On a beau avoir les mêmes icônes, les mêmes créateurs préférés et la même aversion pour les bouts pointus, c’est assez rare d’avoir une jumelle de style, et c’est tant mieux. La plupart du temps, on s’arrange avec le goût de ses amies comme on peut.
1# Celle qui n’a pas le même style que moi. Facile. Elle peut débarquer avec un sarouel mauve, des tongs compensées et un bustier en vinyle, je peux parfaitement lui dire que je trouve ça horrible.
A son tour alla aura le droit d’insulter mes spartiates et je pourrais lui répondre qu’elle est complètement fashion périmée : je n’obtiendrais comme protestation qu’on adorable sourire. Niveau style, on ne parle pas le même langage. Nos jugements n’ont aucune valeur.
2# Celle avec qui on partage la même fashion orthographe, mais pas la même grammaire. En général, j’adore sa façon de s’habiller. Elle pense à des tournures de style qui ne me seraient jamais venues à l’esprit. Elle élargit mes horizons. Mais je ne suis jamais à l’abri de la voir débouler arborant sac complètement horrible avec des étoiles dans les yeux. Dans ce cas, je fais quoi moi hein? Je ne vais pas briser sa romance…
Alors je ne dis rien. J’aurais peut-être la chance qu’elle s’imagine que je suis jalouse, allez savoir.
3# Celle qui est carrément ma soeur de style. A tel point que je suis étonnée qu’on ne soit pas plus souvent habillées pareil. Chacun de ses nouveau achats est pour moi une jubilation. Je la consulte quand je veux acquérir autre chose qu’une brique de lait chez Coccinelle et on peut parler tellement d’heures de sape que c’en est ridicule.
Là pour le coup, un défaut de validation de sa part me fait toucher du doigt ce sentiment tant redouté : l’abominable sensation du fashion faux-pas. Yeurk!
J’ai aussi des amies pas fashion qui n’en ont fashion rien à foutre de la fashion et de mes fashion faux-pas. C’est assez fashion reposant finalement. Si si.
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PS : Youpiii, on est dans la presse! Merci à Claire Hazan pour cette chouette interview croisée avec Punky b et Géraldine dans le magazine Infrarouge. Cliquer ici pour la lire.
Lundi, vente privée. Des amies bloggeuses, de l’attente, de la bagarre, de l’excitation, du mettage toute nue devant tout le monde, de la déception, de la folie, de l’épuisement.
Et aussi, de la chaussure :
- Ouverture des portes, dispersion des troupes. Je m’attarde devant une paire de moon boots fourrées à talons compensés, je me retourne, plus personne.
- Ces chaussures sont bizarres. j’ai besoin d’une fashion validation. Les fiiiiiiilles!!! Mais alors vous êtes où?
- Une vieille dame rigolote me dit que mes chaussures sont rigolotes et qu’avec ces chaussures, j’ai l’air rigolote. Je rigole, pas rassurée.
- Une jeune femme rousse doit bien aimer rigoler. Elle fixe mes chaussures, devient rouge pivoine et fonce sur le stand. Elle les prend dans toutes leurs déclinaisons. Elle fait la même pointure que moi.
- On fait semblant d’être copines. Elle me demande si ça lui va bien. Moi je veux les essayer dans toutes les couleurs et toutes formes alors je lui dis : « non, elles sont moches » avec un air particulièrement intègre. (et quasiment les mêmes aux pieds)
- Raté. La bougresse a bien compris ma supercherie. Elle a bien compris que ces souliers sont sublimes et que je suis prête à leur sauter dessus au moindre geste d’abandon de sa part.
Je m’accroche a l’unique paire que j’ai pu sauver comme la misère au monde alors que si vous avez bien suivi, je n’ai toujours eu ni coup de foudre, ni fashion validation. Je sens que le mal est fait. Le shopping ne supporte pas la compèt. Et je sens que j’ai en face de moi une sacrée joueuse. Mais abandonnons moi à mes intrigues et retrouvons donc nos amies.
J’aperçois Punkyb et je lui montre l’objet de ma folie. D’un hochement de tête solennel, elle valide, à mon grand soulagement, puis se jette sur le stand pour attraper :
- une première paire : sublime, j’adore. Je ne pourrais jamais porter ça tellement c’est haut donc je transfère toute ma fashion libido sur mon amie qui n’en demandait pas tant.
