Garance Doré

TAG : amies

les secrets

C’est bien connu, dans la vie, il y quatre types de secrets :

Le secret de polichinelle
ex : « Arielle D. s’est offert un lifting des seins. »

L’exemple même de la révélation pas excitante du tout. De toutes façons, la rumeur court depuis trop longtemps pour qu’il y ait un quelconque agrément à être le détenteur de ce secret. La pire situation étant : On vous raconte quelque chose que vous connaissez déjà, et vous devez feindre la surprise.

Le « ne le dites à personne »
ex : « Élodie B. est complètement accro à la c. »

Se délester d’un secret devant plusieurs personnes est le plus souvent d’une mauvaise foi patente. Si l’on ressent un petit pincement en le colportant, c’est que l’on sait que le bruit sera immanquablement répandu, mais qu’en plus on ne saura jamais à qui reprocher une quelconque fuite. S’interroger sur ses motivations profondes peut-être intéressant, mais c’est déjà trop tard, vous êtes une balance.

Le « il faut que je te dise »
ex : « j’ai passé la nuit avec Romain D. »

Là, nous touchons un forme délicate. Il est bien connu qu’un secret de ce type est une chose très protégée que l’on ne dit qu’à une seule personne à la fois. Il a un goût incomparable. On sait que d’autres personnes sont au courant, mais on ne sait pas qui. L’exquise brûlure de tenir sa langue donne toute sa saveur à ce secret. La confiance que l’on a placé en nous nous enchante et on ne se lasse pas d’essayer de deviner qui d’autre est au courant.

Le « j’ai quelque chose à te dire »
ex : « je suis la fille cachée de James B. »

Ce secret là est le signe d’une grande intimité avec la personne qui le délivre. Il s’agit à ce moment là d’arborer un air des plus dignes. L’oeil doit être mouillé, mais il ne faut surtout pas se déparer de son sens de l’humour pour ne pas tomber dans le mélo ou pire, le pathétique. C’est par excellence le secret que l’on va garder pour soi toute la vie. C’est un secret qu’on va presque oublier tellement on va se taire. Selon les cas, attention tout de même à des expressions telles que ‘ne t’inquiète pas, je suis une tombe’.

Et oui, ce n’est parce qu’on est cynique qu’on peut tout se permettre, non mais alors!

le sac des filles

Chacun n’est pas obligé de chercher son chat. Moi, mon chéri, il m’est tombé dessus comme une pluie d’été sur un brushing tout frais, mais après tout, j’ai été ravie de me laisser reboucler.

Il y a un truc que je ne comprends pas chez beaucoup de mes copines célibataires. Chaque fois qu’elles mes racontent leurs ‘dates’, j’ai les yeux qui s’arrondissent à les écouter parler d’un garçon comme s’il s’agissait d’un nouveau sac :

« Il est très bien : Je l’aurais préféré brun, mais il est relativement souple, il s’adaptera à toutes les situations. Il a une bonne prise en main, ça a tout de suite été facile avec lui, je sens qu’on peut faire un bout de chemin ensemble. Le seul problème, c’est que d’ores et déjà, je le trouve un peu lourd. Je le prends ou pas? »

« Il est parfait : Bien grand, tu peux lui confier ta vie. Il est beau mais discret, et puis il est malin : tu verrais tous ces logements comme c’est pratique! Mais il n’est pas assez solide, une ou deux misères et je sens qu’il va rendre l’âme. Il ne m’inspire pas vraiment confiance, tu ferais quoi à ma place? »

« Il est nul : trop petit, un peu rigide, en plus ultra voyant du style tu peux pas prendre le métro avec. Par contre c’est le compagnon idéal pour les soirées paillettes, avec lui tu rentres partout. Mais impossible de lui imposer boulot ou week-ends à la campagne, il ne veut rien laisser passer! T’en pense quoi toi?. »

Ben t’as qu’à prendre les trois! Avec un bon placard pour les caser, pourquoi pas?

Puis un jour, en voyant l’une de mes amies célib’ de longue date, parisienne et carriériste jusqu’au bout du Blackberry courir s’installer dans le Luberon avec un menuisier déjà papa de deux enfants, gentil comme tout et pas sortable un brin, le tout avec un sourire confit d’amour et des étoiles dans les yeux, j’ai compris.

