The winner takes it all


Puisque mon corps c’est Waterloo et que mes amies suisses s’obstinent à m’envoyer du chocolat plutôt que des Audemars Piguet, j’ai décidé de me mettre à la gym suédoise.
Paraît qu’on y gesticule sur du Abba, moi ça me va.


Puisque mon corps c’est Waterloo et que mes amies suisses s’obstinent à m’envoyer du chocolat plutôt que des Audemars Piguet, j’ai décidé de me mettre à la gym suédoise.
Paraît qu’on y gesticule sur du Abba, moi ça me va.

Mais qu’est ce qui m’a pris de faire une semaine de détox ?
Well, on la fait à l’américaine ? Alors euuuuh. Previously, on A Girl Like Me.
Il y a deux semaines, lundi : je rencontre une ado à la peau de pêche. Mais comme elle dit des mots comme « sotte » et « zut », je lui demande son âge. Elle me répond qu’elle a 53 ans, et devant mon air effaré, me dit qu’à part se tartiner de Dior depuis ses 18 ans (normal, elle bosse chez eux, hein) (houla mais ça fait 35 ma belle, j’espère pour toi que tu n’es pas aussi fidèle à ton mari ! ) elle ne fait rien.
Je lui lance un regard perçant à la Derrick et je lui dis allez lâche l’info. Avoue. Comment tu fais pour avoir une peau naturellement photoshopée comme ça ?
Pardon Punky. J’avais pourtant bien lu ton dernier billet, jeté sur la toile juste avant de courir attraper ton train, des Isabel Marant Étoile dans les yeux.
Tu avais tout prévu. Les shopping and dancing, la valise loose, immense parce que tu l’avais piquée à tes parents afin de pouvoir la charger de nouvelles acquisitions, tu avais prévu un budget raisonnable et jusqu’à quel point tu pouvais l’exploser.
Mais tu m’as mise en travers de ton chemin. Avais-tu oublié mon regard critique? Mon rapport sage et pondéré* à la mode? Chiant comme un jour sans post? Avais-tu décidé de ne pas penser à mes :
« Pfuuu, c’est mal fini »,
« On dirait du Monoprix, à 80€ ils auraient au moins pu finir de le souder leur collier »
« Cette blouse? Ouais, pas mal. Mais tu l’as déjà non? »
« Tu vas pas acheter un truc chez Manoush? »
« Khiels? Pffffu, mais c’est saturé de paraben! »
Et pourtant nous l’avions, notre arme fatale, j’ai nommé l’irréstistible Balibulle, notre shoppeuse effrénée en chef. Vous aurais-je contaminée? A-t-on manqué de temps? As-tu mangé trop de noix chez Jour? La rentrée ne nous inspire-t-elle tout simplement pas?
Ce qui est sur, c’est que le soir, en rentrant chez nous, nous nous sentions orphelines.
De shopping bags.
Et de mon influence néfaste, j’ai la preuve. J’ai tourné le dos trois minutes, trois.
Et tu t’es claqué deux robes chez AmApp.
Alors je tiens à m’excuser auprès de toi, et surtout de tes lectrices qui attendaient avec gourmandise ton compte rendu en images. Je ne recommencerais plus. Tu reviendras, dis?
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* Qui ça, moi hystérique, bondissante et vitupérante à propos d’une blouse à carreaux? Tu es sûre? Non, je ne vois pas.

Légèrement grisée par l’alcool, C me confiait son amour pour Nicolas Sarkozy et les costards cravate quand, par un subtil glissement sémantique, elle commence à s’attarder sur son célibat, ô combien subi.
Grisée moi aussi, j’ai soudain l’idée du siècle. J’ai un ami, O, bien de sa personne, célibataire, costard cravaté et encarté à l’UMP. Connexion facile : deux amis unis par le bleu de leurs idéaux, quel beau début pour une histoire, n’est ce pas?
Je donne donc mon téléphone à C qui fait une entrée fracassante dans la vie de O : « Allô, je suis la femme de ta vie, rejoins nous tout de suite » avec une voix archi torride je vous raconte que ça.
Bref, ils passent une nuit endiablée à s’envoyer du champ’ à la gloire de Bolloré au Mathis, et j’ai droit le lendemain à deux rapport circonstanciés, totalement enthousiaste pour O, légèrement plus pointilleux du côté de C.
« Il est génial, mais je sais pas, c’est pas tout a fait ça, tu comprends, je suis emmerdée maintenant il est a fond il arrête pas de m’envoyer des textos tu ne veut pas l’appeler pour lui expliquer? »
Soit. J’appelle O, je prends des méga pincettes pour lui dire que C n’est pas intéressée mais qu’elle aimerait bien le garder comme ami. Plus malin qu’un Borloo, il me voit arriver comme une législative au moi de mai.
Légèrement déçu mais fair-play, il décide d’honorer le deuxième rendez-vous qu’il a proposé à C, mais de la ramener sans lui proposer l’ouverture et de téléphoner dans la foulée à un second couteau qui semble être bien plus docile que C. Le dîner se déroule néanmoins dans une ambiance des plus détendues si vous voyez ce que je veux dire.
Je sens le vent tourner. Quelques jours après ce rendez-vous, C m’appelle. Elle n’a plus ne nouvelles de O, et elle désespère. Je suis dans une position délicate. J’ai bafoué mes principes. J’aurais dû refuser ce poste de ministre de la communication. Elle veut le revoir.
Mais c’est trop tard. O a retourné sa veste. Dans un geste désespéré, C passe un dernier coup de fil, mais n’arrive pas du tout à suivre mes conseils. C’est la catastrophe, elle est pleine de revendications, lui pense déjà à ses prochaines campagnes. L’histoire à peine ébauchée est bel et bien finie.
Conclusion : En amour, bien souvent, celui qui désire le plus peut le moins. Alors qu’en politique…
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