Garance Doré

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La Plage

La seule fois où j’ai essayé de surfer, c’était en Californie. J’avais été à l’époque assez casse-cou pour me jeter du haut de mon néophytisme, la tête la première dans une horde de surfeurs tatoués jusqu’aux dents, assoiffés de vagues, et prêts à bouffer tout cru n’importe quel intrus.

Ouaip. Cuisant.

J’avais été sortie de la plage par le haut de la combi, et j’avais à compter de ce jour-là dit adieu à mes rêves de vagues, de romance salée avec Keanu Reeves (Pointbreak, vous vous souvenez ?), de corps de rêve et de fartage intensif au coucher du soleil.

Depuis, les surfeurs, je préfère les regarder. Hahum.

Je me suis amusée comme une gamine à Bondi Beach. Pas mis les fesses dans l’eau, faut pas dèc, je ne me me baigne qu’entre le 13 et le 17 août, dans la Méditerranée, les étés de canicule, mais l’atmosphère sur cette plage est tellement chouette, les couleurs tellement vives et l’énergie cosmique (Oh bah quoi, ça vous arrive jamais de sentir qu’un endroit est plein de bonnes vibrations ?) tellement palpable que je me suis mise à courir partout. Et vu que j’avais mon appareil photo, ça m’a donné une bonne excuse pour aller parler à n’importe qui, même à un sac vert.

Faut me comprendre aussi. J’étais déchaînée de bonheur, et lui il était tout seul, regardant au loin si son maître masterisait le swell (là perso je ne comprends rien à ce que je raconte hein, moi non plus, je vous rassure).

J’ai trouvé archi cool de voir plein de filles surfer, et puis, juste avant de partir manger un John Dory grillé en regardant la mer [Ça c'est le truc que je comprends pas. NON MAIS CA VA PAS DE DONNER DES NOMS DE GENS À DES ANIMAUX COMESTIBLES (et grillés à point) ? À chaque fois que j'avalais une bouchée de mon (délicieux) poisson grillé, j'envoyais en pensée des excuses à toute sa famille imaginaire, je sais pas moi, à... Walter Dory, à Donald Dory, à euuuh... Garance Dory ? Là, un dauphin à fait un salto arrière au loin et la culpabilité a rejailli sur ma famille, au moins sur quatre générations.]

BREF. Quand même, c’était bon, même si à relire mon texte je me demande bien ce qu’ils y mettent, dans leurs poissons.

ET DONC… Et juste avant de filer retrouver mon John Dory grillé, j’ai rencontré Margot.

Margot est française, et non seulement elle m’a fait exploser de rire, « bon, ok, tu peux me prendre en photo, c’est cool, tout le monde va croire que je suis une star internationale du surf, et ils vont hurler de rire quand je vais couler à la première vague, mais ça va, ça va ! », mais en plus elle m’a direct invitée à une soirée de rêve, où elle m’a dit « Il y aura plein de surfeurs si tu veux faire de la photo ».

Damned !!! J’ai pas pu y aller. Bah, faut croire que le fartage au coucher du soleil c’est vraiment pas pour moi, sur quatre générations.

Même si en vrai, le surf… J’ai vachement envie de reéssayer. Qui m’accompagne ?

Bisou, bonne journée ! Et encore pardon, John Dory. Vraiment, hein. Désolée.

Jour de fête

Un chignon fait à la va-vite, une paire de lunettes strassées, une allure sexy et décontractée : voilà exactement ce que je voudrais pour mon birthday !

Allez hop, je vous embrasse super fort, je file mater les surfeurs à Bondi Beach. Bonne journée !

Somewhere, over the rainbow

Hier, il a plu à Sydney. Une pluie vive et piquante, faite d’averses grandioses et d’éclaircies fulgurantes.

Allez savoir pourquoi, ça m’a donné envie de me balader. J’en avais un peu marre de la mode, donc j’ai décidé d’aller faire un tour à Paddington. Je me suis assise sur les bancs d’un microscopique café et j’ai regardé les gens passer. Puis un chirurgien transplantateur de coeurs est venu s’asseoir à côté de moi et on a discuté.

Il m’a dit qu’il avait passé un mois à Paris, à Necker, et qu’il n’avait pas eu envie de rester. Il avait trouvé les parisiens beaucoup trop arrogants. Ça m’a fait bien marrer.

