Garance Doré

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fleur de saison

C’est marrant ces robes Miu Miu et Prada qui se baladent comme ça de show en show. Je n’ai jamais vu de collections autant portées. Les fameuses chaussures-fleur sont partout, et ces robes, ces jupes aux dessins organiques hantent les rues brûlantes de Milan, ça fait un peu comme des apparitions.

Et quand je dis brûlantes, je déconne pas. La ville fond sous mes pieds. Chacun de mes pas laisse une empreinte profonde dans l’asphalte.

Des collection si fortes que je me demande presque si ce n’est pas la robe qui finit par vous porter. C’est une vraie question, pas une critique. J’ai justement pris en photo ces deux filles car je trouve qu’elles ont assez de chien pour enlever l’ensemble et être juste belles dans leurs robes.

Mais j’ai fait un tour au 10 Corso Como (on va dire que c’est le Colette milanais, même si l’esprit est sensiblement différent) cet après midi, et, à passer la main sur toutes ces pièces si belles et si fortes, de la robe-fleur en néoprène Balenciaga en passant par les fameuses jupes d’Alaïa, je me suis demandé comment je les porterais, moi. Il faut avoir une sacrée personnalité pour les faire siennes, ces pièces-là, vous ne trouvez pas ?

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wait, hold on, one second, yeah !

T-shirt inspiré d’un Balenciaga. Ceinture et bracelet à franges métalliques de la collection Etro. Yes j’obsesse.

Vous connaissez des gens qui ont des Blackberry ? Et bien tournez leur immédiatement le dos. Ces gens là sont les plus grands hypocrites, les plus habiles fumistes, les plus vils escrocs de la conversation que la terre ait jamais porté.

Et tout cela vient de l’option vibreur que l’ont peut assigner à la réception des emails*.

Ça donne ça : vous êtes là, en train de mettre à nu votre âme, je ne sais pas moi, de faire une déclaration d’amour, de raconter le décès de votre cochon d’inde dans des circonstances terribles** ou l’achat de vos dernières it-shoes, quand soudain…

L’espace d’une fraction de seconde, le corps de votre interlocuteur se cabre en un soubresaut, comme pour une colique néphrétique, mais en moins discret. Vous lui demandez si ça va, il vous répond que oui, donc vous poursuivez. Mais son regard devient fuyant, ses mains cherchent à attraper l’air, son visage se couvre de plaques.

Son Blackberry vient de vibrer. Votre interlocuteur a un email.?Et tout ce que vous pourrez dire ou faire à partir de ce moment là ne l’intéresse pas. Il a besoin de se soulager. De checker, juste une seconde, le probable spam qui lui embouteille le cerveau.

Oui. Oui. Vous avez compris. Ça va ça va. J’avoue. Ce répugnant compagnon, c’est moi.?J’ai un Blackberry. Depuis 3 jours. Et j’en deviens complètement frappadingue.

Tant et si bien que Géraldine, heureuse propriétaire d’un plus gros Blackberry que moi depuis plus longtemps que moi, se targue d’avoir su développer un véritable savoir-vivre blackberresque, elle.

J’ai même passé un très mauvais quart d’heure le jour où, pendant qu’elle était en train de me parler avec passion de son code html***, j’ai osé poser le doigt sur mon Blackberry qui n’en pouvait plus de vibrer dans tous les sens, le pauvre petit doudou.

J’ai eu honte. Je me suis promis que ça ne se reproduirait jamais. J’ai admiré Géraldine pour sa bravitude.

Et voilà que quelques heures plus tard, je trouve notre grande prêtresse du savoir-vivre technologique en train de fouiller son sac comme je pourrais… Euh… Fouiller un bac aux soldes Rykiel ? Je lui demande ce qu’elle fait. Elle me dit qu’elle veut savoir l’heure. Je lui dis ben je te la donne, l’heure. J’ai une montre. Et là j’entends :

“NON NON, JE PRÉFÈRE REGARDER L’HEURE SUR MON TÉLÉPHONE !” (celle-là elle est magnifique quand même) Et là voilà partie à checker ses mails, et à les commenter la bougresse, sous mes yeux écarquillés par tant de mauvaise foi. Ohhhh shocking ! Bitch !!!

Ouh les filles (ouh les garçons), je vous jure, ma réaction a été léthale. Je l’ai regardée avec mes yeux sabre laser, et dans un éclat de rire sardonique, je lui ai envoyé :

Celle là, je la blogue.

