Garance Doré

TAG : ballerines

c’est qui ?

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Vous vous souvenez ? C’est la question qu’on doit poser quand on trouve un vêtement joli sur quelqu’un. Moi je ne le fais pas trop, en fait. Je regarde une tenue dans son ensemble, et il faut vraiment que je remarque un détail singulier pour m’enquérir de la marque d’un vêtement.
Je préfère garder une impression générale, une inspiration, pas une sommation.

Sauf quand il s’agit des vestes. Là, ça tient carrément du toc. J’ai toujours l’impression qu’une veste bien coupée, dans une jolie matière, doit coûter très très cher.
Je fais systématiquement : « Wooow » -air impressionné-pénétré-épaté – « ça vient d’où ? »

Et je suis souvent surprise. Ces trois vestes, c’est qui à votre avis ? Réponses, after the jump.

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J’aime beaucoup la simplicité efficace de cette silhouette. Et les détails très chic : les cheveux tirés, les perles aux oreilles, le grand sac qui donne un côté cool, genre, je suis prête à partir en week-end, mais ouais, tout de suite pourquoi ?

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La mini avec la veste : depuis que j’ai vu Gwyneth avec ça, comme des tas de modasses hagardes, je cherche une mini. Et je n’en trouve pas, mais alors, pas.
Bon, et venez on parle pas du foulard Vuitton qui s’est arraché à la rentrée… Trop beau.

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Aaaaah, le voilà ! Le truc auquel on peut pas échapper en ce moment : le tee-shirt imprimé sous la veste. Plus il est vieux et frappé, mieux c’est. J’aime aussi beaucoup le jean à zip et les ballerines, très élégantes.

Alors ?

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Comment je me suis fait avoir (les ballerines de Superchic)

La plus chic des chics, c’est Superchic. Et en premier lieu parce qu’elle n’est pas snob. Mais alors pas du tout. Tellement pas que parfois j’ai envie d’être snob pour elle, si vous voyez ce que je veux dire.

J’étais comme par hasard en train de m’extasier sur son tout nouveau Kelly de Noël, dans son dressing, quand je vois une petite boite de chaussures chocolat, hyper raffinée, fermée par une boucle et aux finitions sellier.

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Oh! You pretty things

Il y a des moment dans la vie d’une fille ou rien ne va plus. Je veux dire, où le jean ne va plus avec les ballerines qui ne vont pas avec la capelline. Où toute grammaire fashion est allée se planquer dans les étals épars du H&M du coin. Où, quoi qu’elle ramène de ses virées shopping, le spectre du ouais bof moyen la poursuit même dans les moment ou elle aurait juste voulu être pas trop mal.

Elle se dit que c’est pas si grave. Elle se dit que le talent va vraiment se nicher dans d’absurdes recoins et qu’on est pas tous à armes égales devant le style. Elle n’en admire que plus ses amies qu’un rien n’habille.

Puis soudain tout s’emballe. Une veste suffit à relire tout une garde robe. Une paire de derbies à dé-babydolliser une armada de robes-housse. Des moutons à faire revivre un jean. Ou un foulard 2007 doublé d’un petit châle 2002 fait qu’on l’arrête dans la rue.

Alors comme elle adore la mode, elle va pas vous mentir : Elle est tout simplement ra-vie.

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ma ballerinite aiguë

On se demande toujours ce qui fait qu’un jour on devient démodé. Pour moi je sais. Mon arrêt de mode se trouve dans la ballerine. Oui. Parce que quand elle sera remisée au fond du placard de la fashion, moquée comme comme un jean neige, qu’on ne la trouvera même plus dans les thrifts shops, moi je la porterais avec morgue, sûre d’être dans le vrai.

C’est qu’il y a un moment que la mignonne travaille son explosion. Des années qu’elle frémissait avant de devenir un des 50 essentiels de Elle. Que de vieilles dames les accommodaient avec leurs petits sacs et leurs léopards. Toujours regarder les vieilles dames. Que de graciles danseuses époussetaient leur Repettos en attendant leur heure.

Si j’ai attrappé ma ballerinite aiguë au tout début, c’est parce que j’avais un terrain très favorable. J’avais été contaminée aux US par le style 60′s rock. J’avais une dent contre les talons qui m’empêchaient de parcourir la ville en long en large et en travers, le nez en l’air. Et puis je ne voulais plus de baskets. Les Converse n’avaient pas encore montré le bout de leur nez et la basket était alors aussi criarde qu’une chanteuse islandaise.