- une deuxième paire : sublime, j’adore. Je ne pourrais jamais porter ça tellement c’est petit donc je transfère toute ma fashion libido sur mon amie qui n’en demandait pas tant.
- une troisième paire : sublime, j’adore. Je ne pourrais jamais porter ça tellement ça fait pupute et donc… Non qu’est ce que je raconte moi? Eeeeeeew mais qu’est ce qui te prend là? Sont-ce vraiment des sandales à plateau cloutés d’un imputrescible vernis mauve fushia? L’esprit de Chistiane F. aurait-il frappé?
- J’appose mon droit de veto, c’est à dire que j’empoigne ma Punkyb avec fermeté pour ne la relâcher que quelques mètres au delà du stand de la perdition. Ses yeux sont comme des billes où les Cassandre se font un flipper.
C’est l’ivresse des profondeurs du stand chaussures. Très, très pernicieux.
Mais revenons à nos moon boots en mouton. Si je suis là, au stand chaussures, en train de sauver mes amies de l’explosion fatale de leur budget alors que je ferais mieux de m’occuper de mon état mental à moi, ce n’est pas par pur altruisme, pensez-vous. Vous me connaissez.
Non, j’ai une affaire sur le feu. Et cette affaire, c’est ma rousse pivoine, ma concurrente de moon boots, mon ennemie jurée. Je l’observe du coin de l’oeil avec ma discrétion habituelle, prête à me jeter sur elle. Mais la sauce a trop bien pris entre nous deux.
Elle prend les trois paires. Vous avez bien entendu. Les trois paires.
A ce stade là, le fait que Géraldine me dise qu’elle déteste mes moutons n’a plus aucun effet. Je m’accroche à la paire que j’ai sauvé, et je file dare dare à la caisse. J’ai toujours le trajet retour pour l’amadouer et la faire revenir à la raison.
A Châtelet, Géraldine n’est toujours pas convaincue, et Dieu sait qu’elle y met de la bonne volonté. Pas grave. J’ai tout l’été pour lui faire avouer qu’elle est jalouse de mes moutons. Et le fait que mon chat ai fait un bond de trois mètres au péril de son obésité quand, une fois à la maison, j’ai sorti les fameuses de leur auguste boîte ne m’atteint pas du tout.
Il finira par les aimer, lui aussi. Un jour, il comprendra que mes moon boots fourrées à talons compensés ne sont pas vivantes. Et il finira par les aimer.
Je viens du Sud, et dans le Sud, le soleil, la plage et l’Ambre Solaire sont une culture, une way of life, une religion.
Quand j’étais petite, chez moi, chacun avait son grand panier de plage, bien aligné, dans les startings blocs dès le mois de mars, on sait jamais. Avec un grand drap de bain, un grand paréo, une grande bouteille d’eau, un petit maillot et une petite bouteille d’huile à l’odeur entêtante.
Le soleil, c’était comme Kal Lagerfeld. On ne pouvait pas ne pas l’aimer. On ne s’en protégeait même pas et à partir du 3 avril on comparait le cramage intensif de nos peaux et les reflets blondis de nos cheveux avec délice. A l’époque, j’avais de très mauvaises fréquentations. Des filles qui se passaient des formules secrètes sous le paréo : pour mieux bronzer, la formule c’était huile d’olive + citron. Pour blondir ses cheveux, outre le Timoteï à la camomille, il y avait une espèce de décoction au citron, je vous raconte pas le concours de fritures à la vinaigrette sur la plage.
Si tu es dermato et que tu me lis, calme-toi. Ce billet a une issue des plus mélanomement correctes.
Parce qu’en fait, moi, je m’emmerdais à 200 à l’heure. Mes copines étaient complètement stupides, à pousser des petits « hi », « hou » toute le journée.
En plus, j’aime pas ma peau quand elle est bronzée. Passés les premiers jours, la légère teinte abricot, l’éclosion de mes 2500 tâches de rousseur que j’aime et que j’adore, je la trouve épaissie, burinée, frisant le vulgaire.
Donc un jour j’ai rompu avec mes copines, qui ont poussé des petits « hi » et des « hou » de désespoir, et j’ai fait mes adieux à la scène plage.