Les autres, c’était pour faire un peu comme tout le monde, pour suivre la mode… Mais là, elle s’était trouvé son p’tit sac de créateur bien à elle, et elle était pas prête d’en changer!

Le sac des filles… J’ai piqué le nom à ce joli blog auquel je me suis jurée d’envoyer des images depuis… 4-5 mois déjà, mais allez-y, c’est très sympa!

ni foi ni loi

On m’avait dit : tu vas voir il a fait tellement chaud qu’ils n’ont rien vendu, ils vont déstocker à fond!
Euh ah oui ah bon alors j’y vais alors, plaaaaaace!
Mais que je suis influençable.

Je fonce au Bon Marché pour apprécier la courbe économique d’un sac que j’ai en tête mais dont le prix en ces temps de banqueroute personnelle est littéralement indécent.
Donc, même à moins trente pour cent, il reste indécent. Je fais un tour de Bon Marché (parfait le Bon Marché pour faire des tours), j’appelle ma conseillère attitrée (AllôOo, Superchic?), elle me dit d’aller prendre l’air hors de l’atmosphère corrompue de ce temple de la ruine. Elle dit : si ça va mieux dans 5 mn, n’achète pas.

Je sors, je respire, et là, tel un Kaiser Soze, je reprends vie. Je n’achète pas.

En face, il y a un Zara. Hum Zara. Mon pouvoir d’achat est soudain décuplé, je pénètre l’enceinte comme une héritière d’hôtels de luxe. Mais diable que fait la sécurité? Des hordes d’hystériques marchent sur des vêtements épars. De jeunes filles se promènent à moitié nues, les rares miroirs sont les témoins de farouches guerillas. Je croise néanmoins de jolies robes, pas très chères c’est entendu, mais finalement pas si soldées que ça. Pas envie de rentrer dans la bataille pour si peu.

Je ressors, les mains vides.

Bien. Voyons voir. Le Marais et après je rentre. C’est plutôt calme finalement. Assez vite, je comprends pourquoi. Pour déstocker à fond, les gentilles marques que nous aimons bien, nous les filles, comptent surtout sur l’effet ‘soldes’, à y regarder de près, les prix ont très peu baissé. Souvent c’est du vieux stock de fond de boutique. Je suis prise de l’ivresse du shopper : tout se ressemble : des blouses des blouses du jean du jean des ballerines des bottes des bottes au secouuuuurs!

Je fuis.

J’appelle une amie, blasée comme pas deux, je lui fait des théories fashion post-apocalyptiques, je loue mon détachement face à la société de consommation, nous décidons de nous retrouver pour boire un verre et refaire un monde meilleur.

Chemin faisant, je vise une paire de bottines, super mal soldées bien sûr, mais trop jo-lies. J’entre dans la boutique. Damned! ils n’ont plus ma taille.

Une fièvre bien connue s’empare de moi. Il me les faut. Avec le vendeur, aussi maniéré qu’insensible, nous passons en revue toutes les boutiques de Paris. Une paire!!! Il reste une paire dans ma taille, à l’autre bout de la ville. Dans toute sa bonne volonté, il ne veut pas les appeler pour leur dire de les mettre de côté. Je dois donc prendre le risque de faire le déplacement sans être sûre qu’ils ne les auront pas vendues entre temps. Et puis, il est 19h12. Je suis dans un état proche de l’Ohio. Je m’imagine avec mes bottines, légère, riant, célèbre, mince, je cours, je cours…

Je n’ai vraiment ni foi ni loi.

n°13

Avant tout, une merveilleuse année à toutes et à tous!
——-

La dernière fois je feuilletais le Glamour, quand je tombe sur un petit article d’Audrey Diwan :
14 trucs dont vous rêviez… Jusqu’à ce que vous les ayez.
En n° 13, je cite :
Un blog. Depuis que vous avez le votre, vous devez trouver tous les jours une manière amusante de raconter qu’il ne vous arrive rien de spécial.
Damned, Audrey! Je lance un regard méfiant autour de moi, de peur d’avoir été repérée.
Le n° 13, c’est moi! Voilà des jours et des jours qu’il ne m’arrive rien de spécial.

L’amour : Mon chéri est adorable, il est allé jusqu’à m’acheter des légumes. J’ai choisi d’ignorer qu’il a aussi ramené de la glace au marrons, avec des éclats de marrons glacés bien sûr, une pizza ‘fastuosa’, et des minis Häagen Dazs, tu les manges, tu t’en rends même pas compte.