J’ai fini mon café et je suis repartie. Je suis allée chez Sass&Bide, j’ai failli faire un cambriolage chez Ksubi, et j’ai croisé Emily (première photo) chez Scanlan & Theodore. J’ai vachement aimé sa façon de porter le jean / tee-shirt blanc. Le jean tout simple et le détail du tee-shirt à manches asymétriques. Et les shoes. Bien sûr. De chez les géniaux Surface to Air.

J’ai trouvé en repartant que devrais faire un blog rien que pour le jean / tee-shirt blanc. C’est une idée de la tenue idéale. Et il y a tellement de façon de le porter, je me disais en levant les yeux vers le ciel.

C’est le moment que la pluie a choisi pour me dessus. J’ai couru sous un porche. Et là, j’ai entendu parler français.

Linlee est un rayon de soleil et elle porte des bijoux en peau de kangourou (si, si !)

 

Celle qui parlait, c’était Laura. Je n’ai pas pu la prendre en photo, mais le temps de l’averse, elle m’a tout raconté. En fait, ça tient en deux mots. Un jour, elle était venue passer des vacances à Sydney. Et elle avait décidé d’y rester.

Ce qui est beau en Australie, c’est que l’on se sent chez soi, et en même temps, tout au bout du monde. La distance est comme un imperceptible voile de brume. Il y a cette impression d’être si loin des bruits stridents du monde. Et pourtant, d’être tellement dedans, connecté. C’est particulièrement enivrant.

J’ai fini par retourner à Circular Quay. Après la pluie, les nuages s’accrochaient aux sommets des palmiers. C’était gris et bleu. Puis soudain, j’ai levé le visage, et m’est apparu le plus bel arc-en-ciel que j’ai jamais vu. Entier, du début à la fin, et tellement grand et précis que mon objectif n’a pas pu le contenir.

Sydney est une ville au coeur d’or. Comme ses habitants, elle est tellement confuse quand le temps n’est pas clément, qu’elle se sent obligée de te donner un arc-enc-ciel.

Color Candies

- Les sydneysiders (ah oui ! C’est comme ça qu’on appelle les habitants de Sydney), bon, les sydneysiders fille, donc, sont dingues de talons. Non mais dingues ! Les parisiennes à côté ? Pffffu ! Petites joueuses ! Ça me donne presque envie de retourner sur du plat ça. Tellement je suis vexée.

- Tiens ça y est, je suis passée au soy latte. Ça sonne healthy, non ? Pfff, j’y crois pas une seconde, c’est beaucoup trop bon ! Je sens que je vais encore prendre 200kgs. Faites quelque chose, je vous en supplie.

- Regardez bien ces photos. Vous êtes comme moi ? Vous ressentez la chaleur ambiante, la lumière, l’envie d’un granité passion, tout ça ? Bon. Et bien les australiens, là, que vous voyez sur les photos, (Oui, Max a un pull rose et il est australien. Mais… Est-il libre, Max ? Roooh, cette blague est honteuse, Tim, please, n’essaie même pas de la traduire, y a que les petites frenchies qui peuvent comprendre là) ils ne sont pas contents du tout. Ils s’excusent toute la journée en me disant « we are so sorry, it’s freeeeeeeezing ». Non mais. Vraiment. Les enfants. Un peu de pudeur enfin.

- Vu que, et là accrochez-vous deux minutes c’est la quatrième dimension, donc vu que cette fashion week présente le printemps/été 2010, qui battra son plein en janvier,

- Pardon je suis obligée d’interrompre les programmes une seconde pour éclaircir ce point. Eh oui, tout ce bordel d’avoir la tête en bas, c’est un casse-tête intersidéral pour les marques de fringues qui sont pour la plupart obligées d’avoir une collection différente par hémisphère. Sinon les autres, comment ils font ? Et bien ils s’adaptent en choisissant parcimonieusement les pièces dans leurs collections. Vu le style des filles ici, ça a l’air de marcher plutôt bien.

- Donc, vu que c’est le spring-summer qui défile, je peux vous dire que c’est le retour fracassant du maillot une pièce. Ouais, Steph de Monac’, t’es prête ? 2010, ça va être un ouragan.

- La question est donc : en 2010, va-t-on roulotter nos maillots à la plage pour bronzer ? Alors ? Alors ?

- Les cafés ici me un peu penser à ceux de New York. De beaux endroits lumineux et chaleureux où l’on peut se perdre des heures à lire un bouquin. Si j’avais le temps, je vous dit pas comme ce serait bien…

- Mon but dans la vie cette semaine ? Retourner à Bondi Beach voir les surfers. Ouais, et voir des kangourous, mais ça c’est réglé. Je vais vous écouter, et aller faire un tour au zoo.