Alors, elles sont pas magnifiques nos vies d’accro à Internet ? Clap clap clap, bravo !!!

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* Ah, bon. Pour ceux qui vivraient aux Kerguelen (j’ai vérifié, ils n’ont pas encore l’option web Illymithics là-bas), le Blackberry c’est un téléphone portable qui permet de recevoir ses mails.

** Le gel de toute une portée sur une terrasse un frais matin d’avril, on en reparle si vous voulez ?

*** pensez bien que je rigole, on ne parle jamais d’html, on préfère largement le javascript.

Ces petits riens

Silhouette inspirée par le défilé Dolce & Gabbana que j’ai vraiment aimé, pour une fois. Fallait immortaliser ça !

Aujourd’hui, je voulais vous raconter à quel point je suis accro à mes accessoires. Oui. Faut que je vous raconte, sinon vous allez passer un mauvais week-end.

Comment ça on est jeudi, et c’est pas le week-end ? C’est pas moi qui ai commencé. Mardi, un collaborateur m’a dit : allez, à lundi, bon week-end. Surprise, j’ai réfléchi puis j’ai décidé de le prendre au pied de la lettre. Puisque vous le dites.?Et depuis j’en fiche pas une, je sors tous les soirs, et tout à l’heure je vais même manger des Daims chez Ikéa.

Je suis donc accro à mes accessoires.

First (what, c’est toujours mieux que prems, pour dire premièrement non ?), à mes foulards. Sans foulard, je me sens aussi nue que les seins de Kate Moss.?Je choisis donc selon la météo (…) : soit le maxi en laine, soit le mini en soie. Sans cela mon cou rebelle et j’attrape froid.?Ce qui est dingue, c’est qu’en même pas un an, et après le coup d’envoi du défilé Balenciaga et de ses keffiehs, je suis passée de zero à 35 carrés. Bon, j’en ai piqué 33 à ma mère hein. Ah c’est du joli.

Second (bah yes, I know, my frenglish is getting perfectly obnoxious), mes gants. Non mais que se passe-t-il ? Sans gants, mes mains ne veulent plus me parler. Je suis donc obligée de transporter avec moi DEUX paires de gants. Une paire de longs et une paire de gants de conduite, toujours à choisir selon la météo (…), même si, je vous assure, je n’en suis pas encore à conduire mon métro.?Les gants de conduite, c’est juste trop, trop chic. Là aussi, j’en voulais 35, mais ma mère n’avait que des Isotoner, donc j’en a juste deux paires. Et le prix des beaux gants, s’il vous plaît, venez on en parle pas.

Third (avec la langue sur les deux dents de devant), and last but not least, mes lunettes. Ça y est, j’ai enfin un problème de vue !!! J’ai galéré pour y arriver hein. Il en a fallu des heures scotchée à mon écran, mais ça marche !?Je n’ai donc plus aucune justification à donner quand je passe 1h30 chez mon psychologue opticien. Pour le moment, j’ai une paire de Fiction absolument secrétaire perverse vintage, mais je bave déjà devant une paire de Cutler & Gross en écaille absolument indécentes old school.?Sans parler des Benjamin de soleil que je compte m’offrir (je suis dingue de lunettes, je connais toutes les marques du fin fond de la Californie au coins les plus reculés de la Toundra)(je suis dingue de montres aussi, remerciez moi de vous épargner mon amour du mouvement perpétuel).

Je pense parfois aussi à me mettre aux chapeaux. Mais bon, je me dis, si je continue à masquer la mule (=moi) comme ça, même ma mère ne va plus me reconnaître. Pas de chapeau. Mais un foulard dans les cheveux, je peux ?

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mean streets

Yebaa ! J’arrive enfin au bout de ma troisième année d’étude. Je suis en fac de talons modernes. J’ai passé haut la main le diplôme Passer une Journée Entière sur du 10 et Sourire, alors que pendant des années ça a été Passer 3 Minutes sur du 2 et Mourir, et j’envisage à présent de présenter le master Une Paire de Stilettos et Go.

Oui, pour le moment mon niveau d’étude ne me permet pas le talon aiguille. Pas que je rêve d’en porter, mais ma mère m’a toujours dit que dans la vie il faut avoir un bon bagage.

CONTINUER

Deconstructing mon vernis

Les filles, j’ai décidé de vous donner un cours de manucure tellement je suis une experte internationale. Attention, à la fin de ce billet, vous êtes une femme fatale.