Les fêtes : Ben oui les fêtes. Ben c’était bien, j’adore Noël, j’ai vu plein de gens que j’aime, j’ai mangé sans m’arrêter, je suis énorme, ma peau veut changer de crèmerie, je me demande à partir de combien de verres de champagne dans une semaine on devient alcoolique, j’ai lu mon horoscope et j’ai même fait des résolutions, dont je me suis interdit de faire un sujet.

L’amitié : Ah l’amitié, j’aurais un tas de choses à dire, à ce niveau là c’est le grand chambardement. Sauf que bien sûr mes amis les plus proches connaissent l’existence de mon blog et j’ai même déjà eu des ‘tu parles jamais de moi’ ou des ‘qu’est ce que tu as sous-entendu quand tu as parlé des cheveux frisés la dernière fois?’ ‘hein?’. Comment pourrais-je ne serais-ce qu’effleurer l’injustice flagrante dont je suis la victime? – ceci est un test – stop – viens-tu encore par ici S – stop – si c’est le cas manifeste-toi – stop -

La mode : Comme je suis complètement ruinée, j’attends les soldes comme Nicole Richie attend sa prochaine carotte vapeur : C’est pas drôle les soldes! On achète toujours n’importe quoi juste pour avoir le plaisir de se battre avec ses semblables! On dépense trois fois plus! On s’épuise tellement qu’on finit inévitablement par un thé avec un éclair pistache!
Je m’interdis de faire un billet avec ce sujet.

Mes trois kilos : Vous l’aurez remarqué, ce sujet sous-jacent, dont je me suis interdit de faire un billet pour garder à ce blog une ligne irréprochable, m’étant vantée il y a peu de n’avoir aucun, mais alors aucun problème de poids, pollue chaque paragraphe de cet étrange billet. Aucun problème de poids. Ah! ah! ah! Merci les fêtes! Merci mon chéri! Merci les soldes! Merci l’amitié! Non S ça va je déconne ok c’est pas de ta faute ces trois kilos quoique je me demande si cela n’était pas une vengeance déguisée de ta part… hum?

Donc, mon credo étant : si tu n’as rien à dire, tais toi, j’observe, à défaut de celui dont je ne parlerais pas, un régime bloguesque. Et Audrey Diwan peut parfaitement se moquer de moi, j’assume totalement mon manque de temps, mon manque d’inspiration, mon manque de sveltesse, comment ça j’ai encore parlé de poids, et voilà, je déblogue.

l’amie de mon chéri

C’est le genre de fille tellement mimi que quand mon chéri se prépare pour aller boire un verre avec elle mon corps se raidit et mon sourire se crispe et d’un coup j’ai envie de casser un vase sur sa tête par inadvertance.

C’est le genre de fille tellement bien sapée que je m’entends dire des trucs franchement lamentables (genre Chanel ça fait vieille sur elle) alors que mon chéri avait à peine remarqué qu’elle avait le même sac que sa mère, d’ailleurs :

C’est le genre de fille pour qui les hommes sont des accessoires pas forcément plus pratiques qu’un sac à main. Et comme elle a jamais trouvé un homme qui remplisse toutes les fonctions : sortable, dispendieux et maniable, du coup :

C’est le genre de fille qui a une équipe de chevaliers à qui elle fait appel à tout moment. Le mien est spécialiste en coeurs brisés. Mais il y a aussi son chauffeur avec Porsche, son noceur avec sa bouteille de champ’ et son coiffeur qui a intérêt à répondre au téléphone parce que :

C’est le genre de fille à qui on répond tout de suite. Pas parce qu’elle est irrésistible ou qu’elle a une autorité MAMienne, non. C’est que sinon votre téléphone devient une sorte de bombe à retardement : allumé, il sonne sans discontinuer. Éteint, elle sature votre boîte vocale et puis alors là c’est le museau assuré pendant au moins un mois. Oui, elle est juste insupportable mais :

C’est le genre de fille trop capricieuse pour être méchante, trop parfaite pour être heureuse, trop avide pour être aimée. Ce genre de fille qui plaît à son boss, au père de sa copine et au mec de sa mère. En somme, une jolie galère.