Depuis, l’été, dans le Sud, on m’emmerde : « Mais qu’est ce qui t’arrive? T’as bouffé un savon? T’es toute blanche, ça va pas? Tu t’es prise pour Marilyn Manson? Tu va pas à la plage? T’es pas normale, ma fille.Tu veux l’adresse de mon psy? ».
But time is on my side, yes it is. L’été dernier, j’ai recroisé « hi » et « hou » et beaucoup de leurs voisines de drap de bain à une soirée sur la, je vous le donne en mille, plage.
Oui, ben je les ai pas reconnues. On aurait dit deux Magda de Mary à tout prix. Flétries, cramées, décaties, finies, même en paréo à l’apéro. Il ne leur manquait plus qu’un truc.
Ah mais nooooonnn tiens qu’est ce que c’est que ça? « Hi hi hi hou regarde Garance hou j’ai un nouveau petit chéri hi hi hi!!! » « Wow trop cool trop, Puffyyyyy!!!! »
La beach way of life c’est clair, ça peut coûter très, très cher.
Alors si à un moment tranquille, au café, au soleil, avec votre blog-idole, l’idée de faire équipe pour réaliser une « p’tite vidéo » vous effleure l’esprit sachez qu’il vous faudra :- Trouver du matériel, éventuellement soudoyer vos proches pour vous procurer au moins une caméra, un micro, un casque, et du câblage. Facile.
- Trouver un truc à filmer : trop facile, un super petit festival de mode fera l’affaire.
- Tomber sur l’une de vos actrices françaises chouchoutes. Lui courir après pour lui demander une interview. Lorsqu’elle vous demande pour quelle chaîne, lui demander où elle a acheté ses sabots.
- Si par mégarde elle dit oui, se soucier enfin de l’aspect technique, c’est à dire de mettre la caméra en route. Comme vous ne l’avez jamais fait, ne pas trouver le bouton.
- Présenter des excuses pendant que vous cherchez à allumer ce maudit bouton rouge. Ne pas comprendre pourquoi ça ne marche pas.
- Se rendre compte que vous n’avez pas soulevé le clapet. Se répéter 100 fois que le ridicule ne tue pas. Sourire un grand coup et se faire plaisir : « Silence, on tourne! »
- Hurler : Stooooooop! Parce que vous n’avez pas branché le micro. Brancher le micro. Ressembler au présentateur de France 3 Poitou-Charentes avec votre micro. Devoir rajouter un casque à votre débâcle stylistique.
- Grâce au casque, se rendre compte que vous êtes en train de tourner un remake de « Comme un Ouragan » tellement le vent souffle. Hurler : Stoooooop!! et rapatrier l’interview dans un endroit accueillant, un endroit ou plein de gens ont trouvé refuge.
- Plein de gens qui parlent. Rattraper de justesse votre actrice chouchou qui tente de s’échapper en losedé. Dire : milles excuses. 250 fois. Finir par y arriver, se sentir supertropfort. Savourer cet instant, il y en aura peu.
Passer trois jours comme ça à essuyer TOUS les plâtres. COURIR après les gens pour les interviewer, se faire IGNORER, se CASSER le dos à porter du matériel, CASSER du matériel, refaire des itv parce que le son a DISPARU, se faire ENGUEULER parce qu’on demande son nom à une star de la profession (très autoritaire, parfois, la star de la profession, un peu frustrée de ne pas être une star tout court, en gros), EFFACER vos plus beau rushs et beaucoup RIGOLER aussi.
- Puis rentrer, et se mettre au montage. Chercher un logiciel. Se dire que Imovie ce sera très bien. Faire exploser la mémoire de votre ordi parce qu’un film, ça prend beaucoup trop de place dans un disque dur. Vider votre ordi en mangeant des Fingers.
- Passer un temps fou sur votre film, revoir les mêmes rushs 250 fois, puis couper, couper, couper pour ne garder que l’essentiel. Finir par pouvoir réciter votre film comme une poésie en CE2. Se rappeler qu’en CE2 vous adoriez les Haribo. Célébrer ce souvenir en explosant un paquet de « Polka ». Même les oursons jaunes.
- Une fois atteintes les limites physiques du cent fois sur le métier remet ton ouvrage, manger du Lindor, puis manger des Stakers, puis manger les croquettes du chat, puis décider que votre film est ok pour être mis en ligne.
