Garance Doré

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émail diamant

Superchic a testé le blanchiment des dents. Elle devait particulièrement s’ennuyer à ce moment là, car j’ai rarement vu quelqu’un avec d’aussi jolies dents, mais comme remède à l’ennui pourquoi pas après tout elle aurait pu se mettre à lire un bouquin de Jacques Salomé.
Moi c’est simple, quand j’ai seulement évoqué l’idée à ma dentiste, certainement influencée par la lecture d’un de ces bon vieux magazines qui ont le chic pour te coller des besoin là ou il n’y en a pas, elle a m’a tout simplement rigolé au nez.
Le dentiste de Superchic, non.

Voilà comment elle s’est retrouvée privée de thé, de café, de vin et de cigarettes, pour ne citer les aliments colorants que les plus connus (je suppose que la betterave doit faire partie de la liste, mais moi, plus de deux jours sans thé et je ne réponds plus de rien, alors que la betterave…)
Pour 3 semaines.
Mais surtout voilà comment elle s’est retrouvée à aller se coucher le soir avec une gouttière censée lui faire gagner deux teintes vers le blanc.

Là toute suite j’ai pensé à mes boules Quies : Étant très sensible au bruit, dès qu’une menace de nuit sans sommeil pointe le bout de son nez (en vacances, chez des amis, si les voisins font une fête) je dégaine mes earplugs. À partir de ce moment là, plus rien ne peut m’atteindre, et les assauts charnels de mon amoureux sont immédiatement découragés par ces vilaines prothèses, ainsi que par ma voix Lara Fabianesque quand je lui dit bonne nuit, ehhh oui! Quand on ne s’entend pas, on parle fort.

Imaginons alors Superchic, dans toute sa sensualité vespérale, armée en secret de sa gouttière blanchissante. Imaginons son viril mari rentré tard venir chercher le velours des bras de sa femme et lui prononcer quelques mots d’amour. Et s’entendre répondre un postillonnant et chechetant : “chai ma gouchière là chu veux pas qu’on reparle de chou cha chemain?”
3 semaines.

Son constat : c’est nul ça n’a rien changé!!! Vite, du thé! Du vin, du sexe!
Donc, pour les dents, c’est super naze, mais pour celles qui veulent arrêter le thé, le café, la cigarette et le vin, ou pourquoi pas trouver une subtile alternative à leur migraines du soir, pourquoi pas?

Depuis j’en ai reparlé à Superchic, qui n’est pas du genre à lâcher le morceau aussi facilement. Elle me dit qu’il y a plusieurs techniques. Elle a essayé la moins forte. Elle est en train d’envisager de passer à la vitesse supérieure, à ce qui paraît, ça marche suuuuper bien.

ma mode

Hello! Et ben voilà, de retour, l’été me semble tout ce qu’il y a de fini, mais c’est pas grave, on nous a inventé un truc génial pour faire passer la pilule : la rentrée!
…Et comme toutes les poulettes nourries à “Martine à l’école”, j’adore la rentrée, d’abord parce qu’à chaque fois, je suis sûre que ma vie va prendre une tournure glorieuse, et ensuite, parce ce que passé 12 ans, les fournitures de la rentrée, c’est direction : mooode!!! oui!!!

La mode de l’hiver, pour moi, ça se passe comme ça :

Février – Mars:
Défilés.
Je m’extasie sur certains créateurs, en conspue d’autres, téléphone à Superchic pour faire des commentaires et des pronostics.
Cette année, j’ai vraiment adoré la collection Rochas, visiblement on a pas été beaucoup puisque cette illustre maison va certainement fermer ses portes (grrr), j’ai trouvé Marni très portable et j’ai cru m’évanouir devant les compensées de Sonia Rykiel.

Mai – Juin :
Compte-rendu de la presse.
Mon kiosquier se frotte les mains, mon chéri désespère. Je fais l’acquisition d’environ 20 kg de presse magazine. La collection Rochas n’a pas vraiment plu. Galliano est un génie et moi je ne serais jamais rédactrice de mode persifle Superchic.

Période des soldes.
Armée de mon grand savoir prophétique, je sauve des griffes des simples mortelles les éléments qui vont fashionniser mon hiver. Du doré (encore ?), de sublimes compensées qui vont être incroyables avec des chaussettes épaisses, des shorts dans des couleurs sombres comme dans la collec’ Rochas (j’ai de la suite même dans les mauvaises idées)…
Je me sens inspirée, en avance sur mon temps, je piaffe dans ma DeLorean.