Le polissage : bon, je vous le dit, comme ça on est débarrassés : je polis hyper bien. J’ai trouvé chez Sépho des polissoirs ab fab et je tire une grande fierté de la luisance tout à fait naturelle, oui bien sûr pourquoi ? de mes ongles. Polissage : Garance : 1, les s… de stries : 0.

Le reboulage* de cuticules : bon alors, déjà que les cuticules c’est pas beau. Mais le mot cuticules, je trouve ça horrible, et c’est pas fini : pour attaquer ses cuticules, (ew) il faut se munir d’un gel émolient (double ew, moi, le mot émolient me rend toute flagada, contrairement à Géraldine) et surtout surtout, d’un batônnet de buis (eeeeeew, mais qui va inventer ces trucs, on se croirait en pleine lecture du Vidal !).

Bon alors non seulement on navigue en pleine viscosité lexicale, mais en plus, quoi de plus saoulant que de se faire les cuticules**, hein, je vous le demande.

* interlude * Là, logiquement, après les cuticules, faut hydrater les ongles mais pfffff on est pas chez Arielle Dombasle ici on danse pas au Crazy Horse à poil nous. * interlude *

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subsitute for style

keffieh balenciaga

Pfffff, je suis trop influençable. Deux mois que je tourne autour du pot. Je récapitule.

#1 – Il y a trois mois, Géraldine nous parle de LA sentation des défilés pap automne hiver 2007. Le sublime keffieh rebrodé de Balenciaga. Evidemment, Balenciaga = j’adore. Renseignement pris, l’objet du désir coûtera un peu moins de 1600€, une balenciagatelle quoi. L’internationale fash’fauch* pleure à chaudes larmes.

#2 – Peu de temps après, Fashionista saute sur la tendance en nous proposant un DIY* plutôt malin, je souris. Des souvenirs de fac de lettre infusent. Non merci pas de joint non. La manif demain? T’es sûre? Quoi? Y aura Nico? Bon ok alors mais ce coup ci c’est pas moi qui porte la banderole je te préviens. Contre quoi on râle ce coup là? Contre le port du keffieh en milieu fash…? Oh la mais je divague.

#3 – Devant mon placard, comme par enchantement, je ressors mes foulards de la boite où je les avais soigneusement rangés. Innocente, j’attrape une étole dorée frangée et je ne la quitte plus. Mon inconscient fashion a parlé. Evidemment, je me sens hyper originale.

#4 – Aussi originale que cette fille, là. Oh, et celle là, tiens. Mais, qu’est que c’est que ce truc? Un keffieh noir et blanc, carrément? Yurg, y en a qui n’ont vraiment peur de rien dis donc. Tout ça parce que Balenciaga en a fait un dérivé hyper luxe, elles portent ce succédané sans plus se poser de questions***, mais vraiment je vous jure ces modasses. Pourtant elle avait une super dégaine…

#5 – Et ce truc lui donne une allure folle. Je veux dire. Bien sapée, tout ça, je ne peux pas ne pas m’avouer que ça donne. Et puis avec ce mois de juin frisquet, un bon foulard, c’est quand même parfait. Et si…

Je vous rassure, je n’ai pas encore craqué, et je compte ne pas le faire. La seule chose que je me dis, c’est que si c’est pour faire comme avec les Wayfarer, attendre que tout le monde en ait pour m’avouer que je les veux, c’est pas du jeu.

Edit : Alerte fashion! Manu Prince S me signale que Dries Van Noten a mis le keffieh en avant lors de son dernier défilé à Milan. J’aime beaucoup. Pfff, serait temps que je m’intéresse un peu plus à la mode masculine moi!
Bref, si même Dries s’y met, je vous le dit, on est cernées!!!

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* la fashionista fauchée voyons.
** Do It Yourself.
*** Cette mode va sûrement vider le keffieh de toute dimension revendicative s’il lui en restait ici en France. Ca a l’air d’être légèrement plus controversé aux US. Ainsi, Urban Outfiters a décidé d’éviter la polémique en les ôtant de ses rayons. Mais pas de son site internet, faut pas déconner, en Angleterre ce truc ce vend comme des petits pains…

Euh… Oui, je sais, je suis une déglingo les notes de bas de page.

exactement


tout à fait d’accord. j’adore balenciaga mais je suis presque déjà fatiguée par ces silhouettes… et on n’est qu’en juin! c’est de ma faute. j’ai qu’à arrêter de traquer les faits et gestes de Nicolas. ahhh. un petit bisou à amira, quand même.

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Garance Doré

J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...

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