- Se rappeler qu’il faut mettre des sous-titres. Soudoyer un chanteur anglais pour corriger vos tics de langage. Remettre votre ouvrage sur le métier et votre tablette de Milka sur le bureau. Quatre heures après, chercher la tablette de Milka sous le bureau. Accuser le chat.
- Vouloir le mettre en ligne. Se rendre compte qu’en ligne, votre film chéri ressemble à trois gros pixels qui font un tennis. Pleurer un coup, puis manger des Côte d’or pour oublier. Harceler Dailymotion pour réussir à avoir un truc présentable.
- Être prêt à tout pour avoir un truc présentable. Harceler Thomas Clément, le pape du podcast, harceler la première personne qui passe juste parce qu’elle est là au mauvais moment, fouiller les entrailles du net pour trouver l’adresse IRL de Dailymotion en fouillant les entrailles de vos placards pour vous si personne n’y aurait oublié des Mikado.
- Décider d’aller intimider Mr Dailymotion qui n’habite pas loin. Penser à prendre un cake au citron au passage. Se raviser, se dire qu’il ne faut pas perdre le nord non plus. Descendre prendre un cake aux fruits.
Finir par être moins exigeant, commencer à se dire que trois gros pixels, c’est mieux que rien. Se demander ce que vos lecteurs chéris vont penser de tout ça. Se demander si il y a des monteurs minces. Se demander et si c’était à refaire. Se dire qu’on le referait et même, qu’on va bientôt le refaire.
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Un grand merci : à ma géniale co-équipière Géraldine bien sur, et puis à Punky b, à Mark, à David, à Jim, à Matthieu, et à Thomas.
Allez savoir pourquoi, malgré mes efforts constants pour souligner à quel point je ne suis pas une fashion victim, ni même une fashionista, ni encore une FRTBH (Fille Régulièrement Très Bien Habillée), certaines personnes de mon entourage continuent à voir en moi la pointe de l’excellence fashion, et ne se lassent pas de venir poser à mes pieds fleurs, chocolats et compliments.
Et responsabilités : « Oh dis, tu m’emmènes faire du shopping dans tes adresses secrètes? »
Si j’avais été une jeune femme honnête et droite, j’aurais tout de suite filé l’adresse du H&M Rivoli, mon fournisseur officiel, et je serais allée me cacher sous un rocher en attendant l’orage.
Mais j’ai une fibre coach irréfrénable, et je dis « ok ma chérie quand tu veux! ».
Et vous savez quoi? Miracle! Ce que je n’arrive absolument pas à m’appliquer à moi même marche formidablement sur les autres. J’ai donc une petite équipe de fans qui chantent mes louanges et colportent la bonne parole.
Tout ça pourrait être tout simplement merveilleux et valorisant, si on mettait de côté :
- l’amie CSP ++ à qui vous montrez la boutique de votre petit créateur chouchou et qui ensuite se ramène à chaque rendez-vous avec une nouvelle sublimité sur le dos, oui, celle que vous avez reposé la dernière fois parce que c’était trop cher, en vous disant « Wahouuuu t’as vu ce que j’ai trouvéééé!!! » Résister à l’envie de lui faire avaler la prochaine fois que Jacqueline Riu est une marque super in, juste pour voir.
- le truc encore plus pervers : l’amie CSP +++ qui pense que vous allez lui faire faire des affaires incroyables. Qui veut les mêmes choses que vous, mais en moins cher. Se retrouver en milieu d’après midi à s’entendre lui dire : « tu veux être belle, tu gagnes du fric, tu sais ce qui te reste à faire, envoie la CB. » Ne pas se reconnaître.
- L’amie qui n’a pas compris que ce n’est pas comme vous qu’elle doit s’habiller, qui reproduit tout, y compris vos nombreuses erreurs. Et qui vient avec un grand sourire vous enlacer en vous disant : « j’ai encore acheté la même robe que toi, tu m’en veux pas heiiiiinnnnn….? » « Oh ben non tiens mais c’est quoi qui prend feu là-bas? Ohhh ton dressiiiiing! »
- Dernier truc : le SAV : L’amie qui a pris cette histoire très au sérieux, qui voulait ajouter une touche fashion à sa tenue, à qui vous avez suggéré une paire de, je sais pas moi, de plateformes sublimes l’été dernier, et qui ne les a pas mises, et qui vous le rappelle avec une moue réprobatrice à chaque fois que vous la voyez, jusqu’à ce que vous vous disiez, ah, toi, plus jamais!