- J’ai mangé chez Tusk à Melbourne les meilleurs calamars à la noix de coco de ma life. Il y avait sur le mur l’une de ces sublimes tapisseries en coucher de soleil, que j’ai oublié de prendre en photo. Merde. Je vais être obligée d’y retourner.

- Ne croyez surtout pas que les australiens portent plein de couleurs. Pas du tout ! Je vous donne une image complètement déformée de la réalité (j’aime bien !) : ils adorent le noir, les boutiques en sont pleines ! Mais de temps en temps, on tombe sur de jolies exceptions… Comme Linlee ci-dessus qui adore dans le désordre : le vintage, Alaïa, les double expressos et se mettre plein de couleurs dans les cheveux.

Allez hop, j’y vais, c’est l’heure de mon soy latte (NoooOOonnn Garance !!! N’y vas pas !!! Dis nooOOOoon au piège du méchant soy latteEEEeeeee !!!) (Héhé). Je vous embrasse super fort !

Here comes the Sun !

Sydney est une ville radieuse, et je crois que je suis en train d’en tomber raide dingue amoureuse. Il faudra que je m’enfonce dans ses rues, que je m’accorde un instant à son rythme souple et gai, et que me perde enfin dans la contemplation d’un coucher de soleil + plage + surf + palmiers pour vous mieux vous raconter.

En attendant, et comme si ça ne suffisait pas, me voilà soufflée par la qualité de sa fashion week.

D’accord, on est sur Circular Quay, avec l’Opera House juste en face et on peut passer la journée à siffler du blanc allongés sur de grands canapés. Mais ça on s’en fout (genre). Le plus important c’est qu’on rentre dans un show et qu’on voit de vrais vêtements, bien portés, avec des idées, et une impression générale de vraie qualité. Je suis vachement impressionnée !

Moi qui avait le coeur tout serré de ne pas pouvoir aller au Festival de la mode de Hyères (alors alors, c’était comment ?), je suis ravie de retrouver une atmosphère que j’ai toujours adoré là-bas : on prend son temps, on se croise, on bavarde, on échange…

Non.

Mais non c’est pas possible ! Mais qu’est ce que je suis chiante quand je parle de quelque chose que j’aime ! Au secours !

Ah tiens d’ailleurs, j’ai une réclamation. L’Australie, c’est merveilleux, tout ça. Mais s’il vous plaît, quelqu’un voudrait bien me dire où je pourrais trouver un kangourou ?

By Air Mail

Quel voyage extraordinaire l’Australie. J’ai vraiment l’impression de marcher la tête en bas. Ici c’est l’automne, vous savez ? Comme recommencer un cycle que l’on n’a pas encore fini. Et puis il y a l’incroyable jetlag, et le voyage, si loin, si long, qu’on a beau vouloir rester toujours connecté, on laisse un peu de soi dans les airs. Et en fait, ça fait un bien fou.

Je suis partie mardi, j’ai atterri jeudi, et j’ai mis encore deux jours à raccrocher les wagons, les yeux grands ouverts sur tout ce qui se passait autour de moi. Les rues cinématographiques de Melbourne. Les vieilles voitures qui te font oublier ton époque. Les nuits sans sommeil à refaire le monde en écoutant le vent dans les arbres. Et les fringues. Un centre ville sans Zara, sans H&M. Et des tas de créateurs que je ne connaissais pas.

Comme Willow par exemple, (photo ci-dessus), ou comme Arnsdorf, dont j’ai croisé la créatrice, Jade (première photo) ce week-end.

Jade m’a frappée par l’enthousiasme hyper décontracté avec lequel elle m’a parlé de son travail. Merde, si jeune, avoir sa marque, être vendue bientôt jusqu’en Europe et défiler… C’est tout ce que ça te fait ?

… Yes, why ?

J’ai un faible pour cette souriante simplicité. Je crois que j’ai un gros faible pour l’Australie.

Hier on est arrivés à Sydney. Le soleil implacable, la beauté précieuse de la ville, de sa végétation. Son majestueux opéra sur l’eau, que j’ai juste en face de moi alors que je vous écris (mais que c’est beau !), ses surfeurs tout blonds, et cette chaleur indéfinissable dans le regard des gens. Ses oiseaux étranges. Ses bateaux. C’était tellement beau qu’on a été obligés de descendre une bouteille de blanc histoire de célébrer. Quoi, je ne vous ai pas parlé des vins australiens ?