Juillet – Aout :
Check grande distribution.
Un petit coup d’œil chez Zara pour voir si cet hiver va encore être le théâtre de d’après-midi modantiques, de rendez-vous flash j’ai une soirée j’ai plus un rond au secours, et de speléologie entre amies ( “mais c’est pas possible je te dis que ce pull se trouvait exactement là” “fouille plus profond, tu te rappelles pas que tu l’as caché sous cette pile de slim ?” )
Bilan : Bien joué ! Zara s’en sort pas mal. Je fais part de mes observations aux vendeuses qui me regardent avec un air consterné.

Septembre – Octobre – novembre…
La rue.
La rue s’approprie Ma mode. Comme une louve jalouse, je trouve que tout lui va de travers. Le doré se transforme en bling bling vulgaire, Les jolis shorts cassent tant de silhouettes qu’ils en perdent toutes crédibilité, les compensées ont un air de déjà vu.
Bon, j’arrive quand même à me ruiner, ça serait trop beau.

Ma mode de l’hiver, je préférais la fantasmer.
Mais, oh ! Qui frappe à ma porte ? Juste ciel ! Les collec printemps été!
Allôôôô, Superchic ?

monaco – le soir


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La nuit tombe, Monaco s’allume, je lève les yeux.
C’est saisissant. Une sorte de boursouflure de la côte d’azur. De la verticalité, des villas accrochées au somment des falaises, à en avoir le vertige. Des routes suspendues. Un vrai champignon. Étouffant.

Une éternité plus tard, nous voilà partis pour le restaurant. À ce stade là, nous sommes au moins 25. Tout le monde s’engouffre dans des Jaguars et des Porshes, pour aller… 50 m plus loin.

Une foule compacte se presse au restaurant. Notre hôte nous installe. Il reste quelques chaises. Les jeunes souriants s’y glissent comme une pluie fine. Certains ont moins de chance, ne trouvent pas de places assise et s’en vont. Je commence à comprendre.

Devant nous passent des nuées de blondes à l’anglais approximatif. Des filles de l’Est. “Elles cherchent des “sponsors”, si tu vois ce que je veux dire”, me glisse-t-on.
Trop d’excitation, d’agitation, je mange de travers.
En quelque sorte, nous avons de la chance car nous faisons partie de l’escorte rapprochée de notre hôte, qui est aussi celui des 30 personnes qui se pressent autour de lui. Pour les autres, c’est les chaises musicales. Si tu vas aux toilettes, tu perds ton repas et ton champagne et tu dis au revoir en souriant. Des filles moins scrupuleuses n’hésitent pas s’asseoir sur des genoux généreux. La table d’à côté se libère, notre table s’agrandit, il reste quelques chaises, les portables chauffent. En 5 mn chrono débarquent 4 ou 5 nouvelles créatures bien décidées à profiter du banquet.

Notre hôte parvient à rester charmant, centré, et même à continuer à commander à boire. Ma phase d’observation sociologique prend fin, laissant la place à un écoeurement grandissant. Superchic parle une seconde avec une blonde qui l’abreuve de louanges sur sa robe, sa classe et sa beauté. Elle me regarde, ce regard dit : « j’en peux plus, on y va ».

Nous laissons cette équipe à leur vie animale et notre hôte en pleines négociations. Il nous l’avait dit : ici, les affaires, ça se passe la nuit, entre une coupe de champagne et les seins fermes d’une fille.

Dans la nuit chaude, nos filons par la haute corniche.
Reprendre de la hauteur, enfin.

monaco – le vernissage


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Entre une vingtaine de d’oeuvres admirables circulent autant de garçons chargés de plateaux en équilibre. On fait un petit tour, on prend le truc à la légère. “Tu verrais ça chez toi ? champagne ?”…
Notre hôte nous présente, nous sommes souriantes mais nos talons nous font un peu mal. Superchic est avec moi.
Elle veut bien me suivre, je vais m’asseoir dehors.
La galerie est coincée entre deux hôtels prétentieux. Derrière nous, de longues voitures déposent J.R Ewing, Barbara Cartland et une floppée d’aristochats. Ils passent devant nous, nous constatons que la mode monégasque a sa grammaire à elle, et qu’elle conjugue le plus-que-parfait à l’impératif : il faut que ça brille. Les limousines étincellent, les Rolex flamboient et les peaux liftées reluisent.
Va savoir pourquoi, c’est fascinant.
Devant l’expo se bouscule aussi une coterie de jeunes et très jeunes plutôt branchés, souriants et rafraîchissants.