Enfin, ça, c’est ce que s’échine à me dire mon chéri en voyant ma main crispée sur le vase du salon. J’ai lutté, j’ai été méfiante, puis jalouse, puis vindicative, puis philosophe, puis…
Puis un jour, je l’ai cru.

myspace parano

Au départ, j’en ai parlé avec un ami qui par le truchement d’une traître que nous avons en commun, avait trouvé mon blog. Mon blog, c’est mon secret, j’étais déjà un peu énervée, mais en plus, il a commencé à commenter comme si on était au café du commerce : »Hey, Garance, t’étais dans un sale état hein, samedi… ».

Exaspérée, je lui ai dit que c’était facile de parasiter le blog des autres, et qu’il n’avait qu’à en ouvrir un, lui.

Il m’a dit : « mais J’AI un blog! Sur mon Myspace! »

Son Myspace : Une page, d’abord immense, d’un design quasi-soviétique, ou je découvre qu’il fait « partie de mon réseau étendu » et qu’il a une allure de body-builder (non mais n’importe quoi!). Mais surtout, je découvre qu’il a 511 amis. Dont Thom Yorke, Les Pixies… Je sens que je suis dans un monde parallèle… Et puis…

Heeey, mais je le connais lui, c’est mon ex! Aaaah, sa page est un peu plus soignée. Ouaaah, dis donc, sur cette photo, il a vraiment l’air d’une star. Il a combien d’amis, lui? 67, pfiou, c’est nul, je vais faire un tour sur le Myspace de son nouveau groupe. Aïe aïe aïe! 288 amis. Ultra nul.

Mmmm, mais qu’est ce que je fais moi? Retour chez mon ex. Je regarde ses commentaires, sauf que c’est pas des commentaires. C’est des gens qui lui disent merci de bien vouloir d’eux comme ami, et aussi qui lui envoient plein d’invits pour des soirées géniales, et lui, et bien il ne répond jamais rien.
Trop star mon ex.
Ah, non, je rectifie, ce sont juste des flyers. De la pub, quoi.

Il a donc l’air d’avoir une vie délirante et une foule d’amis géniaux. Allons faire un petit tour dans sa liste d’amis. Oh mon dieu! Lui! Je le connais! Et elle! On a passé une soirée ensemble la dernière fois. Mais… c’est quoi, cette photo? Ultra sexy, elle a pas peur? Ah non, sur Myspace c’est trop cool, on a pas peur, on est trop beau.

Bon, ça y est, je suis sur un filon, je les connais tous. Ils ont tous cet air « bigger than life », ils ont tous l’air trop cool, branchés, et éternellement en train de faire des choses incroyables/ de s’éclater. Je sens comme une supercherie et/ou je me sens un peu dépassée. D’un coup je me souviens d’une soirée ou tout le monde s’appelait par des noms étranges. J’avais enquêté, ils étaient tous amis sur Myspace.

Retour chez mon ami, je trouve enfin son « blog ». Il écrit super bien, mais la déco est vraiment trop moche. Je tiens ma revanche, je vais lui poster un com’ bien abrasif.
Et paf! Il faut être inscrit sur Myspace pour pouvoir commenter. Je suis trop énervée.

Épilogue : TOUS les gens de Myspace ne peuvent pas être stupides. Je suis sûre que ça doit être sympa, Myspace, si on y comprend quelque chose. Et pour y comprendre quelque chose, pas d’autre moyen je crois, que de se lancer! Donc je me lance. Pour l’instant, j’ai 1 ami. Comme c’est nuuuuul!

cry me a river

Qu’est ce qui m’arrive? Comme Élodie Frégé, on dirait que j’ai fait expression lacrymale deuxième langue.

Si l’on observe les messages postés sporadiquement ici, ce n’est rien d’autre que la suite logique de la course et du stress de ces dernières semaines…

Ce à quoi il suffit de rajouter l’abonnement auquel nous avons toutes souscrit (nous, les femmes) et qui fait que chaque mois pendant un jour ou deux nous sentons que notre corps et notre moral appartiennent à quelqu’un d’autre, quelqu’un d’autre du style Janis Joplin (Hey mais c’est quoi ce teint? Ces cheveux? Mais pourquoi tu cries? Mais pourquoi tu pleures?),

et ça donne une semaine de vrai festival :

- j’ai pleuré en faisant les courses :
j’ai planté mon chariot plein et mon chéri à la caisse pour cause de surmenage émotionnel.

