truc ma chérie. Mon faux, je l’adore. Je ne le quitte pas. Je le balance ou je veux, je m’assois dessus, je m’en sers comme arme de destruction massive si on m’embête, je suis d’une décontractitude totale avec, et du coup c’est la classe absolue.
J’ai honte, mais il fallait que je le dise à quelqu’un.”
Ah, ben c’est du joli Superchic. John ou Courtney, ok, mais si même les filles comme toi en arrivent à ces extrémités là alors!
Allez, c’est promis, j’arrête de vous parler de sacs. Passez un bon week-end, votez, et méfiez-vous des contrefaçons, yarf, yarf :-))
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* Personnalité hautement malfaisante et récurrente dans la vie de Superchic, sorte de Posh Spice décatie aux lèvres pincées, cible préférée de nos persiflages et de nos sarcasmes.
ni foi ni loi
On m’avait dit : tu vas voir il a fait tellement chaud qu’ils n’ont rien vendu, ils vont déstocker à fond!
Euh ah oui ah bon alors j’y vais alors, plaaaaaace!
Mais que je suis influençable.
Je fonce au Bon Marché pour apprécier la courbe économique d’un sac que j’ai en tête mais dont le prix en ces temps de banqueroute personnelle est littéralement indécent.
Donc, même à moins trente pour cent, il reste indécent. Je fais un tour de Bon Marché (parfait le Bon Marché pour faire des tours), j’appelle ma conseillère attitrée (AllôOo, Superchic?), elle me dit d’aller prendre l’air hors de l’atmosphère corrompue de ce temple de la ruine. Elle dit : si ça va mieux dans 5 mn, n’achète pas.
Je sors, je respire, et là, tel un Kaiser Soze, je reprends vie. Je n’achète pas.
En face, il y a un Zara. Hum Zara. Mon pouvoir d’achat est soudain décuplé, je pénètre l’enceinte comme une héritière d’hôtels de luxe. Mais diable que fait la sécurité? Des hordes d’hystériques marchent sur des vêtements épars. De jeunes filles se promènent à moitié nues, les rares miroirs sont les témoins de farouches guerillas. Je croise néanmoins de jolies robes, pas très chères c’est entendu, mais finalement pas si soldées que ça. Pas envie de rentrer dans la bataille pour si peu.
Je ressors, les mains vides.
Bien. Voyons voir. Le Marais et après je rentre. C’est plutôt calme finalement. Assez vite, je comprends pourquoi. Pour déstocker à fond, les gentilles marques que nous aimons bien, nous les filles, comptent surtout sur l’effet ‘soldes’, à y regarder de près, les prix ont très peu baissé. Souvent c’est du vieux stock de fond de boutique. Je suis prise de l’ivresse du shopper : tout se ressemble : des blouses des blouses du jean du jean des ballerines des bottes des bottes au secouuuuurs!
Je fuis.
J’appelle une amie, blasée comme pas deux, je lui fait des théories fashion post-apocalyptiques, je loue mon détachement face à la société de consommation, nous décidons de nous retrouver pour boire un verre et refaire un monde meilleur.
Chemin faisant, je vise une paire de bottines, super mal soldées bien sûr, mais trop jo-lies. J’entre dans la boutique. Damned! ils n’ont plus ma taille.
Une fièvre bien connue s’empare de moi. Il me les faut. Avec le vendeur, aussi maniéré qu’insensible, nous passons en revue toutes les boutiques de Paris. Une paire!!! Il reste une paire dans ma taille, à l’autre bout de la ville. Dans toute sa bonne volonté, il ne veut pas les appeler pour leur dire de les mettre de côté. Je dois donc prendre le risque de faire le déplacement sans être sûre qu’ils ne les auront pas vendues entre temps. Et puis, il est 19h12. Je suis dans un état proche de l’Ohio. Je m’imagine avec mes bottines, légère, riant, célèbre, mince, je cours, je cours…
Je n’ai vraiment ni foi ni loi.