Merci pour pour votre enthousiasme et pour tous vos bons plans. J’ai tellement de choses à vous montrer, j’ai tellement de choses à vous raconter qu’aujourd’hui je ne savais même pas par où commencer. J’ai préféré faire simple.

Comment ils disent ici ? Easy ? Huuuumm…

All right ! À demain !

L’Australie !

Je suis tellement raide dingue de joie de vous annoncer ça que je ne sais pas du tout par où commencer.

Mes bagages ne sont pas du tout prêts, j’ai trop fait la fête hier soir, je suis complètement crevée et en même temps furieusement surexcitée parce que dans quelques heures je décolle pour… Oui bon ça va vous avez compris mais, aaaaaah !!!

L’Australie !

Yaahaaaa ! C’est comme un rêve qui se réalise. Je n’y ai jamais mis les pieds, je crois même que je n’ai jamais fait un voyage aussi long. On se retrouve là-bas avec Scott, on va faire Melbourne, Sydney, rencontrer plein de gens et surtout assister à la Fashion Week… Donc j’espère, faire plein de photos et vous raconter des millions de choses.

Voilà, rien de plus. Je déborde de joie, je ne sais pas quand je pourrais poster la prochaine fois, demain, après-demain, peut-être de Singapour où je fais escale, qui sait ?

Ah si ! Si vous connaissez des endroits, des trucs à faire, des gens ou des choses incroyables là-bas, dites-moi, je suis super curieuse ! En tout cas je vous embrasse et j’ai hâte de vous retrouver ici, le plus vite possible j’espère !!!

Bonne journée ! Et vive les points d’exclamation !!!

phoebe

Ses longs cheveux, ses grands yeux bleus, ses mouvements de chat m’intriguaient.

Phoebe Killdeer, je l’avais vue trop de fois en concert. J’avais trop de fois adoré. Avec les Short Straws, son groupe, à tous les coups c’est pareil : leur rock indéfinissable, sombre, élastique et chaloupant t’attrape, t’électrise et te rend à la vie complètement euphorique.

Je commençais à être franchement impressionnée par cette fille. Je savais deux ou trois choses d’elle. Qu’elle est d’origine australienne, qu’elle a été ingénieur du son à Londres, qu’elle a été l’une des chanteuses de Nouvelle Vague, et qu’elle offre des bons-massage à ses musiciens après une longue tournée. C’est tout.

Et puis un jour je me suis dis c’est bon maintenant, ça suffit. Elle a un vrai truc. Alors tu te bouges. Tu fais quelque chose. Va la prendre en photo.

Quelques semaines plus tard, on se rencontre chez elle. Ce jour là, une fine pluie parisienne est entrecoupée par de fulgurantes éclaircies. Entre deux gouttes, on se cale sur sa terrasse. Je lui demande de me raconter un peu sa vie. Elle me parle de ses années de danse. Comme je suis fascinée par son jeu de scène, je lui pose plein de questions.

Elle me dit tout simplement : oh, je tente des trucs, je vois si ça marche. Des fois je me plante, je te raconte pas !

Elle me montre ses fringues. C’est marrant, c’est vraiment l’histoire d’une danseuse qui a rencontré le rock. Des vêtements simples, souples et près du corps et quelques pièces fortes que je me rappelle avoir vues sur scène.

Une détail me frappe : ses Repetto en cuir. C’est un modèle de danse que je n’avais jamais vu. Ça me fait penser des pompes d’acrobate. Simplissimes, souplissimes, en cuir noir, elles lui vont comme un gant. Elle en a toute une collection, de la plus neuve à la plus élimée.

C’est marrant cette fille. C’est le genre de personnes avec qui la conversation passe de micro-détails à de grands loopings passionnants sur le sens de la vie. Elle fait partie de ces personnes « larger than life », à l’aise dans le quotidien mais complètement vibrante sur scène, en tournée, sur la route.

Le genre de trucs pas pour moi qui m’a toujours fait rêver. Elle m’a dit : ben viens ! Je l’ai regardée et je lui ai dis : attention, ne me dis pas ça, je vais venir. Elle m’a répondu : mais viens, ce serait cool !

Attention, encore une histoire avec une suite : prochaine tournée, j’y vais. Deux, trois jours, je porterais les flightcase, je ferais les cafés, mais j’y vais.

————–

Vu que je pense qu’il faut absolument voir Phoebe Killdeer & the Short Straws en concert, je vous encourage à jeter un oeil à leur planning de l’été, ils font pas mal de dates en France, dont une fin août à Paris, que je ne manquerais pas de vous rappeler.

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Garance Doré

J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...

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