Et puis qu’elle arrive un jour de printemps en les arborant fièrement, et en vous disant « oooohhh dis donc finalement merci Garance, j’adooooore mes chaussures! Ca te dirait de m’emmener faire du shopping? »
Mercredi dernier, Colette s’est pris 10 ans dans les dents, et moi aussi par la même occasion.
Cette nuit là, avec mon amie, nous arrivons, sobres, chic, devant la Scala, où a lieu l’anniversaire de Colette. Une armada de fashionistas en ébullition sont agglutinées à l’entrée, tendant leurs invitations à Dieu, le physio. Impossible de se frayer un chemin.
Il y a dix ans, j’aurais rampé entre leurs jambes ou je serais passée par la sortie de secours. J’aurais appelé l’assistant de Laurent Garnier en disant qu’on était là. Sauf qu’aujourd’hui, Laurent Garnier coule des jours tranquilles dans Sud en faisait des albums free-jazz.
Là, on a juste attendu 1h et puis on a fini par rentrer.
Une fois à l’intérieur, franchement, c’est chouette. Les gens sont adorables, les open bars sont même pas pris d’assaut, il y a des bonbons partout, des smileys et du micro-people à la pelle. Il y a de la super musique 80′s, et quelques fashion déglingos à mater pour rigoler.
Oui, des fashion victims, ceux qui overdosent le fluo, surcompilent les accessoires et paient des baskets en édition limitée 2000 euros. Des branchés, quoi!
Dix ans en arrière, je serais allé faire un contest de sneakers avec eux, j’aurais essayé d’arracher leurs lunettes et de me faire prendre en photo par Yvan.
Là, j’ai juste trouvé ça gentiment ridicule et plutôt rigolo.
Et puis bon. On fait ce qu’il a de mieux à faire en boîte avec mon amie : On parle. On piaille, on bavarde, on commente en s’égosillant sur fond de Jermaine Jackson. Je me trémousse légèrement, mais elle en a marre. Elle e des trucs à faire demain, et puis elle en a assez vu.
Il y a dix ans, je l’aurais attachée à un poteau et je serais allée danser. Je serais montée sur une table et je me serais fait une choré approximative et deux cent amis de la night.
Là, j’ai trouvé qu’elle avait bien raison, et nous avons quitté la fête alors qu’elle battait son plein. Comme Laurent Garnier dans les 90′s avec sa limo hurlant du Mozart. Comme Colette que nous avons croisé partant aussi, sûre à cette heure que sa fête avait pris.
Et je suis rentrée sagement me blottir dans les bras de mon chéri.
Mon amie mytho, c’est comme qui dirait, plus vraiment mon amie, parce qu’une amie mytho, et bien c’est pas de tout repos.
Au début, je ne savais pas qu’elle était mytho, je pensais juste qu’elle avait une vie incroyable. Je ne suis pas le moins du monde impressionnable, je m’intéresse, c’est différent. Et puis voilà, entre deux de ses voyages en Concorde (mais si il existe, enfin, c’est une nouvelle version, il va pas aussi vite mais il est encore plus classe) je me suis laissée aller à devenir sa copine.
Nous sommes alors passées à un autre stade, celui que mon pote Sigmund aurait appelé « le principe de réalité ». Plus on est proches, plus ses histoires deviennent possibles, elle redescend sur terre. En parachute bien évidemment, le concorde ayant été détourné par un certain Delarue. Là, je m’amuse de ses extravagances, je mets ça sur le dos de son enfance à Disneyland (si si, son père est le pilote du Space Mountains).
Forcément, je m’attache. Je décide même d’aller passer un petit week-end avec des amis dans la propriété de sa mère. Sauf que la gardienne n’est pas là pour nous donner les clés et qu’il va falloir passer la nuit à l’hôtel. Alors, je commence à lui dire que c’est pas grave, qu’on l’aimerait quand même, qu’elle était pas obligée de nous raconter des salades. C’est le moment que choisit la gardienne pour arriver, la bouche en coeur, en agitant les clés de la propriété.