Elle et moi, nous étions destinées. La première fois que j’ai compris que ça pouvait être sublime, elle est était pointue, super rock et on me regardait avec les yeux ronds. Sûre de moi, j’ai tenu bon. Au début, le simple fait de voir ce petit bout de cuir dépasser de mon jean rendait les gens perplexes. Attendez voir…

Ensuite, je n’ai eu de cesse de la traquer. Elle était assez difficile à trouver à ce moment là. Soit très très chère, soit très mal coupée.
Oui, une ballerine a une coupe. Pour moi, une ballerine, c’est très échancré sur le pied. J’aime y voir la naissance des orteils. Moins il y a de ballerine dans une ballerine, plus je jubile.

Puis un jour, elle était là, évidente. Ca m’a fait un peu mal de la voir au pied de ma voisine de palier et de ma banquière. Mais quand on aime, ce ne sont que de passagers tourments. J’en ai pris mon parti. J’en profite pour faire ma sélection pour des jours moins fastes. Peut-être qu’un jour, comme Nicole, je me la ferais tatouer. En attendant je voulais juste lui dire : Ballerine, je t’aime.

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Vous pouvez retrouver tous les commentaires à ce post ici :-)

ni foi ni loi

On m’avait dit : tu vas voir il a fait tellement chaud qu’ils n’ont rien vendu, ils vont déstocker à fond!
Euh ah oui ah bon alors j’y vais alors, plaaaaaace!
Mais que je suis influençable.

Je fonce au Bon Marché pour apprécier la courbe économique d’un sac que j’ai en tête mais dont le prix en ces temps de banqueroute personnelle est littéralement indécent.
Donc, même à moins trente pour cent, il reste indécent. Je fais un tour de Bon Marché (parfait le Bon Marché pour faire des tours), j’appelle ma conseillère attitrée (AllôOo, Superchic?), elle me dit d’aller prendre l’air hors de l’atmosphère corrompue de ce temple de la ruine. Elle dit : si ça va mieux dans 5 mn, n’achète pas.

Je sors, je respire, et là, tel un Kaiser Soze, je reprends vie. Je n’achète pas.

En face, il y a un Zara. Hum Zara. Mon pouvoir d’achat est soudain décuplé, je pénètre l’enceinte comme une héritière d’hôtels de luxe. Mais diable que fait la sécurité? Des hordes d’hystériques marchent sur des vêtements épars. De jeunes filles se promènent à moitié nues, les rares miroirs sont les témoins de farouches guerillas. Je croise néanmoins de jolies robes, pas très chères c’est entendu, mais finalement pas si soldées que ça. Pas envie de rentrer dans la bataille pour si peu.

Je ressors, les mains vides.

Bien. Voyons voir. Le Marais et après je rentre. C’est plutôt calme finalement. Assez vite, je comprends pourquoi. Pour déstocker à fond, les gentilles marques que nous aimons bien, nous les filles, comptent surtout sur l’effet ‘soldes’, à y regarder de près, les prix ont très peu baissé. Souvent c’est du vieux stock de fond de boutique. Je suis prise de l’ivresse du shopper : tout se ressemble : des blouses des blouses du jean du jean des ballerines des bottes des bottes au secouuuuurs!

Je fuis.

J’appelle une amie, blasée comme pas deux, je lui fait des théories fashion post-apocalyptiques, je loue mon détachement face à la société de consommation, nous décidons de nous retrouver pour boire un verre et refaire un monde meilleur.

Chemin faisant, je vise une paire de bottines, super mal soldées bien sûr, mais trop jo-lies. J’entre dans la boutique. Damned! ils n’ont plus ma taille.

Une fièvre bien connue s’empare de moi. Il me les faut. Avec le vendeur, aussi maniéré qu’insensible, nous passons en revue toutes les boutiques de Paris. Une paire!!! Il reste une paire dans ma taille, à l’autre bout de la ville. Dans toute sa bonne volonté, il ne veut pas les appeler pour leur dire de les mettre de côté. Je dois donc prendre le risque de faire le déplacement sans être sûre qu’ils ne les auront pas vendues entre temps. Et puis, il est 19h12. Je suis dans un état proche de l’Ohio. Je m’imagine avec mes bottines, légère, riant, célèbre, mince, je cours, je cours…

Je n’ai vraiment ni foi ni loi.

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Garance Doré

J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...

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