- j’ai pleuré en soirée :
juste avant de recevoir des amis, histoire que le maquillage foute le camp et que mes petits apéros brûlent dans le four.

- j’ai pleuré au téléphone, 4 fois :
en coeur avec l’amie A avec qui nous traversons une zone de turbulence.
avec l’amie B en lui racontant que je traverse une zone de turbulence avec amie A.
avec l’amie C avec qui j’ai été indélicate à cause de la zone de turbulence avec l’amie A.
en coeur avec l’amie B qui traverse une zone de turbulence (toute seule, mais je pouvais pas la laisser comme ça.)

- j’ai pleuré dans mon bain : parce que j’y étais trop bien.

- et bien sûr au ciné, et puis en regardant mon chéri tellement il est beau quand il dort, et puis dans le train en écoutant ce genre de musique…

ou alors tout simplement en allumant la radio et en tombant sur ça…

Je sais, je suis insupportable. Y aurait-il un Benjamin Biolay (ou plutôt s’il vous plaît un Leonard Cohen) qui serait d’accord pour me faire un album?
C’est promis, après j’arrête : 1/ de pleurer pour rien, et 2/ de saturer ce blog de mon trop-plein d’émotions.

Ah et puis ça c’est pour remercier Justin de m’avoir soufflé un titre (on est très potes lui et moi depuis quelque temps).

clap your hands say yeah!

C’est certainement au premier rang d’un concert de Blonde Redhead, alors qu’hystérique, j’essayais d’arracher l’une de ses chaussures au bel Amedeo, qu’est venue à Chick l’idée de faire quelque chose de créatif de cet excédent d’énergie.

Il lui a alors suffi de pivoter légèrement sur la droite pour repérer la frénétique Tam, sur le point de livrer son corps aux démons de minuit. Nous nous sommes retrouvées au bar où se tenait Victoire, dans toute son évanescente blondeur.

Chick a lancé l’idée. En moins de temps qu’il ne le faut pour boire un demi, notre groupe de rock de filles était formé. Deux verres plus tard, nous avions trouvé un nom, écartant d’emblée l’emphatique « Demande à la poussière » que Tam avait suggéré, ainsi que l’impayable « Six Sauteuses » (par respect, nous conserverons l’anonymat de l’auteur), et nous étions en train de nous mettre d’accord sur le titre de notre deuxième album.
Je ne sais plus à quel moment Victoire a osé :
« Euh, les filles… Vous savez jouer d’un instrument, vous? »

Heureusement, nous étions entourées à ce moment-là de musiciens aussi inconscients charmants que généreux, dotés d’une majestueuse “salle de répet’ » de deux mètres sur quatre, débordant d’instruments vintage tous plus précieux les uns que les autres. C’est comme ça que j’ai commencé à jouer sur une Fender Mustang bleue à paillettes.

Le ton a été donné assez vite : quand on ne sait pas jouer, on ne s’embarrasse pas trop de détails. Plus on joue fort, moins on entend ses erreurs. C’est d’ailleurs sur ce malentendu que nous sommes devenues les stars des locaux de répet’ : même les groupes de dark trash metal emocore venaient parfois assister aux spectacle. A ce niveau-là, on se demande si ce n’était pas plus pour se rincer l’œil que pour écouter nos irruptions volcaniques, et on a raison.

Toujours est-il que le piston buzz a fait son effet et qu’un beau jour, une petite salle nous a proposé un concert. Sans nous poser plus de questions et sur un éclat de rire, nous avons accepté.

Deux semaines avant le concert, je n’arrivais déjà plus à dormir.
Une semaine avant le concert, assise sur mon tabouret, repliée en pleine concentration sur ma guitare, j’entends une voix derrière la batterie qui me dit : « Hey, tu vas nous faire un petit jeu de scène, hein?”
Pétrifiée en plein élan, c’est à ce moment-là que j’ai réalisé : non seulement je vais pas pouvoir regarder mes doigts, mais en plus il va falloir que je joue debout…
Je ne sais pas si j’ai poussé ce cri, mais il résonne encore dans ma tête.

La suite? demande à la Chick!

Vous pouvez retrouver les commentaires sur ce billets sur mon ancien blog, ici

Garance Doré

J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...

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