Le temps se rallonge, on décide alors d’aller visiter New York New York, au Grimaldi Forum, qui fait sa nocturne aujourd’hui.
Il faut le savoir, à Monaco, la clim t’étrangle avec ses doigts glacés à chaque pas de porte. Est-ce un moyen de conserver les chairs ? La chanson de Steph’ de Monac’ “Comme un ouragan -la tempête en moi” prend tout son sens. Elle ne va plus me quitter jusqu’à notre départ.
Tout le monde a l’air parfaitement habitué. Il fait moins 12 et nous sommes en robe de soirée d’été.
L’expo est agréable. Rien qu’on n’ait déjà vu, pas de thème particulier, si ce n’est cinquante ans de création new-yorkaise (rien que ça!). Superchic envisage un Rothko, je fais mes prières devant un Basquiat.
Mais on grelotte et on a lâchement abandonné notre hôte.

De retour au vernissage, les choses se précisent. Le champagne a fait son effet : les yeux brillent, on rit, on transactionne. Les simples amateurs s’éclipsent, les collectionneurs montrent leurs visage. Liftés au moins pour les hommes, liftés, siliconés, retroussés pour les femmes.
L’impression générale quand même ici, c’est que la vieillesse est une chose méprisable, mais que l’argent compense largement cette calamité : si tant est qu’on accepte de donner un peu, la fête perpétuelle qu’est la vie et son lot de chairs fraîches et d’alcools frappés peut s’étirer à perpet.

Les jeunes gens de tout à l’heure n’ont pas bougé d’un pouce.
Ils ont l’air d’attendre que quelque chose se passe.

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bon, la suite demain, et je voulais aussi vous dire que jamy nous offre sa recette de l’épilation à la cire au sucre, j’ai pas encore testé, mais ça a l’air génial! merci encore jamy!

elle est superchic


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J’ai beau trouver que je m’en tire plutôt bien au niveau fashion. Une ombre sournoise plane au-dessus ma complaisance. C’est mon amie superchic, qui même quand je la réveille à quatre heure du matin parce que j’ai oublié le chemin de mon appartement m’ouvre dans un déshabillé soyeux et griffé.

C’est le genre de fille à l’oeil wintourien qui n’hésitera pas à me dire : “lâche l’affaire des bustiers, c’est vraiment pas pour toi”, et à qui j’en redemande. Qui n’hésite pas à se mettre en talons Louboutin pour aller faire du shopping, alors que je claudique au bout d’une heure dans mes ballerines. Qui me dit : “achète ça” en me montrant un bout de chiffon immonde, qui après essayage se transforme en un top sublime.

Mon élégante, même lorsqu’elle était fauchée, semblait sortie tout droit des pages du Vogue : elle achetait ses vêtements chez Zara et autres et et les faisait retailler par une couturière qui connaissait ses mensurations par coeur. Résultat : un tombé parfait.

C’est avec elle que j’ai franchi pour la première fois les portes de Chanel ou des joailliers place Vendôme, là où les vendeuses sont tellement prévenantes et aimables que lorsqu’elles vous proposent un café vous vous retenez de les inviter à votre barbecue du soir.

Enfin, j’adore aller boire le thé chez elle. Déjà parce que chez elle, j’ai enfin l’impression d’être à ma place, c’est à dire dans un salon AD, numéro spécial chiquissime, et en plus, parce que je fais de l’espionnage industriel, avec son consentement amusé, dans son dressing. Je me pâme devant les rangées de sacs, je caresse les cachemires, j’éprouve la hauteur de ses stilettos et je me flagelle avec ses montres.

Je me laisse griser par tant de luxe et d’harmonie.

Jusqu’à il y a quelques jours. Mon amie m’appelle de Corse, me parle de la chaleur, me dit qu’elle n’a pas put résister. Et qu’elle s’est acheté une paire de Birkenstock.

Par le sein de Sophie Marceau : Tout fout le camp!

vous pouvez retrouver les commentaires de ce post sur mon ancien blog, ici.

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Garance Doré

I began my blog in June, 2006. I was an illustrator and growing frustrated – with the type of work I was getting, yes, but mostly frustrated because I wasn’t really connecting with the readers of the magazines I was working for. I wanted to do something a little more free, more spontaneous. I had ...

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