Déstabilisée, je me dis que j’ai été injuste. On se fait un petit resto pour s’expliquer. C’est là que fonce sur elle un jeune homme avec un grand sourire : « hey Karine!! Mais ça fait super longtemps qu’on s’est pas vus! » « trop cool!!! ». Je vois donc Karine se lancer dans une discussion enjouée avec cette personne qu’elle a l’air de très bien connaître. Sauf que mon amie ne s’appelle pas Karine.
Quoique…
Prise de d’un vertige et sans attendre d’explications, je ramasse mes affaires et je les plante là. C’est ce qu’on appelle la goutte d’eau…
Dans ce monde de brutes, faut networker. Rencontrer des gens, parler de soi, se vendre.
Mon chéri, qui est du style integro-bourru, dit « se corrompre ».
Moi, je dis c’est la vie, et j’agis.
- Je trouve une soirée ou je vais pouvoir côtoyer les célébrités de mon milieu. J’appelle ma copine Sophie qui aime bien boire du champagne en riant bêtement, j’enfile une jolie robe, et hop en avant.
- L’endroit est beau, l’endroit est déco, la musique est naze, on met une coupe de champagne dans ma main. On commence à critiquer les gens avec Sophie en gloussant, puis soudain je me souviens, je suis là pour networker.
- Quelle chance! Voici Céline, notre hôtesse et copine. Elle me fait un point people. Une dizaine de personnes à rencontrer, dont deux que je dois ab-so-lu-ment harponner. De toutes façons elle connaît tout le monde, elle va me présenter.
- De la contenance. Allez une coupette. Une cigarette. La soirée commence à prendre, ça bavarde de tous les côtés. J’ai une de mes target en vue, et la carte de visite qui gigote toute seule dans ma pochette. Sophie me montre un truc.
- Mon dieu, c’est des tempura, et il y a aussi du thon mi-cuit, et oh, du cheesecake!!! Je remets mon accostage à plus tard, je fais honneur au buffet. Mentalement, je fais mes calculs. Si je ne rencontre que 5 de ces personnes, c’est déjà super.
- Céline passe par là, m’attrape par le cou, et me présente à une créature étrange et sympathique. Me glisse à l’oreille que c’est biiip le biiip de biiip. Je sens mon coeur se serrer. Oh la la dire un truc spirituel, dire un truc spirituel hiiiiiiiii!!! (bruit du cerveau en surchauffe)
- Trop tard. Un mètre quatre vingt de style et de glamour sont venus se planter devant moi. Je dégage mes Zara de ses Louboutin et je vais prendre une coupe. Interdit de m’en vouloir. Je revois mes objectifs. Si j’arrive à parler 2mn avec lui, je m’offre les Pierre Hardy.
- Mais qu’est ce qui me prend de me confier à ce pilier? Damned! Je suis ivre. Je suis morte de rire et je danse et je parle avec plein de gens pas du tout sur ma liste mais alors très très sympas. Je jette un oeil enfiévré à ma target. C’est le bal des pétasses. Bon ok c’est pas des pétasses elle sont toutes juste parfaites et belles et spirituelles. Et accrochées à son cou.
- J’abandonne. T’façons j’ai toujours été nulle en networking, c’est pas maintenant que je vais me transformer en Basile de Koch. J’imagine déjà le sourire satisfait de mon chéri. Je bavasse avec n’importe qui, en fait, je m’amuse comme une petite folle, Sophie est ravie, elle m’apporte une verrine mangue-passion.
- Bon, ben, on y va. Mes cartes de visite ont retrouvé leur calme, elles ont encore de beaux jours à ronronner tranquilles.
Sur ce, l’une de mes nouvelles copines de dance floor me file un petit bout de papier griffoné, en me disant, appelle. En partant, j’y jette un oeil distrait.
« hiiiiiiiiiiiiii!!! fifiiiiiiiiiiiii! tu devineras jamais!!! c’était biiiiiiiiiiip, la biiiiiiiip de biiiiiiiip!!!
Pour tout conseil en networking social, réseautage et autres viaduqueries, je vous laisse prendre contact avec mon agent?
La jolie robe est de Trovata. En bonus sur leur site, pour les amoureux du dessin et de la mode, une super petite bd fashion par ici. So chic!
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Vous pouvez retrouver les commentaires sur ce billet sur mon ancien blog, ici.
J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...